CHAPITRE LXXV1II
polaire. Elle ne peut être semée qu’à la fin de mai, et néanmoins elle est mûre à la fin de juillet. Du reste, les orges prospèrent dans tous les climats favorables à la culture des blés. Dans le Midi, l’orge sert de préférence à la nourriture des chevaux, du bétail et de la volaille '. Dans les contrées pauvres, l'homme en fait un pain grossier.
Une javelle d’orge était offerte au temple , comme les prémices de tous les fruits, après le grand jour des azymes.
jr. 26. — Par compagnies : Secunclum contubernia. — Ce terme exprime divers groupes d’hommes réunis pour manger en commun.
Saint Luc les appelle des convives, c’est-à-dire des réunions de convives , dans lesquelles , par convenance , les hommes étaient réunis aux hommes, et les femmes à part avec leurs petits enfants, ainsi que l’indique saint Matthieu. Autrefois on se couchait à table, et l’herbe ici remplaçait les lits qu’on trouvait dans les maisons -.
Super viride fcenum. — L’herbe était verte et fraîche, car on approchait de la Pâque3.
La vallée où se fit ce miracle est d’un terroir fort gras, aussi bien que tout le penchant de la montagne. Morison, qui la parcourut au mois de février 1698, y trouva une herbe si épaisse et si haute, que les chevaux des voyageurs y étaient à demi cachés, ce qui leur fit penser que cette vallée était à peu près dans le même état lorsque
1 Spach. — - Cornélius a Lapide. — Lamy.
le prodige y fut accompli. Erat fœnurn mullum in loco
« Dans la partie la plus élevée, où l’on suppose que se tenaient notre Sauveur et les apôtres, il y a de grands blocs de basalte qu’on dit avoir été amenés par sainte Hélène. On les appelle les douze trônes. Celui du milieu est marqué par plusieurs croix, qu’y ont gravées les pèlerins. Un peu plus bas, il y a une plaine où une grande multitude pouvait se tenir, entendre facilement les paroles de Jésus, et voir toutes ses actions »
jr. 36. — Douze paniers : Duodecim cophinos. — Cophinus , grand panier ou manne, généralement employé dans le jardinage, la culture ou d’autres usages. Le canislrum est plus fréquemment rappelé dans l’Ancien Testament; c’est une corbeille en osier, large, plate, découverte et sans anses, destinée à être portée sur la tête. On Remployait plus particulièrement comme corbeille à pains 3.
Les Juifs avaient l’habitude de porter avec eux en voyage un panier, dans lequel ils mettaient les restes du repas précédent, et un peu de foin qui leur servait d’oreiller pour la nuit.Juvénal se moquait ainsi de la pauvreté des Hébreux :
Judæis quorum cophinus fœnumque supellex U
Les douze paniers correspondent au nombre des apôtres, qui en emportèrent probablement chacun un 3.
i Morison. — - Mislin, III, 436. — Rich. — '* Darras,