ET E X E G E T I Q U E S
f. 2. — Et des hérodiens : Cura herodianis. — Les interprètes ont singulièrement varié d’opinion sur ces hérodiens : les uns y voient tantôt un peuple ou une nation particulière; tantôt les gentils vivant sous la domination d’ lié rode, et mêlés avec les Juifs ; d’autres y ont vu une secte croyant qu’Hérode était le Christ. Opinion parfaitement ridicule, dit saint Jérôme, car on ne lit nulle part rien qui y ait rapport. Il est plus raisonnable de penser que les hérodiens étaient les courtisans d’Hérode Antipas. Le traducteur syrien les appelle les domestiques d’Hérode, qui suivait la religion juive, venait à Jérusalem au jour de la Pâque , et se trouvait dans la ville sainte au temps de la Passion, ainsi que nous l’apprend l'Évangile. 11 n’est donc pas étonnant que ses domestiques, étant Juifs, se trouvassent dans les portiques du temple avec les autres Juifs, les prêtres et les pharisiens, et que ceux-ci se fussent unis aux hérodiens pour prendre Jésus par ses discours '.
i. IU. — Montrez -moi la monnaie du cens : Ostendite mihi numisma census. — - Montrezmoi, dit Jésus, la monnaie du cens, c’est-à-dire celle que vous payez en tribut aux Romains, depuis le temps où vous avez été soumis au cens sous l’administration de Quirinus. Ils lui montrèrent un denier; car le tribut payé à César était exigé en monnaie romaine , à l’exclusion de la monnaie juive et de toute autre, ainsi que nous l’apprend Dion Cassius. Cet auteur écrit que Mécène conseilla à Auguste, parmi les autres moyens d’assurer son empire, de défendre qu’on se servît dans les provinces d’autres poids, monnaies et mesures que de ceux en usage à Rome. Les Juifs employaient les sicles et les demi-sicles pour payer le tribut légal; car il leur était permis de conserver leurs lois. Mais ce qu’ils devaient payer aux Romains ne pouvait
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être acquitté qu’avec la monnaie romaine qui portait l’image de César L
Après les travaux des antiquaires pour obtenir la valeur du denier, M. le baron d’Ailly venant le dernier, et s’appuyant sur près de six cents expériences , doit présenter le plus de garantie d’exactitude. Nous prenons donc le poids qu'il a trouvé, de 4 gr. 45 pour le denier. Le gramme d’argent valant 22 c. de notre monnaie, le denier vaut 0 fr. 977. Cette appréciation a une très -grande importance. Elle a été notre point de départ pour fixer la valeur de toutes les monnaies de l’Évangile.
jr. 11. — De qui est cette image? Cujus est imago ? — Toute peinture ou sculpture semblait à plusieurs contraire aux lois de Moïse; et ceuxlà croyaient qu’il était défendu même de toucher cette monnaie du cens qui portait l’image d’un homme. Mais le Seigneur, découvrant l’esprit de la loi, montre clairement qu’une image n’est pas défendue, lorsqu’on ne lui accorde pas plus d’honneur qu’il n’est permis. La majeure partie des Juifs, se servant des deniers à l’effigie de César, ne regardaient comme illicites que les images qui avaient trait au culte. Ainsi ils avaient en horreur les autres représentations des empereurs, parce qu’elles recevaient des hommages, ainsi que Suétone nous l’apprend sur Tibère -’. « Il défendit aux temples, aux flammes , aux prêtres , de lui décerner des statues ou des images , à moins d’une permission spéciale de lui ; et il ne le permettait qu’à la condition qu’on ne les plaçât pas au milieu des représentations des dieux, ou dans les ornements des temples. »
Les enseignes romaines, les aigles étaient sacrées comme les images des dieux. Tertullien dit encore 3 : « La religion des Romains, toute militaire, honore les enseignes, jure sur les
i Lamv. — - Cap. xxvi. — 3 Apol., xvi.