JÉSUS ET LES DISCIPLES D’EMMAUS
devoir mettre un terme à la question si controversée de la place occupée par Emmaüs.
« Amonas, Emmaüs, Nicopolis est, dit-il, un fort petit village de deux cents habitants au plus, situé, partie dans une vallée, partie sur les pentes d’une montagne. Dans les flancs d’une montagne voisine on remarque quelques grottes sépulcrales. LTn puits se trouve au milieu de ces tombeaux; c’est tout ce qui reste de la ville judaïque, à peu près à moitié chemin entre Jérusalem et Joppé.
« Ce qui fait douter que ce soit bien l’Èmmaüs de l’Évangile, c’est que, contrairement à la Vulgate, la distance de Jérusalem est de cent cinquante-deux stades , et non de soixante stades. Mais les témoignages les plus anciens des manuscrits de l’Évangile, dont un remonte au ivu siècle, indiquent cent soixante stades , ce qui diffère bien peu de la distance réelle.
« Saint Jérôme lui-même identifie l’Emmaüs de l’Évangile avec Nicopolis , et rapporte à cet égard des traditions primitives.
« Il était plus facile, il est vrai, de faire deux fois la route de soixante stades. Il n’est cependant pas impossible qu’ils aient fait deux fois celle de cent cinquante -deux stades. Supposez que les disciples soient partis à dix heures du matin, et même plus tôt, après l’annonce de la résurrection par les saintes femmes. Le soleil allait se coucher, quand ils rencontrent Jésus- Christ, soit à peu près à cinq heures et demie du soir. Ils se lèvent à l’heure même, et courent à Jérusalem annoncer la nouvelle. Ils se pressent, accélèrent leur marche, peuvent faire le parcours en cinq heures, et rentrent dans la ville; ils ont ainsi parcouru vingt- neuf kilomètres à chaque voyage.
« Si l’on trouve, contrairement à une expé-
rience journalière , qu’il est difficile à de bons marcheurs de faire une pareille route en un jour, rien n’empêche qu’ils ne se soient servis de montures, dans leur empressement à revenir à Jérusalem.
« L’Emmaüs colonisé par Vespasien est seulement à trente stades de Jérusalem; il ne conviendrait donc pas plus que Nicopolis. »
y. 6. — ■ On est certain que l’un des deux disciples est Cléophas, « frère de saint Joseph , l’époux de la sainte Vierge, père de saint Jacques et de saint Jude, apôtres, grand-père de saint Jacques le Majeur et de saint Jean, apôtres, qui sont nés de Marie, fille de Cléophas ». On ignore quel était l’autre disciple que rencontra Jésus- Christ. Origène le nomme Siméon ; saint Épiphane le nomme Nathanaël. D’autres pensent que c’était saint Luc. Cependant saint Luc ne paraît pas avoir vu Jésus -Christ personnellement, n’ayant été converti qu’après sa mort.
y. 7. — Le nom de prophète s’appliquait nonseulement à ceux qui prédisaient l’avenir, mais encore à tous ceux qui étaient inspirés de Dieu pour expliquer aux peuples son adorable volonté.
y. 13-15. — Les prophètes, surtout Isaïe, dans le ch. lv, décrivent les douleurs du Christ, moins comme une chose à venir que comme une chose arrivée , avec une netteté qui fait dire à Ilulsius, dans son livre sur le Messie des Juifs, que ce chapitre d’Isaïe est la place patibulaire des rabbins. Il rapporte que quelques Juifs ont avoué , à cause de ce chapitre, que leurs rabbins se fussent facilement tirés des prophéties deleurs Écritures, pourvu qu’Isaïe n'eût, pas parlé.