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CHAPITRE CLV

14. Et, s’en retournant, elles préparèrent des aromates et des parfums, et pendant le sabbat elles se reposèrent, selon le commandement. 7

15. mtLe lendemain, qui était le jour d’après la préparation du sabbat, les princes des prêtres et les pharisiens, s’étant assemblés, vinrent trouver Pilate, -f-

16. Et lui dirent : Seigneur, nous nous sommes rappelé que ce séducteur, lorsqu’il vivait encore, a dit : Après trois jours, je ressusciterai.

17. Commandez donc qu’on garde le sépulcre jusqu’au troisième jour, de peur que ses disciples ne viennent dérober le corps et ne disent au peuple : Il est ressuscité d’entre les morts; et la dernière erreur serait pire que la première.

18. Pilate leur dit : Vous avez des gardes; allez, et gardez-le comme vous l’entendrez.

19. S’en allant donc, ils fermèrent soigneusement le sépulcre, en scellèrent la pierre, et y mirent des gardes.

I , mt. 57 ; m. 42 : j. 38. — 2 , mt. 37 ; m. 43 ; 1. 50 ; j. 38. — -3, mt. 57-58; m. 43 ; 1. 52 ; j. 38 — 4 , m. 44 — 5, ml. 58 : rn. 45 ; j. 38. — G, j. 39. — 7, mt. 59; m. 46; 1. 53. — 8, j. 40. — 9,1. 53; j. 41. — 10, j. 42 — 11, ml. CO; m. 46; 1. 53: j. 42. — 12 , 1. 54. — 13, mt. CI : m. 47 ; 1 . 5. . — 14, I. 50. — 15 , mt. 62. — 11* , mt. 63. — 17, mt. 64. — 18 , mt. 65. — 19, mt. 66.

NOTES ARCHÉOLOGIQUES

ET EXÉGÉTIQUES

•jL 2. — En dehors du récit évangélique , on ne sait rien de certain sur Joseph cl' Arimathie, dont les actes sont rapportés dans l’évangile apocryphe de Nicodème. D’après cet écrit, il s’enfuit la nuit de sa prison, dont un ange avait enlevé la muraille qu’il replaça ensuite. Baronius et Cornélius a Lapide, qui racontent cette histoire, ne croient pas beaucoup à son authenticité , à cause de son origine.

11 paraît que Titus vit Joseph à la prise de Jérusalem ; ce fait est plus probable, disent les Bollandistes , que sa navigation en Provence avec la famille de Lazare, ou son voyage avec saint Jacques en Espagne, d’où il serait revenu à Jérusalem. Une tradition rapportée par Baronius le ferait aller en Angleterre, où il est vénéré comme apôtre '. Décurion, sénateur, sa noblesse est indiquée par la beauté de son sépulcre.

i Cornélius a Lapide.

Arimathie est sur le mont Éphraïm. Saül y fut sacré '. Celte ville de la Judée, aujourd’hui Ramleh, est appelée dans les Rois Ramalhaïm- Sophim; Samuel y naquit de Elcana et de Anna. On la trouve ensuite sous le nom de Rama, Arima, Mephthis. Le nom de Rama lui vient du lieu élevé qu’elle occupe2. Le territoire de Rama est gras et fécond; on y cultive du froment . de l’orge , des légumes et un peu de vigne 3.

On voit le tombeau de Joseph d’Arimathie dans l’église du Saint-Sépulcre, et une partie de ses reliques à Saint-Pierre de Rome, où on le fête le 19 mars 4.

y. l-o. — Les livres juifs rapportent des faits analogues à ceux que racontent les évangé-

' Palœoüi, I, 12. — 2 Cornélius a Lapide. — 3 Belon, folio 139. — 4 Quinaumont.

ENSEVELISSEMENT DE JESUS-CHRIST

listes ; ainsi Josèphe1 reproche comme un grand crime aux Iduméens de laisser les corps sans sépulture ; à côté des Juifs qui mettent tant de soin à ensevelir les corps , et rendent ce devoir avant le coucher du soleil, même aux condamnés à la croix.

f. 6. — Une composition de myrrhe et d’aloès, d’environ cent livres : Mixluram myrrhœ et aloes , quasi libras centum. — Les cent livres d’aloès sont une preuve de l’opulence de Nicodème et de son amour généreux pour le Sauveur. Saumaise nous apprend qu’il y a deux sortes d’aloès : l’un est un arbre aromatique employé ordinairement pour faire des parfums ; l’autre est une herbe dont les sucs sont trèsamers. « L’aloès, dit Isidore, croît dans l’Inde et dans l’Arabie. Son odeur est forte et trèsagréable. La poudre du bois d’aloès , mêlée avec la liqueur de la myrrhe-’, servait à oindre les corps préservés des vers par les sucs amers ; trois à quatre livres eussent suffi pour embaumer le corps de Notre-Seigneur. »

y. 7. — L’enveloppa dans un linceul : Involvit illudin sindone. — Conformément à l’usage le plus ancien, comme le plus naturel, à celui des patriarches et des Juifs, les chrétiens honorèrent la sépulture en renonçant à la coutume païenne de brûler les morts , et, les déposantdans les sépulcres , ils les enveloppaient de suaires et les embaumaient avec des parfums et des aromates. Tertullien et Prudence font foi de cette coutume ; et Boldetti affirme qu’en plusieurs occasions, lorsqu’il assistait à l’ouverture d’une tombe de martyr, il avait été frappé par l’odeur suave et pénétrante qui s’en exhalait 3. Le père Marchi a observé dans beaucoup de sépultures des catacombes que souvent les corps sont enveloppés de deux linceuls, entre lesquels est étendue, de la tête aux pieds, une couche de chaux d’un pouce à peu près d’épaisseur. Le savant jésuite fut amené à cette découverte en observant sur ces enduits l’empreinte d’un double tissu, l’un qui, ordinairement très-fin, était en

1 De Dell. Jud. lib. IV, in fine. — - Voir ch. xn. —

Perret.

contact immédiat avec le cadavre, l’autre extérieur et grossier.

Le linceul (sindon j était de lin. Saint Matthieu ajoute qu’il était blanc. On ne devait rien employer de trop précieux pour les sépultures. « Il était défendu d’envelopper les corps avec des étoffes de soie ou des habits de Phrygie ; pas même pour un prince ; parce que cet usage est la perdition et la ruine des nations. » [Juchasin .) Ce linceul blanc paraît avoir été employé pour déposer de la croix le corps sanglant de Notre-Seigneur, et le couvrir décemment en le portant au tombeau, où il fut alors enveloppé de bandelettes1. C’était une étoffe de lin très -fin ou mousseline qu’employaient pour se vêtir les Indiens, les Égyptiens, les Asiatiques2. Nous avons nous -même décrit une étoffe de ce genre trouvée sur une momie et qui nous a été donnée au musée du Louvre3. Tel était le mode d’ensevelissement des personnes riches. Les pauvres étaient simplement enterrés , suivant la coutume que nous observons aujourd’hui 4.

V. 8. — Lt l’enveloppèrent dans des linges : Et ligaverunt eum linteis. — Outre les bandelettes de toile de lin, les Juifs avaient l’habitude de couvrir la tête d’un suaire, comme on l’a vu dans la résurrection de Lazare 5.

12. — Celui du sabrat allait commencer : Sabbatum illucescebat , c’est-à-dire, d’après le P. Lamy, il lucescere debebat , à l’entrée de la nuit dans laquelle le sabbat commençait, après le coucher du soleil. Le même auteur 6 en donne une autre explication : Le vendredi après le soir, quand le soleil commence à quitter le faîte des montagnes et des arbres, les femmes allument les lanternes, car la loi 7 ne permet pas d’allumer de feu le jour du sabbat , et c’est le feu de ces lanternes qui va éclairer le sabbat.

y. 14. — Elles préparèrent des aromates : Paraverunt aromata. — Aromates, du grec apwp.a, odeur suave, parfum. On appelle ainsi les substances qui exhalent une odeur plus ou

1 Lamy. — 2 Rich. — :i Instr. de la Passion , p. 232. — 4 Lamy. — Dutrochet, Comptes rendus de l’Académie des sciences, IV, 739. — 5 Ch. cxvm. — 6 Lamy, Apparat, bibl.. p. 216, — 7 Exode, v, 4.

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