LE PORTEMENT DE CROIX IV* SIÈCLE
Le même sarcophage de Latran , où nous avons vu Pilate se lavant les mains ’, et le Couronnement d’épines i 2, nous présente le Portement de croix 3. On continue d’observer les ménagements que nous avons déjà rappelés; on voit la croix placée sur les épaules de Simon , et non sur celles de Jésus -Christ. Le soldat qui accompagne le Cyrénéen a une expression plus dure que celui qui présente la couronne : on voit qu’il s’adresse à celui qui symbolise le Christ, et non pas à lui- même.
Les scènes les plus terribles sont encore exposées avec une grande réserve : nous ne sommes pas encore au vi° siècle, où l’on montre enfin le Christ attaché à la croix.
VIe SIÈCLE
A l’occasion du lavement des mains de Pilate, nous avons parlé d’un ivoire du Vatican du vi° siècle, que nous donnons ici4, et où Pilate, assis sur un siège élevé sur une estrade, se lave les mains au-dessus d’un bassin, et sous une aiguière que lui présente un esclave. 11 regarde Notre-Seigneur chargé do sa croix et conduit par un Juif. Les figures sont lourdes, mais les draperies bien jetées, les têtes expressives, et la composition pleine d’un bon style antique. L’inscription placée sur la croix dans la deuxième de ces plaques : Rex Jud., nous révèle une œuvre latine.
Ravenne. — A la même époque, la mosaïque de Saint-Apollinaire à Ravenne nous montre le même sujet traité par des Grecs s. Notre-Seigneur au milieu; à sa gauche, Simon de Cyrène , vêtu d’une tunique rouge , porte une légère croix latine ; derrière lui , un prêtre à cheveux blancs, robe blanche à grandes bandes violettes et manteau blanc ; enfin au troisième
i Ch. clt. — - Ch. eut. — 3 PI. LXXXV, fig. I.
4 Pt. LXXXVI , fig. 1. — & PI. LXXXV, fig. 2.
plan , un homme à cheveux blancs , avec tunique blanche et manteau rouge.
XL SIÈCLE
Dans l’église Saint- Marc à Venise', sur la même ligne que le Baiser de Judas, et lié dans le même tableau, nous trouvons Notre-Seigneur au milieu du groupe, ne portant pas lui-même sa croix, tenant de la main droite le roseau, et de la gauche une légende où on lit : Spinis coronatus sum. Sa belle tête, couronnée de lauriers, est entourée d’un nimbe crucifère; sa robe est blanche, son manteau brun; une large plaque d’or couvre sa poitrine; deux hommes trèsprès de lui semblent l’insulter : l’un élève la main comme pour le frapper; trois autres en bas l’adorent par dérision. Enfin, à sa droite, Simon de Cyrène porte la croix double, c’est-à-dire garnie de son titre.
A Sant-Urbano près de Rome, Notre-Seigneur tient lui-même sa croix; sa tête est entourée d’un nimbe; il est couvert d’un manteau rouge.