SOUPER CHEZ SIMON LE LÉPREUX
jr, 5. — Elle oignit les pieds : Unxit pedes. — Sainte Madeleine oignit d’abord les pieds de Jésus, les essuya avec ses cheveux, puis répandit le reste du parfum sur la tête du Sauveur L Ce n’était pas une coutume inconnue aux Juifs ; car Jésus -Christ ordonne à ceux qui jeûnent de se parfumer la tête, et il reprocha au pharisien de ne pas lui avoir rendu cet honneur2.
jr. 7. — Trois cents deniers : Trecentis denariis.- — Trois cents deniers, d’après ce que nous avons vu précédemment , représentaient une valeur approximative de trois cents francs. Mgr Mastaï Ferretti fait à propos de cette parole une observation fort juste. En supposant que ce parfum eût été vendu pour le prix auquel on l’estimait, celui qui l’aurait acheté aurait de même privé les pauvres du prix qu’il eût donné pour l’acquérir; mais s’il n’était permis à personne de l’acheter, il n’était donc pas non plus permis de le vendre.
jr. 15. — Elle l’a fait pour m’ensevelir : Ad sepeliendum me fecit. — Jésus -Christ enseigne par là que c’est une louable coutume d’envelopper les morts avec des aromates , pour attester la foi que l’on a dans leur résurrection , et montre que Marie a fort peu devancé le temps où le corps de Notre - Seigneur dut être embaumé. Ainsi cette femme qui, en versant des parfums, accomplit cette action singulière de les essuyer avec ses cheveux , qui voulut oindre Notre - Seigneur après sa mort , et est alors appelée Marie Madeleine ; qui avait autrefois été délivrée de sept démons, n’était autre que la sœur de Lazare, ainsi que nous l’avons déjà dit 3.
jr. 18. — A faire mourir Lazare : Ut Lazarum inter ficerenl. ■ — Ils voulurent tuer Lazare pour faire disparaître l’objet du miracle de la résurrection, qui avait déjà converti beaucoup
i Cornélius a Lapide. — 2 Lamy. — 3 Id.
de Juifs, lesquels se retiraient du parti des prêtres, voyant que Jésus était véritablement le Christ. Ils témoignèrent leur foi par les acclamations dont ils accompagnèrent le Sauveur lors de son entrée à Jérusalem '.
Les Juifs racontent dans le Talmud qu’au cinquième jour , c’est-à-dire le jour qui suivit l’arrivée de Jésus à Béthanie, le bruit s’en étant répandu à Jérusalem, le grand conseil envoya vers lui deux de ses membres, Ananie et Azarias, dans le but de lui tendre des pièges ; que ces deux députés vinrent jusqu’à Nob, ville sacerdotale, située au couchant , tout près de Béthanie , et où l’arche d’alliance était restée pendant quelque temps. Il est remarquable que ce même lieu porte encore aujourd’hui chez les Arabes le nom de ville de Jésus; mais on ne trouve rien dans l’Evangile qui puisse nous éclairer sur l’origine de ce nom 2.
Tout prouve qu’ici les trois évangélistes n’ont raconté qu’un seul et même repas, une seule et même onction ; le lieu , l’espèce de parfum , l’indignation des disciples repris par le Seigneur, tout est d’accord. Saint Jean précise le lieu et le temps : six jours avant la Pâque. Saint Matthieu et saint Marc ne mettent pas ce fait à sa place , mais seulement deux jours avant la Pâque, à l’occasion de la trahison de Judas , en rapprochant ce qu’il dit dans ce repas. Saint Jean, il est vrai, ne dit pas le nom du maître de la maison , parce qu’au fond cela était inutile , de même que saint Matthieu et saint Marc ne disent pas le nom de la fennjie qui fit l’onction, parce qu’ils n’avaient pas encore fait mention de Lazare.
D’après saint Matthieu et saint Marc , la femme répandit le vase sur la tête de Notre- Seigneur, et, d’après saint Jean, elle oignit ses pieds; on sent qu’il n’y a là aucune contradiction, et que les deux faits ont pu également avoir lieu 3.
i Lamy. — 2 Sepp, II, 237. — 3 Lamy.