II. De la part des Princes des prêtres
Ils s'assemblent chez Caïphe, pour se consulter ensemble sur la manière dont ils s'y prendront pour faire périr Jésus : « Tune congregati sunt principes sacerdotum, etc. » — 4) Quels sont ceux qui complotent ainsi la mort de Jésus ? — Ce sont les princes des prêtres, les docteurs de la loi : « Principes sacerdotum, et seniores populi ; » c'est-àdire, ceux qui, par leur rang, leur position dans la société, leur vocation, étaient obligés à pourvoir au salut du peuple, à lui faire reconnaître, dans Jésus, le Messie prédit par les prophètes. — Quel malheur, pour un ministre de la religion, de perdre ceux qu'il devait sauver! — 2) Où? — Dans le palais du grand-prêtre, où la vérité et la justice auraient dû établir leur trône : « In atrium principis sacerdotum, qui dicebatur Caiphas. » Puisse notre maison, notre famille, notre cœur, n'être point, pour Jésus, un lieu de persécution ! — 3) Pour quels motifs? a) Parce que le nouvel Evangile de Jésus-Christ menaçait d'ébranler et de renverser l'édifice d'orgueil et de corruption où leurs intérêts temporels étaient engagés, de détruire leur autorité et leur influence sur le peuple; b) parce que Jésus-Christ, par la liberté de sa parole et de ses réprimandes, démasquait leur hypocrisie; c) parce que la corruption de leur cœur ne pouvait supporter la sainteté de sa doctrine et de ses exemples; — 4) De quelle manière? a) par la ruse : « Ut Jesum dolo ienerenl, » car la fausseté craint la lumière du jour ; b) ayee prudence et circonspection, dans la crainte d'exciter
une sédition parmi le peuple : « Dicebant autem, non in die festo, ne forte tumultus fteret in populo; » la mauvaise conscience est toujours craintive, inquiète et tremblante. — Que devons-nous penser de leur haine contre Jésus? — C'est une haine, a) inconcevable et contre nature, car, aa) Jésus enseignait, par ses exemples et par ses paroles, la morale la plus pure, la plus céleste; bb) les œuvres miraculeuses qu'il accomplissait, étaient, à la fois, et la preuve manifeste de sa mission divine, et le témoignage du plus tendre amour pour les hommes ; ce) Jésus-Christ pouvait les défier de découvrir en lui le moindre poché, ni autre chose que la vertu la plus sublime et la plus profonde sagesse; dd) Tout se réunissait pour les convaincre qu'il était réellement le Messie prédit par les prophètes, leur Maître, leur Sauveur, leur Dieu. — b) Qui les rendait doublement coupables; car, aa) leur instruction les rendait plus capables de discerner la vérité, et leur ôtait toute excuse de, la méconnaître, bb) Comme ministres de la religion, c'était pour eux un devoir sacré de montrer le chemin aux autres et de les conduire à Jésus-Christ.