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XL- SIÈCLE

Au xie siècle, Y évangéliaire grec n. 74 de la Bibliothèque nationale offre une scène plus compliquée. Un homme debout et regardant le Sauveur déroule la bandelette qui enveloppe Lazare. Un autre, penché à terre, vient d’enlever la pierre. Deux femmes à genoux devant Notre-Seigneur, qui les bénit, et plusieurs apôtres. Le nimbe de Notre-Seigneur est crucifère , les autres simples.

XII» SIÈCLE

Au xii° siècle, nous trouvons, entre autres monuments, un chapiteau du cloître de Saint-Trophime à Arles, et une image d’un manuscrit à Pise. Le chapiteau montre bien la décadence de l’art en Occident, comparé à celui de l’Orient,

1 Bibliothèque nationale, fonds grec, n° 310, folio 196.

- Voir pl. LXIX. fig. 2.

que nous pouvons voir encore si brillant dans le manuscrit 74. La fantaisie s’ajoute à la pauvreté du dessin. Lazare, les mains attachées, mais d’ailleurs presque nu et sans bandelettes, semble sortir d’une boîte à surprise dont le couvercle est levé par un des assistants. Notre- Seigneur ouvre les bras en regardant le ciel. A coté de lui, une femme semble étrangère à ce qui se passe.

Le manuscrit de Pise, écrit pour les cérémonies de la semaine sainte, fait voir la scène complète; et l’auteur, comme tous ses contemporains, s’est rattaché au type grec. La pose de Notre-Seigneur est à peu près la même qu’au manuscrit 74, ainsi que celle des femmes prosternées. L’homme qui déroule les bandelettes de Lazare se bouche le nez, afin de rappeler 1 ejam fœtet. Deux apôtres sans nimbe, les cheveux coupés à la mode du temps de la peinture, sont vus à mi-corps. Derrière Jésus-Christ, quatre autres personnages dans le fond accourent vers le sépulcre en levant les bras.

A la porte du dôme de Pise , Notre-Seigneur, légèrement incliné vers une tombe dont la pierre est déplacée. Au-dessous, la tête de Lazare couché. Les deux sœurs aux pieds de Jésus-Christ.

Quelques mois suffisent pour résumer l’histoire de ces images, dont les principaux traits sont toujours les mêmes. D’abord celte scène nous apparaît avec le tombeau juif, la baguette et le Sauveur seul . en face du mort. Bientôt la baguette est supprimée; puis les sœurs de Lazare interviennent, puis les apôtres, et enfin la multitude dont parle l’Évangile. Mais dans cette complication . on est frappé . depuis les catacombes jusqu’à Pise, c’est-à-dire pendant mille ans. de retrouver le même ensevelissement. le même geste, la même fidélité au texte de saint Jean.

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