IL ET I II SIÈCLE
Catacombes. — Deux sortes de repas se voient dans les monuments primitifs , et particulièrement dans les catacombes de Rome. Les uns ne sont autre chose que des images du festin céleste ou du bonheur des élus; ils admettent égalemént des hommes et des femmes, et le nombre des convives varie. Les autres, au contraire, présentent invariablement sept convives. Ces derniers tableaux reportent naturellement l’esprit au repas que Notre- Seigneur, après sa résurrection , prépara , sur les bords de la mer de Tibériade, à sept de ses disciples, et où il leur servit du pain et du poisson rôti sur la braise '.
Il s’agit ici d’un symbole, et non d’une représentation réelle; c’est pour cela que le Christ, qui opère le miracle, n’y a pas été figuré. Ce qui doit ôter toute espèce de doute, c’est que, dans une de ces peintures , les convives sont nus comme à Tibériade i 2.
Nous appuyant sur la grande autorité de M. de Rossi, et voulant représenter le dernier repas que lit Notre -Seigneur avec sept de ses apôtres, nous avions pensé à emprunter quelques-unes des peintures découvertes récemment dans le cimetière de Callixte ; mais ces peintures n’ayant pas trait au fait évangélique dans sa réalité, nous nous contenterons de les décrire d’a-
i Martigny, Eucharistie, p. 243. — 2 |)e Rossi, Hnm.
Soit., I. I, pl. XIV, XV, XVI.
| prèslescopies remarquables du musée de Latran.
Cimetière de Callixte. — Dans l’un , les convives , couchés, comme nous les avons vus à la Cène, sont appuyés sur des coussins, autour d’une table en sigma, vêtus de robes blanches , tirant les unes sur le jaune, les autres sur le vert; les plats qui contiennent les poissons, en terre cuite; les coussins et les corbeilles, jaunes; par exception, et peut-être par une erreur du peintre, huit corbeilles, au lieu de sept qui y figurent ordinairement; la peinture, tout compris, a quatre-vingts centimètres de largeur. Ainsi que les deux suivantes, elle provient du cimetière de Callixte.
Dans une autre, les convives sont rangés de la même manière, autour d’une table en sigma, appuyés sur des coussins blanc -bleu clair, et vêtus de robes de couleur terre d’ombre claire. Ici il 11’y a que sept corbeilles. La peinture a cinquante centimètres de largeur.
Comme on le voit, ces peinlures sont fort petites , mais touchées avec cette légèreté de pinceau qu’on admire dans les catacombes et les œuvres antiques parvenues jusqu’à nous.
Une voûte du même cimetière présente une table en forme d’élégant trépied , couverte de trois pains et d’un poisson, et placée au milieu de sept corbeilles pleines de pains. Quoique les convives soient absents , le repas est figuré par les accessoires que l’on trouve dans des tableaux plus complets. La peinture a soixante-quinze centimètres de largeur.