‹ L'évangile; études iconographiques et archéologiquesChapitre 24 sur 395 · CHAPITRE L XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE L XXXV

ils ne mangent pas avant de s’être baptisés, c’est-à-dire sans avoir fait une ablution, dans la crainte que par hasard, et sans s’en apercevoir, ils n’aient touché une personne ou une chose impure. Ils suivent, d’après les anciens docteurs, beaucoup d’autres prescriptions que ne donne pas la loi de Moïse, comme les baptêmes, c’està-dire les lavages de tous les vases, des coupes, des seaux, des vases d’airain et des lits. Dans cette nomenclature, il n’est pas question des vases de terre, que l’on brisait s’ils étaient impurs. Esctwv est traduit dans la Vulgate par le mot urceorum, qui désigne un vase pris dans une acception générale1. Rieh traduit urceus par vase à anses, ordinairement en faïence, qui servait pour puiser dans un réservoir, et remplir d’eau d’autres vaisseaux. L’usage auquel s’applique ce vase semble exclure la matière dont il le suppose. Ne serait -ce pas plutôt une de ces | cuillers à pot dont le manche est perpendiculaire au plan de l’ouverture, et dont on voit de fréquents exemples dans les musées? Ils sont en bronze et satisferaient aux commentaires du P. Lamy. Nous avons traduit urceus par verre, comme Msr Dupanloup.

D’autres font venir tjec-rôD de sjecta, qui exprime des ustensiles de bois, tels que les tables, les sièges, les manches de charrue. On lavait comme impur un lit dans lequel s’était assis, tenu ou couché, ou auquel s’était appuyé ou pendu un homme, une femme aftligée de certaines maladies, un lépreux, ou encore ayant touché quelque chose qui leur eût servi -.

y. S. — Mangent le pain : Manducant panem. — Le mot pain était pris par les Hébreux pour toute sorte d’aliments.

f. 7. — Honore ton père et ta mère : Honora patrem et matrem. - — Honore ton père et ta mère. Le mot -ryua en grec, honora en latin, a le

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sens de secours. Ainsi dans l’épître à Timothée, on lit: Honora viduas pour adjuva viduas ; et ailleurs les prêtres méritent un double honneur, c’est-à-dire une double récompense. Donc, le précepte : Honore ton père et ta mère, concerne l’obligation de nourrir honnêtement ses parents L C’est ainsi que nous disons : Donner des honoraires aux médecins et aux avocats, pour donner un salaire; parce que la fonction étant honorable, doit être honorablement rétribuée.

Vous autres, vous pervertissez le sens de cette sainte loi en disant :Corban, c’est -à-dire : Je consacre à Dieu tous mes biens, même ceux avec lesquels je pourrais secourir mon père et ma mère. Ce mot corban, comme le dit très-bien Josèphe, dans son premier livre contre Apion , était tel que celui qui l’avait prononcé était engagé comme par un vœu; c’est comme s’il avait dit : Je jure de donner tout ce que je possède à Dieu -.

> . 9. — Il n’est plus obligé de les honorer : Et non honorifîcabit. — Ce n’était pas sans raison que Notre- Seigneur accusait ainsi les Juifs. Car le Talmud porte bien assez la trace de celte doctrine sacrilège, dans le traité sur les vœux3, où le rabbin Zadok pose en principe qu’on ne peut être délié d’un vœu qui empêche de secourir son père et sa mère, si ce vœu concerne le lieu saint: « Si une femme mariée a dit: Corban, quoi que j’aie préparé pour l’alimentation de mon père ou du tien , de mon frère ou du lien , le mari ne pourra l’annuler. » Voici l’explication qu’en donne Maimonide dans son commentaire : « Ce que j’aurai préparé, quel qu’il soit, mon père n’en mangera pas, car il n’en aurait aucun profite »

y. 17. — * Ce ne sont pas les aliments, par leur nature, mais la violation de la loi de Dieu, qui souille la conscience *.

1 Lamy. — 2 Jd. — 3 Ch. ix, n° 1. — 4 Lamv.

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