‹ L'Évangile et les ÉvangilesChapitre 36 sur 177 · Matthieu, XIII · texte numérisé non relu

Matthieu, XIII

infidèles, leur dit saint Paul. Quoi de commun entre la justice et l’iniquité? Quel accord possible entre la lumière et les ténèbres?

Quel concordat entre le Christ et Bélal?

Quelle communauté entre le fidèle et l’infidèle? Quelle entente entre le temple de Dieu et les idoles? Car nous sommes le temple du Dieu vivant !. » Pour édifier ce temple du Dieu vivant, il fallait faire table rase du temple des idoles.

Chez les Juifs, il y avait déjà des fondements posés : le fondement de la loi, le fondement des Prophètes. L'édifice religieux était inachevé, mais non ruineux; 1l restait à lPélargir et à le couronner par l’enseignement du Christ et des apôtres. Les Juifs qui se font chrétiens, ont conscience de ce privilège. Ils ont dû rompre avec le judaïsme officiel, avec les chefs de la synagogue, mais en accueillant les trésors de la Révélation-nouvelle, ils entendent conserver le meilleur de la loi ancienne. ù Pour être sûrs de ne rien perdre, pendant longtemps ils garderont même plus que le nécessaire, comme de pieux enfants préservent le lierre de la maison ancestrale, par crainte, s'ils lenlevaient, de provoquer la

1, 11 Corinthiens, VI, 14-16,

chute d’un pan de mur. Il suffit de parcourir les Actes des Apôtres pour y relever les indices de cette solhcitude un peu ombrageuse. Les Douze et leurs prenuers disciples fréquentent le Temple aux heures fixées pour la prière 1, distinguent entre aliments purs et impurs ?, observent le sabbat et pratiquent la circon-: cision %. Quand ils veulent offrir à Dieu quelque œuvre de surérogation, ils se soumettent aux restrictions et aux purifications du nazirat € : abstention de vin et de toute boisson emivrante, abstention du rasoir, libre croissance de la chevelure pendant un temps fixé, au bout duquel le nazir offre un sacrifice au temple et se rase la tête. Dans leur prédication, qui est surtout la revendication du titre de Messie pour Jésus de Nazareth, les Apôtres font constamment appel aux Écritures, à Moïse, à « notre père David », aux prophètes 5. La Synagogue avait son style hturgique et son style « prédicateur » : c’est dans ce style des homélies et des prières juives que saint Pierre, au début des Actes, invoque « le Dieu d'Abraham, d’Isaac et de

Actes eULIE A:

. Actes, X, 9-14.

. Actes, XV, 5 sqq.; XXI, 20.

. Actes, XXI, 23 sqq.

. Actes, II, 14-36; IIT, 12-26.

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