Galates, I, 18; II
" était célèbre parmi les premiers chrétiens. Jésus ressuscité ayant apparu sur les bords du lac de Tibériade, Pierre qui le suit, après sa triple protestation d'amour, «aperçoit marchant derrière eux le disciple que Jésus
. aimait, celui qui pendant la Cène reposa sur sa poitrine
. ét dit : Seigneur, qui est celui qui te trahira? — Le
. voyant donc, Pierre dit : « Seigneur, et celui-ci? qu’en
» sera-t-il » Jésus lui dit : « Si je veux qu’il reste jusqu’à
* ce que je revienne, que t’importe? Toi, suis-moi». Ce bruit
se répandit donc parmi les frères que ce disciple-là ne
» mourrait pas. Or Jésus ne lui dit pas qu’il ne mourrait 4 pas, mais : « Sije veux qu'il reste jusqu’à ce que je re-
vienne, que t’importe? »
Il est évidemment question dans cet épisode d’un disciple de prenuer plan, qui a tenu près de Jésus une place privilégiée, « Interpréter cette tradition d’un Jean
V’'Ancien, d’ Éphèse, ou, comme le suggère Schwartz, de Jean Marc, cousin de Hnabe disciples de la ni
génération, c’est une dérision. Seuls, Jean l’apôtre et sa
… destinée peuvent être ainsi mis en comparaison avec
“la personne et la destinée de Pierre, le chef de l’É-
glise l»,
Cette objection du prétendu martyre de Jean aurait été définitivement classée comme une mauvaise chicane, si elle n'avait trouvé un semblant d'appui dans dèue à textes relativement tardifs, mais qui renvoient à une - même source très ancienne, le second livre des Erégèses - de Papias, Le témoignage du vieil auteur est invoqué dans un fragment, tré, croit-on, de l'Histoire chrétienne, aujourd’hui perdué, de Philippe de Side (vers. 430), et, quelques siècles plus tard, dans un manuscrit, — le el parmi les vingt-sept que nous connaissions, — de la
se
14 L, de Rndtnsison, Jésus Christ, 1, p. 150,
Chronique de Georges Hamartolos (milieu du 1x siècle)? D’après le premier texte, « Papias.…. dit que Jean le Théologien et Jacques, son frère, furent mis à mort par les Juifs ». La citation n’est certainement pas littérale : le « Théologien » est un titre qu’au temps de Papiason ne donnait pas à Jean l’apôtre, et qui d’ailleurs, sil était authentique, attesterait que Jean l’apôtre, bien que martyrisé par les Juifs, restait pour Papias l’évangéliste du Logos. L’épithète de « Théologien » n'étant pas authentique, il n’est plus prouvé que Jean tout court soit l’apôtre et non le Baptiste, d’autant que l’interpolateur semble bien avoir ajouté aussi « Jacques, son frère » En effet, dans l’extrait de Papias que cite un des manuscrits de Georges Hamartolos, il est dit seulement que « Jean fut mis à mort par les Juifs 2». Alors, « quel était le Jean de Papias? Très probablement Jean-Baptiste à », On a tiré un dernier argument du texte de deux martyrologes, le syrien et l’arménien. Le premier porte, au 27 décembre : « Jean et Jacques, les apôtres, à Jérusalem »; le second mentionne, au 28 décembre!: « Fête des | fils du tonnerre, Jacques et Jean ». Les textes prouvent que les deux frères ont été unis dans une même solennité liturgique, nullement dans un commun martyre. Notons
1. Les textes dans Funk, Patres Apostolici, 2e éd., t. I, p. 367 et 369.
2. Le passage ne figure pas dans l’édition définitive de Georges Hamartolos : le chroniqueur semble avoir douté que le texte de Papias eût rapport à Jean, fils de Zébédée.
3. Lagrange (Évangile selon saint Jean, p. XLI), qui, après Zahn, cite un texte semblable du Ps. Cyprien, ads. Judaeos, 2 : « Les Juifs mirent à mort Jean qui prêchait le Christ » (P. L., IV, 921), — ce Jean étant certainement le Bapüste. À
aussi que le martyrologe carthaginois place au 27 décembre la fête « de saint Jean-Baptiste et de Jacques l’Apôtre qu'Hérode fit périr ». Et bien que le manuscrit de ce martyrologe carthaginois soit d’un siècle postérieur au manuserit du martyrologe syrien (412), il a été l’objet de moins de remaniements et présente vraisemblablement la version primitive. Comme dans le texte de Papias, il semble qu'il y ait eu ensuite substitution à Jean-Baptiste de Jean l’Apôtre. « De sorte que l’argument tiré des martyrologes se retourne contre les critiques, en montrant comment dans Papias aussi le Baptiste a pu devenir le fils de Zébédée L »
Il n’est donc pas téméraire d’affirmer que jusqu'ici la critique n’a apporté aucun témoignage ancien, susceptible de battre sérieusement en brèche la thèse traditionnelle,