‹ L'évangile; études iconographiques et archéologiquesChapitre 89 sur 395 · PL.X · texte numérisé non relu

PL.X

LA TRANSFIGURATION

trouve au vme siècle clans une mosaïque qui décore le grand arc de l’église des Saints-Néréeet-Achillée à Rome1 *. Au sommet, Notre-Seigneur dans une auréole bleue, la tête entourée d’un nimbe crucifère, vêtu d’une robe blanche, à bandes or et rouge, tient un volumen de la main gauche. Moïse et Elie à ses cotés : le premier, à sa gauche, en cheveux noirs, robe blanche à bandes rouges , tient un volumen de la même manière, et dirige la main droite vers le Seigneur; le second, en cheveux blancs, robe blanche , étend la main droite et cache la gauche sous son manteau, lis n’ont de nimbe ni l’un ni l’autre.

Les trois apôtres, prosternés et se cachant à demi la figure de leurs manteaux, la tête entourée d’un nimbe d’or, portent sur leurs robes blanches des bandes rouges et des lettres de l’alphabet, de la même couleur, destinées à les désigner. L’apôtre seul, derrière Élie, est désigné par un P ; c’est Pierre. Des deux autres, le premier porte un monogramme où l’on doil reconnaître Johannes; le troisième n’a pas besoin de désignation, il ne peut être que saint Jacques. La figure principale a environ 1 m 20 de hauteur.

Cette mosaïque , grossière dans son exécution, est du plus grand intérêt à cause de son antiquité à Rome

Le caractère du vme siècle, les figures dignes et reposées, sont loin d’être vulgaires ; les anges 3, types romains, draperies indiquées par des lignes étroites; les joues rouges, les formes du nu indiquées par des lignes rouges. La tête de la sainte Vierge 4 restaurée, absence complète d’ombres ; lorsque l’art tomba en croissante décadence, l’ancien sentiment se retrouva dans les accessoires et les détails.

Le manuscrit des Arméniens (770) à San- Lazzaro près Venise5, présente Moïse et Élie sur la montagne, et en bas les trois apôtres, dont deux se cachent la figure, et dont le troisième, probablement saint Pierre, regarde son maître, en lui demandant d’établir là trois tentes.

i PI. LXIV , fig. 1. — a Labartc, IV, 213. — Ciam-

pini, II, pl. XXXVIII. — D’Agincourl, Peint., pl. XVII.

■ — 3 Voir le ch. ni : l’Annoncialion. — lbicl.

5 PI. LXIII, fig. 3.

IX<* SIÈCLE

La Transfiguration 1 occupe une des pages les plus importantes du manuscrit des oeuvres de saint Grégoire de Nazianze- ; c’est un véritable tableau de vingt-cinq centimètres sur trente centimètres , auquel nous consacrons une planche entière. En haut, un demi -cercle figure le ciel. Des rayons bleus en descendent sur la tête du Christ. Une main dans le ciel, malheureusement fort effacée, et d’une couleur brun-rouge foncé, couverte en partie par une toute petite colombe. Au-dessous, un grand cercle de lumière entoure presque entièrement les trois figures principales ; il est coloré en jaune-orangé, et communique cette couleur à tout ce qu’il comprend. Le Christ, la tête entourée d’un nimbe crucifère, lient un volumen de la main gauche et bénit de la droite. Manteau violet, tunique bleue à bandes d’or. Les manteaux de Moïse et d’Élie blancs, sauf la coloration due à l’auréole. Leurs tuniques bleues à bandes d’or. Les reflets de ces manteaux verts au milieu , et rouges pour les deux assistants du Christ.

Les tuniques des trois apôtres bleues à bandes d’or; le manteau de Jean blanc -vert, ceux des autres blanc -jaune. Excepté Élie, tous ont les cheveux coupés courts ; Moïse seul est imberbe. Jean, longue barbe grise. Jacques, cheveux et barbe bruns.

X» SIÈCLE

D’Agincourt 3 décrit ainsi un ivoire qu’il attribue au xe ou au xie siècle, et qui représente une Transfiguration et une Descente de croix : « Ce monument, de l’époque la plus désastreuse pour l’art, porte visiblement les signes de la dernière décadence. Et cependant c’est dans ces ouvrages de sculpture de l’école grecque, exécutés sous le bas-empire avec tant de froideur et de monotonie, que les maîtres italiens ont retrouvé, cachées pour ainsi dire sous la cendre, les premières étincelles du feu qui se rallume chez eux au xiic et au xm° siècle, et qui amène la renaissance de l’art. » Placés à un tout autre point de vue que M. d’Agincourt, nous verrons seulement

i Pl. LXV. — 2 Bibliothèque nationale , fonds grec , n° blO. — 3 Sculpt., Pl. XII, lig. 24.

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