‹ L'évangile; études iconographiques et archéologiquesChapitre 235 sur 395 · CHAPITRE CXXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXXXV

l’ évangéliaire grec de la Bibliothèque nationale 1 que nous présentons dans la grandeur de l’original 2 , et où Jésus-Christ donne l’Eucharistie sous les deux espèces. 11 remet, comme dans la Bible syriaque, l’hostie dans la main du communiant, et de l’autre côté présente luimême un vase d’or aux lèvres de celui qui reçoit la communion sous l’espèce du vin. La scène est double: des deux côtés Jésus -Christ dans le temple , figuré par un édicule à colonnes rappelant les ciborium élevés au-dessus des autels; sur l’autel, un plat contient plusieurs hosties blanches. Ce manuscrit semble peint sous la dictée du Guide de la peinture3.

Le même manuscrit , dans son fonds inépuisable , représente la Cène dans sa réalité, c’està-dire Notre -Seigneur et ses apôtres couchés autour d’une table en sigma. Le ht du Seigneur est vert; celui de saint Pierre, qui lui fait pendant, rouge; celui du second, violet; le dessus de la table vert , la draperie qui l’entoure bleue; tous les apôtres nimbés, excepté le septième, qui met la main au plat, garni d’un poisson; saint Jean couché sur le côté gauche de Notre- Seigneur; un pain devant chaque convive; un couteau à manche noir près de Jésus -Christ.

Le manuscrit 57 de la bibliothèque royale de Munich, évangéliaire de 1014, donné par l’empereur Henri 11 à la cathédrale de Bamberg, associe Judas à la cène. Assis sur un pliant, il trempe le pain ; les autres apôtres sur des bancs, Notre-Seigneur couché sur un lit.

A Saint-Marc cle Venise, deuxième coupole, au-dessus du Lavement des pieds, les douze apôtres assis, saint Jean, pour ainsi dire, couché

' Bibliothèque nationale, manuscrit 74, folio 156.

2 PI. LXXIV, fig. 1.

2 Voir Bidron. Manuel d'archéologie chrétienne , p. 230.

sur la table. L’or ruisselle partout, excepté sur les vêtements et les chairs.

XII» SIÈCLE

En arrivant aux œuvres des Latins , nous tombons ici, comme partout, dans une déplorable décadence, où l’art et la tradition sont également dédaignés. Le missel de Saint- Maur, au xii° siècle 1 , représente le Sauveur d’une taille gigantesque, assis devant une table. Onze apôtres l’entourent; saint Jean repose sur la poitrine du Sauveur. En avant de la table, Judas, à genoux, met la main au plat, et reçoit un morceau que Jésus -Christ lui met dans la bouche. 11 est nimbé, comme les autres apôtres. Le dessin barbare est accusé par un simple trait et un peu de couleur jaune.

Le manuscrit de Pise, dans une forme aussi grossière2, rappelle la mosaïque de Bavenne, excepté que les convives sont assis.

Ils sont également assis dans la porte de Bénévent 3.

En étudiant les monuments qui nous conservent les précieux souvenirs de l’Eucharistie, nous pouvons les classer en deux parties : ceux qui nous rappellent la Cène et nous représentent le Sauveur couché à la manière antique, et ceux qui nous montrent Jésus-Christ donnant l’Eucharistie suivant la forme qu’employèrent ses prêtres aux premiers siècles. Ces derniers monuments nous prouvent que dès cette époque l’espèce du pain administrée aux fidèles avait la même forme qu’aujourd’hui.

i Bibliothèque nationale, fonds latin, n» 12054. — PI. LXXIV, fig. 2.-2 PL LXXIV, fig. 3.

3 1150. Giampini, I, pl. IX.

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Fio-.l XI* s.

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XII c s.

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