LA FEMME ADULTÈRE
et quand on n’était plus qu’à quatre coudées , il était dépouillé de ses vêtements. On donnait aux condamnés un verre de vin renfermant un grain d’encens, pour troubler leur esprit. C’est le Talmud qui nous l’apprend. Cela doit nous montrer ce qu’était le vin mêlé de myrrhe, qui fut donné au Christ sur la croix, et qu’il ne voulut pas recevoir. Les Juifs avaient l’habitude d’enlever les corps des coupables avant le coucher du soleil ; ils étaient ensevelis le même jour 1 . Le lieu de la lapidation était élevé de deux hauteurs d’homme. Un des témoins précipitait le criminel les reins sur la pierre. S’il se retournait sur la poitrine, on le remettait sur les reins ; s’il mourait ainsi, c’était bien ; sinon, l’autre témoin enlevait la pierre et la lui jetait sur la poitrine. S’il mourait alors, c’était bien; sinon, il était lapidé par tout le peuple 2. Le coupable devait être ainsi précipité, afin que si une grande pierre lui faisait une blessure qui ne fût pas mortelle, il fût achevé par une autre pierre.
C’est à cela que le Seigneur fait allusion 3 , quand il dit : « Celui qui tombera sur cette pierre se brisera, et celui sur qui elle tombera sera brisé. »
Les Juifs avaient plusieurs sortes de châtiments corporels, tels que la flagellation, la décollation, la croix, la lapidation, que nous venons de décrire ; le retranchement , qui était probablement ce que nous appelons la mort civile; le talion, qui pouvait se racheter par de l’argent, et l’amende, qui expiait des crimes involontaires. La loi n’admettait aucune torture aggravant la peine capitale. La prison était inconnue aux Hébreux; car elle aurait enlevé trop de bras à l’agriculture.
jr. 20. — - Enseignant dans le temple : Docens in templo. — Le temple, c’est-à-dire l’a-
1 Deut., xxi, 23. — 2 Lévit., xxiv, 16. — 3 Matth.,
xxi , 44.
trium du temple, ou, pour ainsi dire, le temple des laïques. Le gazophylacium était un lieu tout à fait public, vers lequel la foule se portait. Adricomius le décrit ainsi : « Le corbcm ou corbona est la caisse ou le trésor dans lequel on apportait et l’on conservait les offrandes nécessaires au sacrifice, à l’alimentation des pauvres et à l’entretien du temple. Lorsque Héliodore, envoyé par le roi de Syrie, tenta de piller ce trésor, il fut divinement flagellé par les anges. Pilate, poussé par une semblable témérité, voulut l’employer pour la construction des conduites d’eau ; il en fut empêché par une émeute populaire. Le trésor cependant fut pillé par les Romains, lors de la prise de Jérusalem. On dit que c’est dans ce lieu que Lysimaque fut tué. C’est là que le Christ enseigne qu’il est la lumière du monde et le Principe, et qu’il sera crucifié par les Juifs1. C’est là qu’il vit une pauvre femme offrant deux petites pièces de cuivre.
59. — Ils prirent des pierres : Tulerunt ergo lapides. — Le respect du temple ne s’opposait pas à ce qu’ils fissent l’office de bourreaux; car ils croyaient accomplir l’œuvre de Dieu, en jetant des pierres à un blasphémateur. Maimonide dit, en effet2 : « Le blasphémateur, en présence de témoins , est lapidé sur le lieu même où il a prononcé son blasphème. » Or il n’y a pas de plus grand blasphème que de se faire Dieu. Mais où purent -ils trouver des pierres dans le temple, qui était entretenu avec tant de soin par une grande multitude de prêtres? Ce devaient être des matériaux nécessaires à la construction du temple, auquel on travaillait toujours 3.
1 Tout le portique où se trouvait le trésor, et qui entendit le Christ prononcer ces paroles, avait reçu, par extension, le nom de gazophylacium. ( Cornel. a Lapide Comrn. in Joan. vin, 20.)
2 De Idol. c. il, n. 12. — 3 Lamy.