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CHAPITRE CX L VI

dais sous les armes clans les portiques, pendant les jours de fêtes, pour empêcher des mouvements populaires. On lil dans les Actes desapô- Ires 1 qu’un tumulte s’étant élevé, un tribun de cohorte y accourut. Ce n’est pas la cohorte entière, mais une partie seulement qui vint arrêter Jésus.

Après avoir délibéré sur la manière de s’emparer de J ésus et de le tuer, les J uifs paraissent avoir demandé à Pilate des soldats pour l’arrêter avec tous ses disciples et. ses adhérents, comme auteurs de séditions, afin qu’il ne pût échapper à leurs propres gardes aidés des soldats. Saint Augustin 2 dit que la cohorte, composée de soldats et non de Juifs, était envoyée par le gouverneur (aussi bien que par les prêtres). Si on voulait l’employer à opérer une arrestation , elle devait tenir sa mission de l’autorité romaine , afin que personne n’osât faire de résistance3.

T. 4. — Douze légions d’anges : Duodecim legiones angelorum. — La légion romaine était de six mille hommes, d’après saint Jérôme et Vegetius. D’autres croient qu’elle était dedouze mille cinq cents hommes contenant dix cohortes , chaque cohorte comprenant cinquante pelotons, et le | peloton vingt-cinq soldats. Le Christ parle ici bien modestement; car au lieu de cent quarantecinq mille anges, il aurait pu dire : Si j’avais voulu, mon Père m’aurait envoyé cent ou mille millions d’anges; car, d’après Daniel, il est assisté de dix mille fois cent mille anges, c’est-àdire que les anges sont innombrables '.

i. 23. — En ce même temps : In üla hora. — Voici l’ordre des faits : Le Christ, après avoir renversé par terre Judas et les Juifs, leur demanda qui ils cherchaient ; ils répondirent : « Jésus. — C’est moi. » dit-il encore; et il se livra à eux. Comme ils s’approchaient pour le saisir, Pierre tira son épée et coupa l’oreille de Malchus. Jésus, se tournant ensuite vers les Juifs, leur dit : « Vous êtes venus à moi comme à un

< vi, 31. — 2 Tract, in Joan. cxu. — 3 Lamy. —

4 Cornélius a Lapide.

voleur, etc. » Après ces paroles, et point auparavant, les Juifs l’arrêtèrent. S’il avait eu les mains liées, il n’aurait pas touché l’oreille de Malchus.

j- 28. — Un jeune homme le suivait : Adolescens quidam sequebatur . — - Quel était ce jeune homme? Baronius, après saint Ambroise, Bède et d’autres, croit que c’est saint Jean, encore couvert du vêtement de la Cène. On a bien dit aussi que c’était saint Jacques le Mineur; mais à cette époque, loin d’être un adolescent, il était déjà vieux; d’après saint Épiphane, martyrisé à quatre-vingt-seize ans, en 63, il avait trente-trois ans de plus que Jésus-Christ 1 . Cornélius à Lapide pense que ce n’était pas un apôtre, puisque, d’après saint Marc, tous ses disciples l’avaient quitté. Théophylacte, Euthymius et Victor disent que c’était quelqu’un de la maison de Jean-Marc, où le Christ avait mangé la Pâque. 11 est plus vraisemblable, comme le pensent saint Gaëtan et d’autres, qu’il était fils ou serviteur de la maison et du jardin où le Christ fut arrêté 2. Le docteur Sepp 3 suppose enfin que I c’était saint Marc lui-même, sa mère ayant précisément dans ce faubourg une maison où elle demeurait avec son fils , et où les disciples se réunirent après la mort du Sauveur. Un des arguments de cet auteur, c’est que saint Marc est le seul des évangélistes qui parle de ce fait, et qu’il a suivi à cet égard l’usage des écrivains inspirés, qui ne se nomment pas quand ils sont en scène. On voit que le docteur Sepp raisonne dans l’hypothèse où Jean- Marc et Marc ne feraient qu’une seule et même personne, ce qui est plus que douteux.

Quelques probabilités se réunissent donc pour saint .Jean, le seul qui n’a jamais abandonné Jésus, ni dans la maison du grand prêtre, ni même sur le Calvaire, et cependant il est difficile d’appliquer le mot adolescent à un homme de trente ans3.

i Baronius. — - Cornélius a Lapide. — 3 II, 388. —

4 Fcrrelli , II , 304.

BAISER de J U DAS

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