CHAPITRE LXXXVII
IV» SIÈCLE
Sarcophage, musée de Latran. — Au iv° siècle, nous trouverons dans les sarcophages Notre- Seigncur imposant une main sur des pains1, l’autre sur des poissons, qui lui sont présentés par deux de ses disciples, et, à ses pieds, des corbeilles renfermant les restes 2. Cette description générale s’applique exactement au sarcophage, à l’entrée de la galerie de l’escalier, au musée de Latran; on y voit sept corbeilles.
Le beau sarcophage de la galerie extérieure, du même musée, que Sixte Y avait placé à Sain te -Marie -Majeure 3, en est la répétition, excepté les corbeilles , qui n’existent pas aux pieds du Sauveur.
Musée d'Arles. — La face d’un sarcophage du musée d’Arles4 est divisée en une série de riches arcades, dont Noire-Seigneur occupe le milieu. 11 tient de la main gauche un volurnen entr’ouvert et lève la droite. Pans les arcades voisines, deux apôtres offrent les pains dans une corbeille, les poissons dans un plat.
VIe SIÈCLE
Dans les mosaïques de Saint -Apollinaire , à Ravenne s, si belles encore, quoiqu’elles soient inférieures à celles de Sainte-Sophie, à Constantinople, on reconnaît l’œuvre d’une école qui avait conservé les traditions de l’antiquité. La Multiplication des pains vient bien à l’appui de cette opinion. Rien de magistral commela posede Notre-Seigneur vu de face, et étendant les mains à droite et à gauche, sur des pains et des poissons que lui présentent quatre disciples. Sans barbe, nimbe crucifère, robe violette. Un des disciples à sa droite, cheveux gris, tous les autres noirs; tous chaussés de sandales; leurs robes blanches portent des signes en forme de gamma, qui ont beaucoup exercé les commentateurs sans qu’ils aient pu se mettre d’accord à ce sujet. Excepté quelques retouches dans les têtes, cette mosaïque est dans un bon état de conservation.
Une autre mosaïque 6 à côté de la précédente, dans la même église, semble en être la suite:
i PI. LVI , fig. 3.-2 Aringhi , I, 575. — 3 7 d., I, 413.
- 4 PI. LVI, fig. 1. — 5 pi. LV, fig. 4. - <i Ibid., fig. 2.
i Notre-Seigneur bénit des corbeilles vides qu’un ; jeune homme met à ses pieds. Un apôtre, par derrière, admire le Sauveur. Les têtes des deux personnages principaux , la main de l’apôtre et tout le fond ont été repeints. Le reste est exempt de retouches.
Un ivoire de la chaire de Saint-Maximien , lans la cathédrale de Ravenne , à la même époque, retrace le type des sarcophages '. Notre- Seigneur, imberbe, avec le nimbe crucifère, encore inconnu au ivc siècle, bénit à droite des pains, et à gauche des poissons, que lui présentent respectueusement deux apôtres. Par derrière, deux hommes lèvent les bras, en signe d’admiration.
VIL SIÈCLE
La porte de Sainte-Sabine , à Rome2, comme dans les catacombes, montre le Seigneur touchant de sa baguette une des sept corbeilles pleines de pains. Trois poissons sont à ses pieds; cette circonstance vient corroborer ce que nous avons dit sur l’antiquité des portes de Sainte- Sabine, et nous a engagé à intervertir un peu l’ordre chronologique, pour les représenter dons la même planche, en regard d’une peinture des catacombes.
IX<= SIÈCLE
Le livre de saint Grégoire de Nazicinzc 3, manuscrit 510, montre, au ix° siècle, comme la mosaïque de Ravenne au vie, Notre-Seigneur étendant les bras sur les pains et les poissons que lui présentent respectueusement deux apôtres. La pose du Christ est pleine de noblesse. Les apôtres, vêtus de manteaux blancs, à reflets rouges pour celui qui apporte les pains , à reflets verts pour l’autre. Les foules assises sur l’herbe occupent à droite et à gauche les parties intérieures , au - dessous de douze corbeilles d’or. Ce tableau est gravé dans la grandeur de l’original.
XL SIÈCLE
A Saint-Marc de Venise, chapelle du Saint- Sacrement , une mosaïque rappelle ce manuscrit. Notre-Seigneur y bénit de même les pains
< PI. LVI, fig. 2.-2 pi. LV, fig. 3.-3 Pl. LV1I.
MULTIPLICATION desPAINS