‹ L'évangile; études iconographiques et archéologiquesChapitre 323 sur 395 · CHAPITRE CLIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE CLIV

côte d’Afrique, où il renversa Sétif. 5° En 1169, toute la Syrie fut couverte de ruines 6° En mai 1202, une autre secousse, non moins terrible, détruisit presque toutes les villes situées le long de la mer , dans les vallées du Liban et de la Galilée. 7° Enfin le tremblement de terre du mois d’août 1822 sévit particulièrement sur la frontière de Syrie, et détruisit la ville d’Alep i 2.

y. 21. — Eu, Eu, LAMMA sabacthani : Deus , Deus meus, respice in me : quare me dereliquisti? - Ces paroles sont tirées du psaume où David décrit la Passion de Notre-Seigneur ’. Le Christ les prononça en syro-jérusalémite; car dans ce temps les Juifs ne parlaient plus l’hébreu, mais ce dialecte. Saint Matthieu dit ’HM, ’HX£, Eli, Eli; saint Marc ’EXwt, Eloi, Eloi, mots qui ressemblent à Élie. Ceux donc qui croyaient qu’il appelait Élie, n’étaient pas des Romains, qui ignoraient complètement ce qu’était Élie, ni des Juifs de la Palestine, qui savaient la langue. Le P. Lamy pense que c’étaient des Juifs grecs , qui, ne comprenant pas l’hébreu, s’imaginaient qu’il appelait Élie, nom qui leur était connu. Le retour d’Élie, d’après des prophéties mal interprétées, était un bruit répandu chez tous les Juifs1. On s’est étonné que saint Matthieu et saint Marc n’aient pas écrit de même Eli ou Eloi. C’est comme si en latin on disait amasti ou arnavisii s.

jr. 23. — Voy. le Psaume lxviii, vers. 22.

jr. 24. — Un vase plein de vinaigre : Vas... aceto plénum. — Il semble que l’on présenta à boire trois fois au Christ : 1° avant le crucifiement; 2° lorsqu’il était en croix; 3° lorsque luimême , quelques instants avant sa mort , dit qu’il avait soif6.

i Guillelm. Tyr. Hist. Iib. XX, p. 29; Patrolog. lat.,

t. CCI, col. 796. — 2 Mislin, Lieux saints, III, 416.

— 3 Ps. xxi, 2. — 4 Lamy. — 3 M. Ferretli. — 3 Lamy.

y. 25. — Une éponge, qu’il emplit de vinaigre : Spongiam implevit aceto. — On avait déjà préparé, suivant l’usage, l’éponge, le vinaigre et le roseau. L’éponge, étant poreuse, s’imbibe de liquide, qu’elle peut rendre par la succion. On ne pouvait, en effet, à cette élévation, approcher un vase des lèvres du Christ.

Le mit au bout d’un bâton d’iiysope ; Imposuit arundini. — En grec xocXduw ou calamo. Littéralement calamus n’est pas tant un roseau qu’une tige ou une branche de quelque plante; on dit ainsi calamus ou chaume de blé, d’avoine, d’orge ou d’hysope. Le roseau n’était donc autre qu’une branche d’hysope au bout de laquelle ils présentèrent l’éponge au Christ; car si la croix était trop élevée pour approcher un vase de sa bouche, elle ne l’était pas assez pour qu’un homme avec un petit bâton ne pût le faire en étendant le bras '.

En Palestine, l’hysope des jardins s’élève plus haut qu’en Europe : je dis des jardins; car sur les murailles, ordinairement sèches, elle est basse. L’hysope vulgaire de notre pays a des branches de soixante-trois à soixante-cinq centimètres, dures et ligneuses, divisées en plus petites branches garnies du haut en bas de feuilles oblongues comme la lavande. Elle est commune dans l’Europe méridionale2.

Quelques-uns croient qu’au lieu du mot grec îA'jto-o;, il faut lire usco; ou ôffffw-roç, qui signifie trait, javelot, de sorte que le soldat romain aurait piqué l’éponge à la pointe de la lance qu’il tenait à la main.

jr. 28. — * Ce second cri, poussé par Jésus d’une voix forte, au moment de rendre le dernier soupir, lorsque l’épuisement aurait dû l’abattre entièrement, montre, disent les saints Pères, que Jésus-Christ mourait encore plein de vie et de vigueur, parce qu’il avait accepté volontairement la mort *.

» Instr. de la Pass., p. 271. — 2 Dodon. — Spach, Dict. de bolan.

Crucifiement de St Marc a Venise

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