‹ L'Évangile et les ÉvangilesChapitre 7 sur 177 · II. — La CaATÉcHÈsE APOSTOLIQUE · texte numérisé non relu

II. — La CaATÉcHÈsE APOSTOLIQUE

Pendant ses trente premières années envi-.

ron, l’Église connut donc le message du Christ principalement ! sous forme de prédication orale : c’est le sens qu’a le mot

= Fa

«évangile » (sbæyyékv) dans tous les passages

où l'emploient les écrivains du Nouveau

1. Nous disons « principalement », pour ne. pas 1 exclure la supposition, très vraisemblable comme nous le verrons plus loin (p. 56 sq.), de rédactions partielles

de l’enseignement et des actes du Christ, antérieures à 32

nos évangiles de Matthieu, Marc, Luc et Jean. Mais ces premiers “documents, aides-mémoires de prédicateurs et : de missionnaires, étaient d’une importante ot en comparaison de la prédication orale,

Testament; 1l né désigne pas un livre écrit 1, mais « la bonne nouvelle » du salut apportée par le Christ, incarnée en lui, . — car le Christ est la grande nouveauté, —

.prêchée par les Apôtres. Cette diffusion du christianisme par les «serviteurs de la parole » fut une excellente préparation à la composition d’évangiles écrits : ceux-ci n’eurent qu’à - reprodure les grandes lignes d’un enseigne-

ment contrôlé par trente ans de publicité au

milieu de gens dont bon nombre avaient vu et entendu le Christ, car «ce n’était pas dans un coin ? » que sa vie s'était passée.

Lorsque les Apôtres, après avoir reçu le

Saint-Esprit au jour de la Pentecôte, commencèrent à prêcher Jésus, Messie et Fils de

… Dieu, la matière ne manquait pas à leurs dis- . cours. Comme il est dit à la fin du quatrième évangile dans une phrase qui, malgré son : apparence hyperbolique, n’exprime pas toute

1. Pas même dans Marc, I, 1, où « Commencement del’évangile de Jésus-Christ » est à interpréter en ce sens que la prédication de Jean-Baptiste inaugure la bonne nouvelle de l’avènement du Messie. — TUE Huby, Evangile selon saint Marc, 12€ édit., Paris, 1929, p. #3

: : Lagrange, Evan gile selon saint Marc, 2e édit., Paris, 1920,

+ {°2, — Sur l’histoire du mot évangile, voir la Note à la fin du chapitre.

2, Actes, XXVI, 26 : mot de saint Paul au roi Hérode Agrippa.

la richesse des œuvres et de l’enseignement du Christ, « si on rapportait une à une toutes les choses que Jésus a faites, je ne sais sile monde lui-même pourrait contenir les livres qu’on en écrirait ! ». Les Apôtres seront obligés de choisir dans cette abondance. Sr après l’Ascension du Christ on les avait mis à une table, un stylet en main, avec cette recommandation : «Écrivez-nous une Vie de Jésus »,

ils auraient été sans doute fort embarrassés.

Mais :l leur fallait nrêcher, et cette prédication même guida leur choix. Pour remphr

leur mission de«témoins?2», ils furent naturelle”

ment amenés à proposer à leurs auditeursiles paroles et les actes du Christ qui leur paru: rent plus propres à le faire connaître. Il s’éta=

blit ainsi dans la prédication des Apôtres”

un type d’enseignement, uniforme dansses grandes lignes, une manière commune de présenter la doctrine et la vie de Jésus. Dès lPâge apostolique cette instruction s’appela d'un mot dont nous avons fait catéchèse. Ceux qui la transmettaient étaient les catéchustes, et ceux qui la recevaient étaient les catéchumènes ?. Cette doctrine est aussi désignée dans les Actes des Apôtres sous le nom de«vwoie du

{. Jean, XXI, 25.

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