‹ L'évangile; études iconographiques et archéologiquesChapitre 149 sur 395 · CHAPITRE C: X VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE C: X VIII

planche LXY1. tirée du cimetière de Prétextât1 *, montre le Sauveur sous la figure d’un jeune homme, vêtu de la tunique et du manteau, touchant. de sa verge une petite figure enveloppée de bandelettes, debout dans un édicule placé au haut d’un perron de quelques marches. Cette image, une des plus anciennes, deviendra le type de tout ce qui se fera plus tard. Dans l’original, la figure de Notre-Seigneur a cinquantequatre centimètres de hauteur.

D’après une peinture du cimetière Priscille -, le Sauveur, enveloppé d’une tunique blanche drapée avec art, touche la tête du mort, dont le corps, entouré de bandelettes, est placé dans un sépulcre en forme de petit temple. A côté, une orante, vêtue d’une tunique à larges manches et à bandes violettes , n’a pas été reproduite dans la gravure. La figure de Notre-Seigneur a vingt-cinq centimètres.

Musée de Latran. — Même disposition dans une peinture du musée de Latran 3, où la figure a également vingt-cinq centimètres. Le Sauveur tient une verge de la main gauche, et semble bénir de la droite.

Deux sgra/ïtti , tirés des musées du Vatican et de Latran, le premier, publié par Perret4, le second , estampé par nous , occupent le bas de la planche LXY1 (fig. G et 7).

Au Vatican 5, Notre-Seigneur, dont la figure a trente centimètres de hauteur, tient un volumen de la main gauche, et semble vêtu seulement d’un manteau. 11 étend la main droite vers Lazare, placé dans un édicule d’ordre ionique, élevé seulement de deux marches au-dessus du sol.

Au Latran , la disposition est à peu près la même0.

Cimetière Callixte. — On verra une image semblable dans d’Agincourt , qui l’a tirée du cimetière de Callixte.

IV» SIÈCLE

Les sarcophages nous offrent dans ce champ une abondante moisson. Aringhi en donne deux où le Sauveur est seul , comme dans les peintures des catacombes, et qu’il a tirés, l’un du

1 Voy. Perret, I. 26. — 2 pi. LXVI, fig. 2. — Per-

ret, lit, pl. VII. — 3 PI. LXVI, fig. 3. — 4 Perret, voir

pl. XI 11. — s pi. LXVI, fig. 7. — <s Ibid., fig. C.

cimetière de Callixte ', l’autre du cimetière des Saint s -Marcellin -et -Pierre Dans un autre,

trouvé près de Saint -Sébastien, il y a de plus un apôtre derrière Jésus -Christ 3. La sœur de Lazare se trouve dans quatre autres, évidemment plus modernes, et tirés des catacombes du Vatican ',’du cimetière de Callixte s, d’une fouille de Sainte-Marie- Majeure G, et enfin du beau sarcophage que l’on voit actuellement 7 dans la galerie extérieure au rez-de-chaussée du musée de Latran s.

Ce sarcophage était autrefois sous l’autel principal de la basilique de Saint-Paul, extrait d’un cimetière, et dans lequel quelques ossements des saints Innocents avaient été enfermés. Sixte V lit porter le sarcophage et les reliques dans la basilique de Sainte-Marie-Majeure, en 1586, et les plaça sous l’autel dédié aux saints Innocents, martyrs'1. Sainte Marthe baise la main du Sauveur, qui la regarde d’un air de compassion. 11 étend la main droite vers le tombeau , dont la pierre n’a pas encore été enlevée, disposition qui diffère des autres, où l’on voit le tombeau sous la forme d’un édicule avec la figure de Lazare.

Nous attirons l’attention sur ce monument, que nous considérons comme le plus remarquable de l’art chrétien. Tout le charme, la grâce, le dessin de l’antique s’y trouvent réunis au sentiment chrétien. Les têtes, circonstance si rare, sont d’une conservation parfaite , et nous montrent des physionomies d’une expression encore inconnue. Nous avions vu dans les sarcophages antiques Mars et Vénus, l’Aurore et Psyché, sous les traits d’un dessin irréprochable. Mais voici en scène un homme et une femme non moins correctement dessinés, non moins gracieux, mais auxquels un sentiment nouveau vient donner je ne sais quoi de tendre et d’ineffablement pur. Un souffle mystérieux circule dans les veines de ce marbre. C’est encore la représentation de l’amour, non plus de l’amour scandaleux et désormais détrôné de l’Olympe, mais de l’amour de la créature pour Dieu , et de l’amour du Dieu fait homme pour les hommes. Ces figures ne sont pas muettes. Le geste de

1 Aringhi, I, 375. — - ld., II, 87. — 3 Id , I, 613. — 4 Id., 1 , 313. — & Id., I, 613. — « Id., t, 621. — ’ En 1870. — « Pl. LXVTI . fig. I. — 9 Aringhi, I, 423.

RESURRECTION de LAZARE PL LXVIII

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Bi'bque Nle ' Mss,93ô4 Musée de Cluny

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RESURRECTION DE LAZARE

Jésus vers le tombeau encore fermé , l’attitude de Marthe, dans une fervente prière, sont éloquents comme l’Évangile.

Dans le grand sarcophage, du commencement de la décadence, et que nous donnons à côté ', la sœur de Lazare baise les pieds du Sauveur, qui touche le mort de sa verge.

En comparant ces deux sculptures et se reportant aux circonstances dans lesquelles saint Jean raconte ce miracle, on pourrait dire que dans la première, le tombeau étant fermé, l’artiste a voulu représenter sainte Marthe , qui arrive la première, bien avant la Résurrection. Elle s’incline seulement devant le Sauveur. Dans la seconde, comme dans la plupart des autres sarcophages, c’est Marie que l’on doit voir, car nous approchons davantage du dénoûment.

Marie, plus aimante et plus humble , est accourue et s’est jetée aux pieds de son Maître. On a enlevé la pierre, et Lazare va ressusciter.

Un sarcophage du musée d’Arles - présente Jésus -Christ seul avec un apôtre. Lazare est couché. C’est un petit enfant dans un berceau. Renaissant à une seconde vie, il est semblable à l’enfant qui naît.

Un sarcophage de la galerie du Latran 3 nous montre une scène moins simple et mêlée de plusieurs personnages. Le sculpteur n’a eu aucun souci de la vérité historique et des sépultures juives. Il représente Lazare dans un sarcophage romain , soutenu sur deux piédouches avec têtes de lion. Cette particularité nous révèle la manière dont on élevait au-dessus de terre les tombes dans les lieux funéraires.

Le tombeau de sainte Marthe à Tarascon 4 nous offre la même scène. Sainte Marthe est accroupie aux pieds du Sauveur 5.

V» SIÈCLE

En suivant l’ordre chronologique, nous rencontrons d’abord, au v° siècle, la couverture en ivoire de l’évangéliaire conservé dans la bibliothèque de Ravenne n , que nous reproduisons dans la grandeur de l’original.

On remarquera que le visage de Lazare est partout à découvert.

i PI. LXVII, fig. 2. — 2 Ibid., fig. 3. — fi Ibid., fig.

— 4 Ibid., fig. 5."— & Paillon, I, 575. — fi PI. LXVI,

fig. b.

VIe SIÈCLE

Au vi° siècle, Saint-Apollinaire de Ravenne ' nous offre une mosaïque où Lazare se lève sur sa tombe et s’incline vers le Sauveur , qui étend vers lui sa main droite. L’édicule, de l’ordre dorique grec, est posé en haut d’un perron de quatre marches. Notre -Seigneur a un manteau violet; l’apôtre qui le suit l’a blanc. La mosaïque est bien conservée; on remarque seulement quelques retouches dans les têtes.

A Saint-Vital -, dans une chapelle de l’église, un bas-relief de quatre mètres de longueur sur quatre-vingt-douze centimètres de hauteur comprend trois sujets : Daniel dans la fosse aux lions, Jésus-Christ enseignant, et la Résurrection de Lazare, que nous avons dessinée et que nous donnons ici. Notre-Seigneur, avec le nimbe crucifère, étend la main droite vers une petite momie debout dans une niche. Nous pensons qu’on peut attribuer ce bas-relief au vic siècle.

La crypte des Saints - Prote - et - Hyacinthe contient une mosaïque de cette époque 3 , où Notre-Seigneur, vêtu de la tunique et du manteau , la tête entourée d’un nimbe , étend le bras droit vers Lazare. La sœur de Lazare est à ses pieds. Cette double circonstance du nimbe et de la présence de Marie ne permet pas de placer cette mosaïque avant le vi° siècle. La figure de Jésus -Christ a quarante-deux centimètres de hauteur.

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