LAZARE ET LE MAUVAIS RICHE
NOTES ARCHÉOLOGIQUES
ET EXÉGÉTIQUES
jr. 1. — Avait un économe : Habebat villicum. — L’économe ( villicus ) était le maître ou le préfet de la maison , non pas un simple colon , ou laboureur, ou vigneron ; il était chargé de toute la maison de son maître, et par conséquent administrateur de ses domaines. Il louait ses fermes et ses champs aux colons et aux agriculteurs
jr. 6. — Cent barils d’huile : Centum caclos olei. — Le cadus ne se trouve indiqué qu’une fois dans la Bible; c’est dans le passage qui nous occupe. On ne paraît pas bien sûr de cette mesure ; on croit cependant qu’elle est la même que l’hydrie, qui contenait 12 conges -. Nous avons vu 3 que le conge était de 3 litres 50 ; le cadus, en conséquence, serait de 42 litres.
V. 7. — Cent mesures de froment : Centum coros tritici. — Le corus est égal à 10 baths4. Nous avons vu, d’après la capacité de la mer d’airain , donnée en baths par la Bible s, et en coudées par Josèphe6, que le bath est de 18 litres 377 7. Donc le corus est d’une capacité décuple, ou de 183 litres 77.
j y. 8. — Il est évident que le maître ne loue pas l’injustice commise par l’économe infidèle, mais l’adresse qu’il emploie pour se ménager une retraite dans sa disgrâce.
jr. 9. — Richesses injustes : De mammona iniquitatis . — * Cette expression ne désigne pas nécessairement des richesses acquises injustement , mais des richesses souvent employées dans le monde à la vanité et à la satisfaction des plaisirs défendus *.
jr. 19. — Il y avait un homme riche : Homo
1 Cornélius a Lapide. — - Id., Lamy. — J Ch. xxv. — 4 Ézécb., xlv, 11. — 5 III Rois, vu, 26. — 0 Antiqu. hcbr., p. 209. — 7 D’après Sogey, 18 rt 888.
quidam erat dives. — Cette histoire est véritable : 1° Le Christ ne la raconte pas comme une parabole qu’il a l’habitude d’indiquer. 2° Le mendiant s’appelle Lazare, & t le riche Nencusis. 3° La condamnation et les supplices du riche sont racontés sous une forme tout à fait historique. 4° Plusieurs églises anciennes ont été élevées, en divers lieux, sous le vocable de ce Lazare, considéré comme saint, et patron des lépreux. A Rome, entre autres, hors la ville et la porte Angelica , il existe une église et un hôpital de Saint- Lazare pour les lépreux. Il paraît que le riche était Juif, et contemporain de Jésus - Christ , d’après une tradition juive, rapportée par saint Cyrille. L’actualité de cette histoire devait frapper fortement l’esprit des auditeurs. On remarquera que ce n’est pas dans l’Évangile que se trouve le nom du mauvais riche, Notre -Seigneur ayant voulu lui éviter, ainsi qu’à sa famille, une flétrissure inutile '. Sa maison se voit à Jérusalem, à peu de distance de la Voie douloureuse , et confirme ainsi par une tradition respectable , la réalité du récit admis par l’autorité des Pères les plus graves 2.
Vêtu de pourpre : Qui induebatur purpura. — Il portait l’habit des rois et des princes. Le bys sus est une espèce de lin très-blanc et très-doux. Lamennais croit que le byssus était une sorte de soie adhérente au test du coquillage appelé prima marina.
Il faisait une chère splendide : Epulabatur splendide. — Il dînait splendidement; c’està-dire qu’il joignait au festin des parasites, des parfums, des joueurs de flûte et de guitare, la danse et tout ce qui pouvait augmenter le plaisir 3 .
jr. 20. — Lazare : Lazarus. — Ce nom signifie pauvre , et vient des mots hébreux lo
1 De Ligny, II, 76. — 'J De Géramb, II, GG.
:l Cornélius a Lapide.