PL.LXVII
FioM, IIIe S .
Latrart — Sarcophage' de Ste Marie Majeure, ' Latran .Grand. Sarcophage
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RESURRECTION DE LAZARE
NOTES ICONOGRAPHIQUES
« La résurrection de Lazare est un des sujets qui se représentent le plus souvent dans les sarcophages, comme sur les simples pierres des loculi , dans les peintures des cimetières , dans les mosaïques des églises. Pour se conformer à l’usage des Juifs et aussi au récit de saint Jean 1 , les artistes anciens figurent habituellement La- ; zare comme une petite momie enveloppée de ; bandelettes et placée debout à l’entrée d’un ! édicule , la tête voilée d’un suaire qui , le plus ; souvent, encadre la face et la laisse à découvert. Notre -Seigneur est devant, et le touche i avec une verge ou étend vers lui la main droite, ! tandis que, de la gauche, il tient un volumen. j Les bandelettes et le suaire sont ordinairement blancs. Cette manière d’ensevelir les morts , reçue chez les Juifs, venait sans doute de l’É- j gypte 2. »
Le sépulcre de Lazare est une espèce de grotte i taillée dans la roche vive, et il est probable I qu’il était un peu élevé au-dessus du sol et qu’on y montait par quelques degrés; car, à peu près j partout, il est figuré comme un édicule précédé j d’un péristyle et d’une rampe.
Les tombeaux de la Palestine , notamment ! près de Jérusalem, nous expliquent l’origine de ces images, et nous prouvent que les premiers artistes chrétiens, dans les sujets importants , retraçaient avec la vérité évangélique les mœurs juives, et non les mœurs romaines. En effet, cette manière d’ensevelir dans un monu- j ment nous transporte des bords du Tibre à la ! vallée du Cédron, où nous trouverons ces mêmes j édifices taillés dans le roc, élevés au-dessus d’un perron , précédés d’un porche orné de colonnes ou d’un fronton. On peut voir, par la vignette du chapitre cxvii, l’étonnante similitude d’un de ces tombeaux avec le sépulcre de Lazare. Je ne pense pas qu’on trouve facilement en Italie un monument de ce genre. Lors même qu’ils sont taillés dans le roc , comme à Castel - d’Asso , les tombeaux italiens revêtent un tout autre ca-
ractère. Ces observations, d’un haut intérêt, prouvent que nous sommes en présence d’images d’une vérité historique imposée par les apôtres.
On représente toujours Lazare ressuscité petit. Saint Jean Chrysostome , dans une homélie sur Lazare, l’appelle enfant, et le vénérable Bède s’exprime dans le même sens. Ces Pères ont voulu dire que Lazare, en ressuscitant, renaissait à une nouvelle vie 1 .
Les peintures et les verres dorés ne représentent que les personnages essentiels : Jésus ressuscitant et Lazare ressuscité. Nous ne connaissons à cette règle qu’une seule exception, qui est fournie par un fragment de mosaïque, publié par le P. Marchi, et où figure une sœur de Lazare, prosternée et tendant les mains vers le Maître. Ce qui est une exception pour les peintures de tout genre, devient la règle dans les bas-reliefs des sarcophages. Cette classe de monuments, en général plus modernes, présente cette touchante scène complétée par la présence de Marthe et de Marie , ou au moins de celleci, prosternée ou agenouillée aux pieds du Sauveur.
Le tombeau de Lazare, mémorial d’un des principaux miracles de Notre-Seigneur, fut conservé avec soin par les fidèles, qui, au témoignage de saint Jérôme, le visitaient pieusement en même temps que les sanctuaires et autres lieux mémorables de la Palestine. Le même auteur écrit encore qu’on avait bâti sur ce tombeau une église que Bède mentionne à son tour. Ce sanctuaire dut être construit après Constantin; car l’Itinéraire de Jérusalem, écrit du temps de cet empereur, n’en fait pas mention 2.
IIIe SIÈCLE
Cimetière Prétextai. — Dans les innombrables représentations de la résurrection de Lazare , symbole du retour de l’humanité à Dieu . nous n’avons eu que l’embarras du choix. La figure 1,
1 Jean, xi, Vi. — - Martigny.
i Aringhi, t. Il, p. 539. Rome, 1631.. — - Martigny.