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CHAPITRE CIX

Les gendres de Lot1, qui devaient emmener ses tilles, les laissèrent cependant chez lui.

Le Deutéronome accordait un mois de délai après les fiançailles, même aux jeunes filles captives, avant de les conduire dans la maison du mari.

Le fiancé ne pouvait user de ses droits d’époux, tant que sa fiancée demeurait dans la maison de ses parents.

Le délai accordé à la fiancée étant expiré, elle était amenée à la demeure du fiancé, et cette conduite rendait le mariage parfait.

Tous les jeunes gens devaient se marier quand ils avaient atteint seize à dix-sept ans. Les jeunes filles pouvaient se marier à douze ans. Quand le jour des noces était arrivé, l’épouse était conduite dans la maison de l’époux, accompagnée de beaucoup de jeunes gens qui passaient pour les amis de l’époux, et que les Grecs appellent paranymphes et les Hébreux scheliahhim ; ce qui correspond au mot latin missi internuncii, et au mot grec apôtres. C’est pour cela que Jésus-Christ appelle apôtres ses principaux disciples, parce que lui-même était l’Epoux, qui fait conduire l’Église, son épouse, par ces envoyés. Les noces duraient ensuite huit jours 11 .

3. — Est - il permis a un homme de renvoyer sa femme ? Si iicet uxorem dimittere ? — La question des causes de divorce s’agitait alors entre les deux plus célèbres écoles juives. Celle des Samméens disait qu’un mari ne pouvait répudier sa femme à moins d’une cause de honte; celle d’Hillel prétendait qu’on le pouvait pour un aliment mal cuit, c’est-à-dire pour une cause quelconque, si petite qu’elle soit; le rabbin Aquila va plus loin, et. dit qu’il suffit qu’on en trouve une plus belle ou plus agréable. Tous ont la prétention de s’appuyer sur l’Écriture. Les Juifs imaginent de concilier ces écoles divergentes , en disant que les uns veulent

i Gen., xix, 14. — - Le P. Lamy, liv. I. ch. vm, p. 32.

parler de la première femme, qu’ils appellent celle de la jeunesse, tandis que les autres parlent de la seconde. Les Juifs modernes ont adopté le sentiment d’Hillel, et répudient leur femme pour une cause quelconque. Léon de Modène, dans un livre italien sur les coutumes des Hébreux, confirme cette opinion, en disant : Non solo per occasione di mal fare, ma ogni cagione di digusto, puô in rigore il marito repudiare la moglie ' .

jr. o. ■ — Voy. le Deutéronome, chap. xxiv, vers. I .

■y. 7-9. — Voy. la Genèse, chap. i , vers. 27, et chap. h . vers. 24.

y. 12. — H est permis à un homme de se séparer de sa femme pour cause d’adultère: mais il ne lui est pas permis pour cela d’en épouser une autre. Tel est le sens des paroles du Sauveur.

jr. 16. — Il n’est pas bon de se marier : Non expedit nubere. — Les disciples trouvent les paroles de Notre-Seigneur sévères. Quoi ! veulentils dire, si elle est ivrogne, colère, gourmande, inconstante, querelleuse, médisante, il faudra la conserver? Saint Jérôme répond en ces termes : « Que nous le voulions ou non , nous devons la garder; car, lorsque nous étions libres, nous nous sommes volontairement soumis à cette chaîne3. »

y. 18. — Qui se sont eux-mêmes faits eunuques en vue du royaume des cieux. Que celui qui sait comprendre, comprenne : Qui seipsos castraverunt propter regnum cœlorum. Qui potest capere, capiat. — *11 s’agit du renoncement volontaire aux plaisirs des sens, pour servir Theu et le prochain avec plus de liberté *.

I Lamy, liv. IV, ch. xxvu, p. 390. — Hd., p. 391. — Ici., ibid.

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