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L’AVEUGLE-NÉ

41. Jésus leur dit : Si vous étiez aveugles, vous n’auriez point de péché; mais maintenant vous dites : Nous voyons. Votre péché demeure.

NOTES ARCHÉOLOGIQUES

ET EXÉGÉTIQUES

f. 7. — La piscine de Siloé : Nalaloria Siloe. — D’après saint Jérôme, Siloé était une fontaine au pied du mont Sion, à cinq cents mètres environ de l’angle sud-est du Haram , sur le flanc droit de la vallée de Josaphat, en face du village de Siloan. Elle communique par un canal souterrain avec une autre source plus élevée. Ces eaux semblent venir du plateau du mont Moriah1. Elle a dix- sept mètres de long, six de large et six de profondeur2. Cette source n’était pas continue, mais bouillonnait par intermittence à certaines heures du jour3. Tous les voyageurs en font mention. Robinson 4 dit que la fontaine se composait d’un bassin supérieur, et d’un autre placé au-dessous. On y descend aujourd’hui par un escalier de seize marches , taillées grossièrement dans le roc, et qui conduisent à une plate-forme d’où l’on parvient au bord de l’eau par un deuxième escalier de treize marches. La piscine était à sec quand il l’a visitée.

Le P. de Géramb 5 rapporte que tous les chrétiens qui la visitent s’y lavent les yeux , en mémoire du miracle opéré par le Sauveur.

J. 24. — Rends gloire a Dieu : Da gloriam Deo. — Formule solennelle employée par les juges des Juifs lorsqu’ils voulaient obtenir la vérité d’un homme, soit sur son compte, soit sur

< Saulcy, Mer Morte, II, 337. — - Mislin, II, 500. — 3 Cornélius a Lapide. — 4 1830. — 5 I, 360.

le compte d’un autre, en le mettant, pour ainsi dire, en présence de Dieu. On en trouve de fréquents exemples dans la Bible ; entre autres dans Josué1 et dans les Rois 2.

f. 33. — * Un miracle aussi frappant que la guérison d’un aveugle - né aurait - il pu être opéré par un homme qui, dans cet acte même, violait la loi de Dieu? L’intervention divine était donc manifeste *.

jr. 38. — L’évêque saint Sidoine, dit Pierre Natalis, était l’aveugle-né. On dit qu’il a été un des soixante-douze disciples de Jésus-Christ. Baptisé après l’Ascension, il s’attacha particulièrement à saint Maximin, et aborda en Provence avec la famille de Lazare. Celui-ci étant évêque de Marseille, et saint Maximin évêque d’Aix, saint Sidoine aida ce dernier dans son ministère et sa prédication. Après de longs jours il reposa en paix à côté de son maître 3.

Saint Sidoine est honoré en Provence comme évêque d’Aix, et successeur de saint Maximin. On voit son tombeau dans la crypte de sainte Madeleine. Son corps a été retiré de cette crypte en 1279, et la partie inférieure de sa tête donnée à l’église métropolitaine d’Aix. On n’a conservé à Saint-Maximin, d’une manière authentique, qu’une partie du chef de saint Sidoine4.

1 vu, 19. — 2 1, vi, 5. — Lamy. — 3 Cornélius a Lapide. — 4 Faillon.

NOTES ICONOGRAPHIQUES

L’Évangile rappelle six guérisons d’aveugles : au chapitre xliv de cette Concorde, deux aveugles, sans désignation particulière; au chapitre xcii, l’aveugle-né, se lavant à la fontaine après sa guérison; chapitre cxm, un aveugle, à l’entrée de Jéricho; chapitre cxvi , deux, à la sortie de cette ville, parmi lesquels se trouvait le fils de Bartimée, et, en outre, chapitre xlviii , tous les infirmes, parmi lesquels sont des aveugles. Les monuments qui les représentent n’offrent pas toujours assez de précision pour qu’il soit possible de distinguer quel miracle l’artiste a voulu peindre. Cette difficulté nous a engagé à réunir dans deux planches tout ce que nous avons pu recueillir, et à le joindre au chapitre concernant l’aveugle-né, le plus fréquemment représenté.

L’abbé Martigny cite un grand nombre de monuments dans son Dictionnaire des antiquités chrétiennes. Nous ne rapporterons que ceux que nous avons dessinés sur place, ou d’après des photographies.

IV' SIÈCLE

Le plus ancien est tiré d’un sarcophage qu’on voit dans la galerie extérieure au rez-de-chaussée du palais de Latran , et qui provient de Sainte- Marie-Majeure ’. Notre-Seigneur touche la figure d’un enfant, en la cachant de sa main. C’est ainsi que, dans les sarcophages, l’aveugle est toujours représenté. Il est vêtu d’une simple tunique. Aringhi confirme cette règle par de nombreux exemples.

Vf SIÈCLE

L 'ivoire qui recouvre l’évangéliaire de la bibliothèque de Ravenne - fait faire un pas au réalisme , en abandonnant la pensée qui donnait une petite stature à l’homme objet du miracle. On le voit ici un bâton à la main , et aussi grand que Notre-Seigneur.

i PI. LIX, fig. I. — 2 Ibid., flg. 2.

VI* SIÈCLE

La mosaïque de Saint - Apollinaire de Ravenne 1 comprend deux aveugles de grandeur naturelle. Le premier tient un bâton à la main, et Notre-Seigneur lui touche les yeux encore fermés. Son bâton est vert, sa tunique blanche, son manteau violet. Sa tête a été légèrement retouchée. Toutes les autres têtes semblent entièrement repeintes. Le reste de la mosaïque est d’une bonne conservation.

La boite en ivoire du musée de Cluny, dont nous avons déjà parlé, et qui date du vi° siècle, présente, parmi les quatre sujets qui la décorent, celui de l’aveugle-né2. Notre-Seigneur touche ses yeux, qui sont ouverts. Son bâton caractérise l’infirmité que le Sauveur vient de guérir 3.

VIII» SIÈCLE

Nous n’avons, jusqu’au vme siècle, qu’une mosaïque de l’ancien Saint-Pierre (707), reproduite d’une manière fort imparfaite par Ciampini. C’est la première fois que nous avons rencontré les deux parties du miracle indiquées dans le même tableau, et l’aveugle-né représenté une seconde fois, allant se lavera la fontaine de Siloé.

IX® SIÈCLE

Une miniature du manuscrit de saint Grégoire de Nazianze ’, que nous avons réduite à moitié de l’original , montre la scène double , comme dans la mosaïque de Jean VII à Saint- Pierre5. Notre-Seigneur tient un volumen de la main gauche. Il touche les yeux de l’aveugle encore fermés. A côté, le même personnage, reconnaissable à son manteau rouge et à sa tunique verte , se lave dans une fontaine. Ses jambes sont couvertes de brodequins formés de lanières qui se croisent. A la fontaine ses yeux

1 PI. LIX, fig. 3. — 2 PI. LX, fig. 3. — 3 Du Sommerard, pl. XXXVII. — 4 Bibliothèque nationale , fonds grec, n° 310, folio 316. — 5 Pl. LX, fig. 7.

GUERISONdes aveugles

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