‹ L'évangile; études iconographiques et archéologiquesChapitre 357 sur 395 · CHAPITRE CLXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE CLXIII

le Rédempteur, avant de monter au ciel , devait pourvoir au gouvernement de son Église et le confier à Pierre, établi par lui son vicaire

jr. 3. — Je vais pêcher : Vado piscari. — La nuit est très -favorable à la pêche, parce que dans le jour les poissons, intimidés parla vue et le bruit des hommes, s’enfuient et se cachent dans les profondeurs de l’eau.

y. 5. — Enfants, n’avez -vous rien a manger? Pueri, numquid pulmentarium liabelis ?

— Jésus apparut à ses disciples comme un marchand qui voudrait leur acheter leur pêche. Il les appelle pueri , comme des ouvriers qui lui étaient inférieurs; car enfant, chez les Hébreux, veut dire un fils, un serviteur ou un ouvrier. Pulmentarium; c’est le mets qui se mange avec le pain. Pline, Horace, Perse et d’autres prennent pnlmenlum pour toute espèce de nourriture qui s’ajoute soit, au pain, soit à la bouillie, puis, pultis ; car les anciens Hébreux et les Latins, 1res- frugaux et tempérants, se servaient de bouillie au lieu de pain. Par pulmentarium, ou bonne chère, Jésus -Christ entend les poissons. Quoique beaucoup de choses puissent passer pour de la bonne chère, le poisson, même seul, peut recevoir ce nom. Par sa qualité, sa simplicité, et la facilité de le cuire, il est supérieur aux autres aliments. La plupart des anciens, si ce n’est, tous , avant le déluge , ne se nourrissaient pas de chair, mais de poissons2.

f. 7. — Il se ceignit avec sa tunique : Tunica succinxit se. — Pierre se ceignit avec sa tunique, car il était nu, et se jeta à la mer par amour, et par le désir de voir sans aucun retard le Seigneur. Beaucoup d’interprètes ont cherché quelle était l’espèce de vêtement dont Pierre se ceignit. 11 paraît que les Juifs considéraient comme nu tout homme qui, s’étant dépouillé du vêtement de dessus , n’avait conservé que celui de dessous. C’est dans ce sens que Saül, au premier livre des Rois3, est dit avoir prophétisé nu; qu’au deuxième livre4, David a dansé nu; qu'Isaïe 3 a marché nu. Ainsi Pierre était dépouillé seulement du vêtement de dessus. Par

1 Cornélius a Lapide, in Joan. xxi, jt. 1. — 2 Ibid., f. 5.

— 3 xix, 24. — 4 vi, 20. — 5 xx, 2.

respect , il couvrit tout son corps d’un vêtement; mais il se ceignit pour être plus libre en nageant.

11 est plus probable, comme le dit Msr Ferretti 1 , qu’il était couvert de sa tunique; mais qu’il ne fit que la relever, la retrousser au moyen de sa ceinture, pour qu’elle ne trempât pas dans l’eau , qui, au bord de la mer, était peu profonde, et permettait de marcher sur le fond.

f. 8. — A PEU PRÈS DEUX CENTS COUDÉES !

Quasi cubitis ducentis. — Environ cent mètres de la rive.

y. 11. — On voit par là la primauté de saint Pierre. Le premier, il appelle ses compagnons pour pêcher; le premier, il vient au Christ, et lui -même tire les filets pour signifier qu’il Lire à lui tous les poissons , ou Lous les fidèles pour les gouverner. C’est ainsi que, par la suite, les plus saints demeurent soumis à ceux qui sont plus éminents qu’eux en dignité et en autorité.

On se rend ainsi compte du nombre de cent cinquante-trois poissons : d’après saint Augustin, cent cinquante-trois se composent de trois fois cinquante, plus trois, à cause du mystère de la sainte Trinité. Cinquante représente le jubilé dans lequel tous les peuples se reposaient de tout travail 2.

T. 15- 17. — * Ainsi Pierre reçoit de Jésus- Christ sa primauté d’honneur et de juridiction, non -seulement sur les agneaux, c’est-à-dire sur les fidèles, mais encore sur les brebis, c’est-àdire sur les évêques et les pasteurs du second ordre. Pierre et les pontifes romains, ses successeurs, sont donc les pasteurs suprêmes de l’Église entière *.

j . 22. — Ces paroles ont fait croire, par erreur, à plusieurs docteurs que saint Jean n’était pas mort. Il est mort naturellement, en l’an 101 de Jésus-Christ, la neuvième année du règne de Trajan, la quatre-vingt-treizième de son âge, la soixante-huitième depuis la passion de Notre- Seigneur. Il est mort à Éphèse, fut enterré dans cette ville, et il eut pour successeur dans l’épi-

1 II. 455. — 2 Cornélius a Lapide.

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