‹ L'évangile; études iconographiques et archéologiquesChapitre 90 sur 395 · CHAPITRE CI · texte numérisé non relu

CHAPITRE CI

dans cette sculpture une continuation non interrompue de la tradition décrivant les scènes évangéliques. En effet, la description du manuscrit que nous venons de voir s’appliquerait parfaitement à celle de l’ivoire qui nous occupe à présent.

XI» SIÈCLE

La porte de Saint-Paul hors les murs 1 . malheureusement détruite dans l’incendie de 1823, a été reproduite dans un manuscrit de la bibliothèque Barberini et dans Giampini, dessins qui ne nous inspirent, ni l’un ni l’autre, aucune confiance. 11 n’en est pas de même de M. d’Agincourt, qui a vu encore le monument, et qui en a fait une étude toute particulière. Nous avons cru, d’après cela, pouvoir prendre dans son œuvre le panneau de la Transfiguration2.

Comme dans le manuscrit de saint Grégoire de Nazianze, du ix° siècle3, Noire-Seigneur est dans une auréole circulaire, à la circonférence de laquelle on voit Moïse et Élie. Etes trois apôtres, l’un debout, l’autre agenouillé et semblant contempler la gloire du Sauveur, le troisième prosterné au milieu.

L’e'vange'liaire grec delà bibliothèque de Paris, auquel nous avons fait de si nombreux emprunts, reproduit deux fois la Transfiguration presque identiquement 1 , et, comme à l'ordinaire, Nolre- Seigneur, Moïse et Élie dans une auréole, et les trois apôtres à leurs pieds. Le fond de l’auréole est bleu, relevé par quatre étoiles d’or. La robe de Jésus- Christ et son manteau en or; à la droite du Sauveur, Élie, robe brune, barbe et cheveux blancs; Moïse à sa gauche, robe d’or. Huit rayons émanent de l’auréole; trois tombent sur les apôtres. Le premier, tunique bleue et manteau d’or; le deuxième, tunique d’or et manteau violet; le troisième, tunique d’or et manteau rouge. Nous donnons, comme toujours dans ce

i PI. LXIII . fig. !). — 2 D’Agincourl, Sculpl., PI. XIV,

Il g. 2.

:i Bibliothèque nationale, Ms. 510. — 4 Ibid., Ms. 77.

— PI. LXIII, fig. 4. ' ;

manuscrit, cette charmante miniature dans la grandeur de l’original,

XII» SIÈCLE

Porte de Pise. — La figure 1 retrace un des panneaux de la porte de Pise, à l’occasion duquel nous n’avons rien à dire, sinon que ce sujet traverse tous les âges, sans se modifier sensiblement. Notre-Seigneur seul porte un nimbe; les autres personnages n’en ont point.

Manuscrit du Vatican. — D’Agincourt a extrait d’un manuscrit grec conservé dans la bibliothèque du Vatican, une Transfiguration très-intéressante, pour laquelle nous renvoyons à son ouvrage2. Elle ressemble tellement à celle que nous avons copiée dans le ms. 74 de la Bibliothèque nationale, que nous avons regardé comme superflu de la reproduire3.

Vitraux de Chartres. — Nous terminerons celte revue des monuments consacrés à la Transfiguration de No Ire -Seigneur, en mentionnant un vitrail de la cathédrale de Chartres donné par Didron dans l’IIisloire de Dieu, et qui montre qu’en France, comme en Italie et en Grèce, on n’avait qu’une manière de représenter ce mystère. A l’aide des jalons que nous venons de poser, on pourra suivre facilement l’histoire de cette scène glorieuse, depuis que ses images se dégagent des formes symboliques, jusqu’à l’épanouissement complet de l’iconographie chrétienne.

i PI. LXIII, fig. 0. — - D’Agincourt, PeinL, PI. LVII.

;i « Le manuscrit du Vatican a pour titre : Lectiones Evangeliorum , per anni circulum , juxta rilum Ecclesiœ grcecæ , et kalendarhnn sanclorum aurais caracleribus exaction. 11 porte le n° 1156; c’est un in-folio de trente-trois centimètres sur vingt-six centimètres de large, comprenant trois cent quarante -quatre feuillets de parchemin jauni. Les marges, belles et partagées par l’écriture en deux colonnes distantes de vingt- sept millimètres. De petites figures de quarante millimètres sont isolées au milieu des pages ou sur les marges. » Les contours des petites figures sont souvent tracés en noir. Des ornements en feuillages, espèces de rinceaux multipliés avec profusion, forment les cadres des tableaux. Le nombre des figures, des oiseaux et des animaux placés dans les marges est infini.

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