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DERNIÈRE GÈNE DE JÉSUS- CHRIST

y. 20. — Dans le plat : In catino. — Saint Marc appelle catinus le plat dans lequel Judas met la main. C’était 1 II une sorte de plat profond sur lequel on servait des légumes, du poisson ou de la volaille, ou dans lequel on plaçait sur la

i Rich, Dict. des auteurs grecs et romains.

table différentes espèces de gâteaux ou de pâtés. On conserve à Gênes un plat de cette espèce en verre couleur émeraude, rapporté de Césarée en 1101. La paropsis était un vase du même genre que le catinus; employé au même usage, mais appliqué à des mets plus délicats.

NOTES ICONOGRAPHIQUES

Le festin eucharistique est rapporté dans l’Évangile d’une manière éclatante lors de l’institution de l’Eucharistie au cénacle, puis il semble indiqué d’une manière figurée au repas qui eut lieu près le lac de Tibériade. Les peintures des catacombes paraissent s’être occupées exclusivement du second , mais d’une manière tellement symbolique, qu’elles ne peuvent rappeler la réalité d’une scène évangélique. Nous ne trouvons pas le premier repas avant Ravenne et la Bible syriaque, c’est-à-dire au vi° siècle.

VU SIÈCLE

La mosaïque de Ravenne ' est extrêmement dégradée et tellement repeinte, que des détails caractéristiques de l’origine nous échappent; mais l’ensemble qui a survécu est des plus intéressants. Les douze apôtres, enrobe blanche, sont couchés autour d’une table en sigma. Notre- Seigneur porte un nimbe crucifère et une robe violette. Il occupe la première place et bénit de la main droite. On doit voir saint Pierre dans le personnage les deux mains enveloppées dans son manteau, et couché à la gauche, et qui fait pendant à la figure de Notre-Seigneur. Les autres apôtres sans nimbe, non plus que saint Pierre, sont couchés autour de la table, qui remplit tout l’espace entre les lits très -élevés. Sur la table un grand plat, deux gros poissons, et autour six pains de forme circulaire. La nappe, blanche; les lits, jaune ou or; le fond de la mo-

1 PI. LXXIII , fig-. 2.

saïque, or. Comment douter, en présence de ce tableau si ancien, que les apôtres fussent couchés au cénacle ?

La Bible syriaque', laissant de côté la tradition du cénacle et des lits , auxquels les évangélistes font allusion , en disant que les convives étaient couchés montre Jésus- Christ comme prêtre donnant l’Eucharistie dans la forme où nous la recevons de nos jours. Il est debout, élevé sur un tertre , et tient dans sa main droite une hostie qu’il vient de tirer du saint ciboire, et qu’il offre à saint Pierre, suivi de dix apôtres. La grande importance historique de la forme sous laquelle l’Eucharistie se donnait au vie siècle, nous a engagé à reproduire à une échelle plus grande que l’original le saint ciboire et la main du Sauveur. C’est ainsi que les fidèles recevaient alors la sainte communion. Le nimbe de Notre-Seigneur est simple, sa robe violette; celles des apôtres, de diverses couleurs.

Xe SIÈCLE

La Pala d’oro , à Venise, semble une copie de la mosaïque de Ravenne, ou plutôt ces deux tableaux paraissent la reproduction d’un type commun. Seulement à Saint-Marc de Venise saint Jean, un peu plus bas que Notre-Seigneur, paraît l’embrasser.

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