CHAPITRE CLX I
17. Mais ils le retinrent, disant : Demeurez avec nous, parce qu’il est tard , et que déjà le jour baisse. Et il entra avec eux.
18. Et pendant qu’il était à table avec eux il prit du pain, le bénit, le rompit, et le leur présentait.
19. Et leurs yeux s’ouvrirent , et ils le reconnurent , mais lui-même disparut de leurs yeux.
20. Et ils se dirent l’un à l’autre : Notre cœur n’était-il pas tout brûlant au dedans de nous, lorsqu’il nous parlait dans le chemin, et nous ouvrait le sens des Écritures?
21. Et, se levant à l’heure même, ils retournèrent à Jérusalem, et ils trouvèrent assemblés les onze et ceux qui étaient avec eux ,
22. Et disant : Le Seigneur est vraiment ressuscité, et il a apparu à Simon.
23. mlEt eux racontèrent ce qui leur était arrivé1 en chemin, et comment ils l’avaient reconnu dans la fraction du pain; mlmais ils ne les crurent pas non plus.
NOTES ARCHÉOLOGIQUES
ET EXÉGÉTIQUES
jr. 1. — Dans un bourg nommé Emmaus : In castellum... nomine Emmaus. — Il paraissait assez difficile de préciser quelle était la ville où Notre-Seigneur rencontra ses deux disciples le jour de la Résurrection. En effet, il y avait une ville de ce nom près du lac de Tibériade, dont il ne peut être ici question; une seconde, appelée aussi Kolonnieh, à soixante stades de Jérusalem, et une troisième, qui porta le nom « de Nicopolis, ville de la victoire, après la prise de Jérusalem par les Romains 1 , » et se trouve à cent soixante stades de la ville sainte.
« C’était une ville d’assez grande étendue, comme on peut le voir par les ruines qui en restent, et qui s’étendent fort loin. Elle était située en un très-bon terroir, rempli de toutes sortes de biens; mais du temps d’Archélaüs, Varus, président de Syrie, la fit brûler presque
i Cornélius a Lapide.
tout entière ; de là vint qu’elle fut réduite en un petit bourg ou village, qu’on appelle en quelques lieux castellum. Il n’en reste plus à présent (1652) que quelques pans de grosses murailles de pierre de taille, avec quelques voûtes et arcades à demi rompues et comblées d’immondices , une grande citerne et une source dans le fond d’une grotte naturelle taillée dans le roc 1 . »
« Notre-Seigneur, dit Sozomène, lava les pieds de ses disciples dans cette fontaine , dont l’eau , depuis ce temps , a des propriétés curatives, comme l’arbre voisin d’Hermopolis qui, dit-on, s’était incliné pour adorer le Christ qui passait devant, en fuyant en Égypte, et dont les feuilles, les fruits et les écorces guérissaient beaucoup de malades 2. »
Les études sérieuses de M. Guérin semblent
• Doubdan, p. 91. — 2 Cornélius a Lapide.