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L’AVEUGLE-NE

sont ouverts; mais il a encore son bâton, qui lui a servi à y arriver. L’artiste indique par là que l’aveugle est venu avant sa guérison, qui ne devint complète qu’après l’ablution , signe caractéristique de la guérison dont il s’agit.

Le même manuscrit, au folio 310, représente la guérison de deux aveugles, tous deux assis, et quittant leurs bâtons '. Le plus élevé voit déjà, et il regarde avec admiration l’autre, dont les yeux commencent à s’ouvrir. Le premier a une tunique blanc-vert, et un manteau lilas. Le second est tout habillé de rouge. Notre-Seigneur, comme dans la miniature voisine, tunique violette, ornée de bandes d’or sur l’épaule et en bas, manteau violet, sandales.

Nous avons encore un ivoire du ix° siècle, servant de couverture à un manuscrit de la Bibliothèque nationale de Paris (n° 9384) 2 , dont un des compartiments représente l’aveugle guéri. Comme dans l’ivoire de Ravenne, Notre- Seigneur porte une petite croix. Il touche avec deux doigts les yeux de l’aveugle, qui s’incline, et tient un bâton de sa main droite et une corbeille d’osier 3 passée à son bras gauche. Deux hommes assistent au miracle.

XL SIÈCLE

Au xi° siècle, une mosaïque de Venise 1 se

1 PL LX, fig. G. — Ibid., fig. S.

3 Sporta. — Voir Rich. — 4 PI. LX, fig. 1.

présente dans les mêmes conditions. Elle y a ajouté l’aveugle se lavant à la fontaine.

V ivoire de Saint-Émeran datant de la même époque, montre Notre-Seigneur touchant les yeux de l’aveugle, qui n’a pas de bâton, et avance ses mains. Deux apôtres occupent le second plan. Des maisons indiquent le voisinage de Jérusalem. A la fontaine, où l’aveugle va se laver, l’eau coule d’une petite tête de lion. Au-dessous une flamme ou une vapeur s’échappe d’un vase; l’artiste a voulu probablement indiquer par là que les eaux étaient chaudes. Saint Jérôme dit, en effet, que la fontaine était au bas de la montagne de Sion , que les eaux sortaient en bouillonnant à des jours et à des heures incertains d’un rocher très - dur , et d’antres ménagés sous la terre. Ce joli bas-relief, qui sent l’école grecque, a quatre-vingt-dix millimètres de largeur. L’exécution est d’une grande délicatesse , mais un peu prétentieuse dans le jet des draperies.

XIU SIÈCLE

Au xii° siècle, l’école latine, dans sa décadence , reproduit la même scène dans le manuscrit de Pise 2. Rien de particulier ne signale cette grossière peinture.

Il en est de même de la porte de Bénévent (1150), retracée par Ciampini.

I PI. LX, fig. 4. - 2 Ibid-, fig. 2.

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