CHAPITRE CLXY
NOTE ARCHEOLOGIQUE
ET EXÉGÉTIQUE
y. 6. — Le sommet de la montagne des Oliviers est partagé en trois parties; celle du milieu , plus élevée que les autres , est le lieu de l’ascension. On montre , à deux cents pas de là , des ruines connues sous le nom de Viri Galilœi '.
« Ce qu’il y a de certain , c’est que la magnificence de l’église bâtie par sainte Hélène prouve que de son temps la tradition ne doutait pas que cé ne fût là le lieu de l’ascension. Aujourd’hui encore une mosquée existe sur l’emplacement de cette église, et, le jour de la fête, les catholiques , les grecs et les arméniens y célèbrent
i Morison.
la messe, après toutefois l'avoir purifiée '. » Cette montagne est remplie des souvenirs du Sauveur. « On y montre le lieu où il composa le Pater, celui où il pria , où il parla à ses apôtres, etc., le figuier maudit: plus haut, à la descente du mont, vers l’est, à mille pas de Jérusalem, et autant de Béthanie, se voit la place de Bethphagé, d’où Notre-Seigneur envoya ses apôtres chercher l’ànesse. Béthanie, autrefois un beau bourg, à présent en ruines; à l’entrée, la maison de Simon le Lépreux : à deux ou trois cents pas plus loin, la maison de Lazare, puis son tombeau : un peu plus à gauche, la maison ! de Marthe. »
i De Géramb, 1 , 343.
ACTES ICONOGRAPHIQUES
On ne sait pas d’une manière précise à quelle | époque fut instituée la solennité de l'Ascension : mais il n’est pas douteux qu’elle ne remonte à la plus haute antiquité, et probablement, selon saint Augustin, aux temps apostoliques'; et cependant les plus anciens monuments ne figurent pas l’Ascension. On ne trouve dans les sarcophages que le char d’Élie montant au ciel qui puisse la rappeler; et nous sommes obligés de descendre jusqu'au vi° siècle pour en avoir des représentations réelles.
VH SIÈCLE
La première qui s’offre à nous est peinte dans la Bible syriaque de la bibliothèque de San- Lorenzo, à Florence A où elle occupe une page
i Marlignv. — 2 PI. XCVIII.
tout entière, que nous reproduisons dans la grandeur de l’original '.
Pour décrire convenablement cette page si merveilleusement composée, il faudrait atteindre à la hauteur de la théologie la plus élevée. Nous nous contenterons, en en faisant une description matérielle, d’appeler l’attention du lecteur sur chacune de ses parties.
La sainte Vierge, nimbée, vêtue d’une robe violette, les bras dans l’attitude de la prière, occupe, dans le bas, le milieu du tableau ; à ses
i On a vu au ch. m la description de ce précieux manuscrit. « Les petits tableaux exécutés au courant de la plume et du pinceau démontrent assez que ce n’est pas le talent de l'invention qui lui manque. Le dessin est souvent négligé; mais les mouvements sont en général justes, et les tètes, à peine ébauchées, ne manquent cependant pas d’expression. » (Labarte, III, 24.)
ASCEN S ION