DERNIÈRE SEMAINE DE LA VIE MORTELLE DU SAUVEUR
§GV.
DERNIER CONFLIT DE JÉSUS-CHRIST AVEC LES DIVERSES SECTES DU JUDAÏSME, LES HÉRODIENS, LES SADDUCÉENS ET LES PHARISIENS.
(Suite du 3a jour. — Temple de Jérusalem.)
A. JÉSUS CONFOND LES HÉRODIENS OU LES POLITIQUES. — LE DENIER DE CÉSAR.
(Mi. xxn, 15-22; Mr. xn, 13-19; L. xx, 20-26. — EvamjUe, du 22° dimanche après la Pentecôte.)
Les reproches et les menaces de Josus-Christ avaient lorté au «semble L'irritation des Pharisiens. Ils crurent
uil fallait tout tenter pour le perdre, pour le rendre dieux au peuple ou suspect aux Romains, le faire i >asser our un faux prophète, ou un fanatique dangereux et
Dehaut. L'Evang.— T. IV 1
compromettant, « Ils le quittèrent, pour se concerter ensemble, » afin de lui tendre de nouveaux pièges, « et de le surprendre dans ses 'paroles » Ils crurent enfin avoir trouvé un moyen infaillible de le perdre, soit en l'accusant auprès au gouverneur, comme un homme dangereux pour la tranquillité publique et capable de porter le peuple à la révolte, ou du moins, en essayant de lui attirer la haine et le mépris du peuple. Pour cela, ils se concertèrent « avec les Hérodiens, » ou partisans du roi Hérode Agrippa, alors à Jérusalem pour la fête de Pâques, parti politique, qui ne voyait de salut pour les Juifs que dans le rétablissement de la monarchie d'Hérode, avec l'agrément et sous la suprématie des Romains. Ennemis entr'eux, ils se réunissent dans une haine commune contre Jésus-Christ. Au lieu de se présenter eux-mêmes, ce qui pourrait peut être, pensaientils, exciter dans l'esprit de Jésus-Christ quelque défiance, les Pharisiens, « envoyèrent, avec ces Hérodiens, quelques-uns de leurs disciples, qui faisaient semblait!: d'être du nombre des justes, » c'est-à-dire, de cette secte de zélateurs qui sous le prétexte de leur zèle pour la gloire de Dieu, qu'ils reconnaissaient pour le seul et véritable Roi de la nation sainte, se faisaient un point de conscience de refuser le tribut, et, en particulier, la cotisation personnelle exigée par les Romains, et que les Juifs payaient bien à contre-cœur : véritables agents provocateurs, « apostés pour tendre leurs pièges et prendre Jésus dans ses -paroles, afin de le livrer au magistrat et au pouvoir du gouverneur, »
Ils essayèrent d'abord de séduire Jésus-Christ par leurs flatteries hypocrites. « Maître, lui dirent-ils, nous savons que vous êtes un homme véridique, » incapable de trahir la vérité par aucun mensonge « que vous parlez et enseignez la voie de Dieu en toute » franchise
W. XXII. 45. Tune abeuntes Phaiïsœi, consilium iniorunt ut eaperent eum in sermone. — 46. Et mittunt ci discipulos, cum Herodianis, L. XX. 20. insidiatores, qui se justos simularent, ut caperent eum in sermone, ut traderent illum principatui et potestati prœsidis. — M1". 14. Qui venientes dicunt ei : W. Magister, scimus quia verax es, et viam Dci in veritate doces,