LA FILLE DE LA CHANANEENNE
habitèrent autrefois la Palestine près de la mer 1 , et furent chassés par les Hébreux, conduits par Josué. Ils ne furent cependant pas entièrement expulsés, mais restèrent en Phénicie, c’est-àdire à Tyr et à Sidon, dont les Hébreux ne purent jamais les renvoyer. Le fils aîné de Chanaan, fils de Chain, est appelé Sidon, fondateur de la ville de Sidon. La Syrie embrassait la Phénicie et toutes les régions voisines , depuis la Méditerranée jusqu’à l’Euphrate. Il y avait d’autres Phéniciens hors de la Syrie, tels que les Liby - Phéniciens , les Carthaginois ou Africains, qui se servaient de la langue punique, voisine de la langue hébraïque2.
Saint Marc appelle cette Chananéenne, Grecque, quoiqu’elle soit Phénicienne et Syrienne, parce que, dans leNouveau Testament, lous les gentils sont appelés Grecs, comme les Grecs étaient désignés sous les noms de Phéniciens et
1 Nombr. , xiii, 30. — 2 Cornélius a Lapide.
de Syriens. La langue grecque s’étendait jusqu’en Syrie1.
i. 5. — Si l’on consulte saint Matthieu2, on peut croire que c’est hors de la maison que se sont passés les faits concernant la Chananéenne; si l’on consulte saint Marc , il semble que ce serait à l’intérieur 3. Cependant cela n’est dit expressément ni par l’un ni par l’autre. D’ailleurs il peut se faire que Jésus étant déjà dans la maison , cette femme se soit écriée du dehors en suivant les disciples qui venaient après le Sauveur, et qu’entrant ensuite, elle se soit jetée à ses pieds 4.
f. 9. — Le jeter aux chiens : Mittere canibus. — Cette locution était fort usitée chez les Juifs, par qui les gentils étaient ainsi traités à cause de leurs mœurs corrompues.
i Cornélius a Lapide. — 2 xv, 23. — 3 vu, 24. — 4 Patrizzi, Adnotationes.