L’ASCENSION DE N O T R E- S E I GN E U R
côtés , deux anges en manteaux blancs , la tête entourée d’un nimbe d’or, parlent chacun à un groupe de six apôtres qui regardent le ciel : ils sont vêtus de manteaux et de tuniques de diverses couleurs, chaussés de sandales, comme les anges, mais ils n’ont pas de nimbe.
Dans la région supérieure du tableau, coupé en deux, comme la Transfiguration de Raphaël et sa Dispute du saint Sacrement, Jésus-Christ, la tête entourée d’un nimbe uni, vêtu d’un manteau blanc , tenant un livre de la main gauche , et élevant la droite, au milieu d’une auréole bleue portée par deux anges aux ailes bleues , au nimbe rouge et or; au-dessous de l’auréole, en souvenir de la vision d’Ézéchiel, on voit un char de l'eu , dont les flammes rouges sont couvertes d’yeux, et qui paraît conduit par les quatre animaux symboliques des évangélistes : l’homme, le lion, l’aigle et le bœuf; une main sort de ces flammes, en se dirigeant vers la sainte Vierge; inclinés vers l’auréole, deux anges aux ailes vertes , aux nimbes bleus et or, présentent au Sauveur deux couronnes d’or au milieu desquelles est dessiné un œil : ils les présentent sur un linge violet dont leurs mains sont couvertes ; leurs manteaux sont rouges, et leurs tuniques bleues.
Cette miniature semble le type qu’adoptèrent les siècles suivants dans la représentation de cette scène.
IXe SIÈCLE
Après le viu siècle nous mentionnerons, parmi les nombreuses broderies ordonnées par le pape Léon III ', qui couronna Charlemagne, en 800, deux parements d'autel destinés, l’un à l’église Saint-Pancrace, l’autre à Sainte-Marie-Majeure, pour l’autel de Saint-Pierre i 2.
Un très-curieux manuscrit latin 3 de la réserve, à la bibliothèque de l’Arsenal, portant la date VCCCX, et couvert en ivoire, renferme seize miniatures finement touchées, mais dont le dessin laisse à désirer. Parmi ces miniatures , sept représentent la Nativité , l’Annonciation et les Bergers, le Massacre des Innocents, la Présen-
i Pape de 795 à 816. — 2 Anastase le Bibliothécaire,
200, I, D. — PI. XC1X, fi g. 2.
I tation au temple , l’Adoration des Mages , la Résurrection, et l’Ascension, que nous donnons
La couverture, en ivoire, est un bas-relief antique et païen du plus beau temps de l’art. 11 représente une femme jouant delà lyre, et deux hommes qui l’écoutent. Le bas-relief a été scié en trois parties, dont deux de soixante millimètres sur cent soixante - cinq millimètres formaient les lianes de ce petit livre; la troisième partie, qui, d’après la proportion des figures, devait avoir 20 millimètres de large, sur toute la hauteur des autres, formait le dos, et a disparu. Ce manuscrit, qui a beaucoup servi, et sa couverture, sont fort dégradés.
X» SIÈCLE
M. Labarte décrit un ivoire du x° siècle , provenant de la collection Sollyko/J \ et ayant beaucoup souffert. Dans cette composition harmonieuse, Notre -Seigneur est emporté vers le ciel sur une sphère étoilée soutenue par deux anges. Deux autres anges semblent descendre vers les douze apôtres, au milieu desquels se tient la sainte Vierge.
XL SIÈCLE
Passant au xi° siècle, les représentations de l’Ascension se multiplient rapidement, et nous n’avons qu’à choisir. Nous rencontrons d’abord à la Bibliothèque nationale, fonds de l’Oratoire, numéro 18005 ', un Sacramentaire in-4°, provenant de Verdun. Le Sauveur, tout droit, s’élève vers le ciel, en étendant les bras, particularité qui , indépendamment de la beauté de la peinture, eu égard au siècle et au lieu, nous a déterminé à le reproduire, grandeur de l’original. Jésus- Christ est debout sur un nuage jaune d’où partent trois rayons bleus. Dans le haut, deux anges s’inclinent vers le Sauveur vêtu d’un manteau jaune et d’une robe bleue. Les tuniques des anges bleu clair et leurs manteaux rouges. En bas deux anges, aux ailes étendues, et les pieds sur la terre, montrent le Seigneur à la sainte Vierge et à saint Pierre. La sainte Vierge, manteau violet , robe bleue , souliers noirs avec ornements rouges. Saint Pierre, manteau rouge
i Pi. XCIX, fig. I.