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ter cette pénitence, et en quoi devait consister cette conversion. Il fallait les diriger dans Paccomplissement du devoir journalier, leur inculquer les préceptes de cette vie nouvelle,
de ce Règne de Dieu que Jésus était venu
prêcher et établir sur terre. Aussi, dès les premières années de l’Église, la nécessité se fitelle sentir aux ministres de la Parole de grouper les enseignements de Jésus pour lesprésenter aux fidèles comme la lumière quidevait les guider : Praeceptum Domuint lucidum, illumirans oculos. L’historien anglican, V. H.Stanton, a fort bien mis en lumière ce caractère de la prédication apostolique.«Les premiers fdèles qui constituaient la communauté de Jérusalem avaient souvent vu et entendu Jésus, à tout le moins entendu beaucoup parler de ses œuvres. Cependant, même les disciples auxquels les principaux faits de son ministère étaient famihiers, ont dû dès le principe sentir le besoin de ses préceptes dans les difficultés de leur vie quotidienne. En particulier, les Douze auraient été infidèles aux enseignements que le Christ leur avait donnés, s'ils n'avaient pas cherché, par la mise en pratique de ses commandements, à modeler leur vie et celle de leurs frères dans la foi, sur
-lidéal que leur Maître leur avait proposé.
Des sentences et des tranches de discours
durent être souvent répétées et gravées dans.
la mémoire des fidèles, spécialement celles
qu inculquaient une justice dont les prin-
cipes étaient impliqués dans la Loi mosaïque, et qui pourtant était plus haute et plus noble que celle que les Pharisiens fondaient sur leur interprétation et leur pratique de la Loi, ou encore, celles qui exhortaient à la confiance dans la sollicitude du Père céleste, au milieu des anxiétés et des tribulations qu’at-
tirait largement à ses adeptes la nouvelle
croyance; ou celles qui entretenaïent lespé-
rance des bénédictions futures. Au fur et à
mesure des besoins, d’autres paroles furent remises en mémoire, qui prescrivaient les règlés à suivre par lesmissionnaires de l’Évangile, la conduite à tenir dans la vie ordinaire, et les relations entre les membres des communautés naissantes. Des préceptes enseignés de cette façon durent être souvent donnés sans indication très précise, ou même sans aucune indication du contexte historique où ils furent énoncés pour la première fois. La même tendance dut pousser à réunir les sen-
tences ou séries de sentences qui et sur
un même sujet ou des sujets analogues !.
f. V. H. Stanton, The Gospels as historical documents,
t. II, Cambridge, 1909, p. 61-62.
L'ÉVANGILE ORAL 37 LL RQ Et qu’on n’oppose pas à ce besoin d’enseignement, à ce souci de conformité aux préceptes et aux exemples du Seigneur, l’effusion de l'Esprit et de ses charismes, le souffle de liberté qui animait les premières communautés. « Les dons mêmes de l'Esprit, cette allécresse conquérante, cette puissance soudaine qui s’emparait des fidèles pour leur donner une assurance surhumaine, pour appuyer leur témoignage de signes et de merveilles, pour mettre un terme à leurs hésitations et à leurs doutes, loin de se substituer. au Christ de l’histoire, le servaient. L'Esprit est le témoin de Jésus, son lieutenant, le
répétiteur infailhble de ses leçons, l’avocat
second qui plaide la même cause. Il dépend :
de lui, s’y réfère entièrement, trouve dans la confession de la transcendance du Seigneur la
norme qui permettra de distinguer son inspiration authentique de ses contrefaçons. C’est
* un fait constant et, du simple point de vue de Phuistoire, bien remarquable, que l'usage,
partout reconnu et parfois prépondérant, des dons spirituels ait constamment tendu à rehausser et à glorifier, loin de la supplanter
ou de lobnubiler, la médiation personnelle
de Jésus 1 ».
101 de Crandmaison, Jésus Christ, t. L, Paris, 1928, p. 104105.