RÉSURRECTION
« Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus, » car, demain, je vais mourir pour le salut du monde; « et encore un peu de temps, » quelques jours à peine seront-ils passés, que, « vous me reverrez, » non plus souffrant, méprisé, persécuté, mais ressuscité, glorieux, immortel^ « parce que je vais à mon Père, » parce que le temps approche où ma mort, bientôt suivie de ma résurrection, puis de mon ascension glorieuse, me réunira pour jamais à mon Père céleste.
« Ses disciples, » étonnés de ce langage énigmatique du Sauveur, « se dirent l'un à Vautre, que veutil dire » par ces paroles : « Encore un peu de temps, vous ne me verrez plus, puis encore un peu de temps, et vous me reverre:, parce que je vais à mon Père? que veut-il dire par ces mots : Encore un peu de temps? nous ne savons ce qu'il veut dire. » Ils ne pouvaient se mettre dans l'esprit que leur Maître dût si tôt mourir...; ils ne comprenaient pas davantage sa résurrection prochaine : les paroles de Jésus-Christ étaient donc une énigme pour eux. « Jésus » qui lisait dans leurs coeurs, « connut qu'ils voulaient l'interroger. » Sans dissiper entièrement l'obscurité de ses paroles, il leur fait pressentir les épreuves si prochaines de sa douloureuse passion, que doivent suivre les joies de sa résurrection prochaine. « Vous vous demande: l'un à l'autre, leur dit-il, quel peut être le sens de ces paroles » mystérieuses « que je viens de prononcer : Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus, et puis encore un peu de temps et vous me reverrez. En vérité, en vérité, je vous le dis, vous pleurerez et vous gémirez, »
16. Modicùm, et jam non videbitis me; et iterùm modicùm, et videbitis me; quia vado ad Patrem. — 17. Dixerunt ergo ex discipulis ejus ad invicem : Quid est hoc, quod dicit nobis : Modicùm, et non Videbitia me ; et iterùm modicùm, < t videbitis me, et : quia vado ad Patrem? — 18. Dicebant ergo : Quid est hoc, quod dicit : Modicùm? nescimus quid loquitur. — 19. Cognovit autem Jésus quia volobant eum interrogare, et dixit eis : De hoc quaeritis inter vos, quia dixi : Modicùm, et non videbitis me; et iterùm modicùm, et videbitis me. — 20. Amen, amen dico vobis, quia plorabiti-
lorsque, tout à l'heure, vous verrez votre Maître entre les mains des ennemis acharnés qui ont soif de son sang, « et le inonde se réjouira; » les Juifs, au comble de leurs vœux, s'applaudiront de leur prétendue victoire ; « quant à vous, vous serez dans » l'accablement et « la tristesse; » mais ce temps d'épreuve sera court et bientôt, témoins de ma résurrection, vous verrez « votre tristesse se changer en joie. Une femme, lorsqu'elle enfante, » lorsqu'elle éprouve les douleurs si poignantes qui doivent la rendre mère, « est dans la tristesse, parce que son heure est venue, » et qu'elle est en proie à de grandes douleurs; « mais lorsqu'elle » est délivrée et « qu'elle a enfanté un fils, elle ne se souvient plus de la souffrance, » elle oublie tout ce qu'elle a souffert, « dans la joie qu'elle éprouve » d'être mère, et « de ce qu'un homme est né dans le monde. Donc, vous aussi, vous avez maintenant de la tristesse; mais, » consolez-vous, « vous me verrez de nouveau; » je vous apparaîtrai après ma résurrection, et si je monte au ciel, je ne vous abandonnerai pas pour cela, je serai avec vous, par l'Esprit-Saint que je vous enverrai, et après votre carrière mortelle, je vous recevrai dans ma gloire, et vous réunirai à moi pour toujours ; « et alors, votre cœur se réjouira, » vous goûterez la joie ineffable d'une mère qui, heureuse de sa délivrance, ne se souvient plus des douleurs qu'elle a endurées, « et cette joie, nul ne pourra vous la ravir; » elle durera éternellement.
C. TROISIÈME ENCOURAGEMENT : LA PROMESSE QU'IL LEUR FAIT d'exaucer LEURS PRIÈRES.
« En ces jours-là, » lorsque je serai retourné vers mon Père, « vous n'aurez plus besoin de m'interroger sur rien, » comme vous le faisiez dans les jours de ma
et flebitis vos, mundus autem gaudebit ; vos autem contristabimini, sed tristitia vestra vertctur in gaudium. — 21. Millier cùm parit, tristitiam habet, quia venit hora ejus : cùm autem peperit puerum, jam non meminit pressura? propter gaudium, quia natus est homo in mundum. — 22. Et vos igitur nunc quidem tristitiam habetis ; iterùm autem videbo vos, et gaudebit cor vestrum, et gaudium vestrum nemo tollet a vobis. — 23. Et in illo die me non rogabitis quidauam.
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vie mortelle, parce que le Saint-Esprit vous enseignera toutes choses; et si vous êtes privés de ma présence sensible, vous ne devez pas craindre, pour cela, d'être abandonnés et destitués de tout secours. « En vérité, en vérité, je vous Je dis, si, » éclairés et excités par l'Esprit-Saint, « vous demandez quelque chose en mon nom, » en vue de mes mérites, en me prenant comme votre médiateur tout puissant auprès du Père céleste, et aussi, pour ma cause propre, pour la gloire de Dieu et l'avancement de mon royaume, « il vous le donnera; » vos prières seront infailliblement exaucées. « Jusqu'ici, vous n'avez rien demandé en mon nom, » avec la foi entière et la vive confiance que doit vous inspirer mon intercession puissante auprès du Père, avec ce zèle ardent et désintéressé, qui vous fait demander avant toutes choses, non vos intérêts particuliers, mais le salut des âmes, le succès de votre mission apostolique et la propagation de l'Evangile par toute la terre. Ne craignez donc pas. « Demandez et vous recevrez, afin que votre joie soit pleine » et parfaite, que tous vos vœux soient comblés, dans cette vie, et dans l'autre.
« Je vous ai dit ces choses en paraboles; » je me suis servi, jusqu'à ce jour, en vous parlant, d'expressions figurées, et à dessein obscures. « L'heure vient » et le temps approche, « où je ne vous parlerai plus ainsi en paraboles, mais ou je vous parlerai ouvertement du Père, » où je vous révélerai clairement, grâce aux lumières de l'Esprit-Saint, tous les mystères du royaume céleste. « En ce jour vous demanderez en mon nom, et je ne vous dis point, » je n'ai pas même besoin de vous dire,« que je prierai mon Père pour vous, » que je serai auprès de lui votre puissant intercesseur; indépendamment de mon intercession, « le Père vous aime »
Amon, amen dico vobis : si quid petieritis Patrem in nomme meo dabitvobis. — 24. Usque modo non petistis quidquam in nomme meo : petite, el accipiotis, ut gaudium vestrum sit plénum. — 25. Haec in proverbiis locutus su m vobis. Venit hora cùmjam non in proverbiis îoquar vobis, sed palàm de Pâtre annuntiabo vobis. — 26. In illo dio in nomine meo petotis; et non dico vobis quia ego rpgabo Patrem de, vobis. — 27. Ipse enim Pater am'at vos;
tendrement « lui-même, » et est, par conséquent, tout incliné, tout disposé à exaucer vos prières ; et il vous aime « parce que, » vous-mêmes, « vous m'avez aimés, » vous vous êtes attachés à moi, vous avez tout quitté pour me suivre, « et que vous avez cru que je suis sorti de Dieu, » que je suis le Fils unique du Père éternel, un Dieu incarné; et vous ne vous êtes pas trompés; « je suis » en effet « sorti du Père, » je suis son Fils unique et consubstantiel, et, tout Dieu que je suis, m'unissant a la nature humaine , « je suis venu en ce monde, » pour sauver le monde; « maintenant, » ma mission accomplie, ou sur le point de l'être, « je quitte le monde, et vais vers mon Père. »
« Ses disciples, » trouvant, ou croyant trouver ces dernières paroles du Sauveur plus claires et plus intelligibles que les précédentes, et commençant à comprendre qu'il leur parlait de sa mort prochaine, « lui dirent : » En effet, « voilà que, » comme vous le disiez tout à l'heure, « vous parlez ouvertement et sans mille parabole. Nous savons maintenant, » par notre propre expérience, « que vous savez toutes choses, » que vous lisez dans les cœurs, « et qu'il n'est pas besoin qu'on vous interroge» que vous éclaircissez nos doutes, avant même qu'on vous les ait proposés; « en cela, nous croyons que vous êtes sorti de Dieu, » que vous êtes le Fils unique de Dieu; car il n'appartient qu'à Dieu de connaître les pensées des hommes.
Les disciples se trompaient. Ils n'avaient ni l'intelligence entière, ni la foi parfaite qu'ils croyaient avoir (a Mi usque adeo non intelligebant,^ dit S. Augustin, ut nec saltem se non intelligere intelligant ») ; il n'entendaient qu'à demi, ce qu'ils s'imaginaient comprendre bien clairement, et ils n'avaient en la divinité de Jésus- Christ qu'une foi si faible, que, quelques instants même après ce discours, lorsque leur Maître fut pris, ils l'aban-
quia vos me amastis, et credidistis quia ego à Deo exivi. — 28. Exivi à Pâtre, et veni in mundum ; iterùm relinquo mundum, et vado ad Patrem. — 29. Dicunt ei discipuli ejus : Ecce nunc palàm loqueris, et proverbium nullum dicis. — 30. Nunc scimus quia scis omnia, et non opus est tibi ut quis te interroget : in hoc credimus quia a Deo existi.
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donnèrent. Aussi Jésus-Christ crut-il devoir réprimer leur vaine confiance. « Vous croyez maintenant, ditesvous? » et vous vous applaudissez de votre foi. Hélas, cette foi si vive va être soumise à une épreuve qui en démontrera bientôt toute la faiblesse. « L'heure vient, et elle est déjà venu; » nous y touchons, à cet instant redoutable, où timides et saisis de crainte, <c vous serez dispersés, chacun de son côté » comme un troupeau sans pasteur, et où abandonnant lâchement votre maître, et ne songeant qu'à votre sûreté personnelle, « vous me laisserez seul, » entre les mains de mes cruels ennemis ; au reste, je n'ai aucun besoin de vous ni de votre impuissante protection; quoique abandonné de tous, « je ne suis pas seul, car mon Père est avec moi, » et après tout, les hommes ne peuvent contre moi que ce que mon Père céleste lui-même à décrété; il ne me feront subir la mort, que parce que je le voudrai bien.
« Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi, » afin que pleins de confiance dans l'amour que je vous porte et dans ma puissance infinie, vous ne soyez ni troublés, ni scandalisés, lorsque ces choses arriveront. Oui, « vous suivrez l'oppression dans le monde, » mais, « ayez confiance, » et que votre foi en moi ne faiblisse pas : « j'ai vaincu le monde : » que peut contre vous un ennemi déjà abattu et renversé?
ENSEIGNEMENTS PRATIQUES
Jo. XV, v. 26. « Lorsque viendra le Paraclet, que je tous enverrai du, sein du Père, l'Esprit de vérité, qui procède du Père, il rendra témoignage de moi. » — Révélation 1) du mystère de la sainte Trinité. — Divinité a) du Père, qui envoie, principe du Fils et du Saint-Esprit ; l) du Fils, Dieu comme le Père, puisqu'il est comme le Père le p'inci\)e de l'Esprit-Saint, « quem mittam vobis..., » à la divinité de qui le Saint-Esprit doit ren-
31. Respondit eis Jésus : Modo creditis? — 32. Ecce venit hora et iam venit, ut dispergamini unusquisque in propria, et me solum relinquatis. Et non sum solus, quia Pater mecum est. — 33. Haec locutus isum vobis, ut in me pacem habeatis. In mundo pressuram habebitis; Iscd confidite, ego vici mundum.
dre témoignage, c) Le Saint-Esprit, qui procède du Père et du Fils, est Dieu comme l'un et l'autre, puisqu'il est l'Esprit de vérité, ce qui ne peut convenir qu'à Dieu. — 2) Du mystère de Y Incarnation, parce que Jésus-Christ s'y montre, à la fois Dieu et homme. — Double mission du Saint-Esprit, a) Mission ou procession éternelle, dans le sein de l'auguste Trinité ; V) mission temporelle sur les Apôtres et sur l'Eglise.
v. 27. « Et vous rendrez aussi témoignage, parce que vous êtes avec moi dès le commencement. » Chaque chrétien doit rendre témoignage à Jésus-Christ, a) par ses paroles, b) par ses actions. — Jésus-Christ rougira de ceux qui auront rougi de lui. — Le meilleur témoignage que nous puissions rendre à Jésus- Christ c'est, 1) de penser comme lui..., de ne rechercher que ce qui peut procurer la gloire de Dieu ou le salut des âmes. — 2) De parler comme lui, évitant toute parole a) inutile, b) contraire à la charité, c) contraire à la vérité, à la franchise, d) vaine, opposée à l'humilité. — 3) D'agir comme lui, faisant uniquement a) la volonté de notre Père, qui est aux cieux, b) ce qui peut contribuer à l'avantage, au salut de nos frères. Nous devons rendre témoignage à Jésus-Christ : 1) ce à quoi nous oblige a) notre nom de chrétien, b) notre propre salut, c) l'époque actuelle. — 2) Nous devons le rendre, a) de cœur, b) de bouche, c) d'action.
Jo. XVI. v. 1. « Je vous ai dit ces choses, pour que vous ne soyez point scandalisés. » — Nous devons fuir le scandale, a) Quel scandale devons-nous fuir? — b) Pourquoi devons- nous le fuir? — c) Que devons-nous faire, si nous avons donné quelque scandale ?
v. 2. « Ils voies chasseront des Synagogues, etc. » — Injustice de la haine des Juifs et des païens contre les Apôtres. — a) Ce sont les envoyés, les ambassadeurs de Jésus-Christ; b) ils leur apportent la paix et le salut ; c) ils viennent à eux comme des brebis sans défense ; d) ils sont bienfaiteurs des corps (« cuvate infirmos, » ) aussi bien que des âmes ; e) ils ne demandent rien pour les dons précieux qu'ils apportent, « gratis date; »/) ils mènent une vie pure, innocente, toute céleste. — La haine des mondains de nos jours contre les ministres de Dieu, les chrétiens fervents..., est-elle mieux fondée et plus justiciable?— A l'heure de la prospérité, préparons-nous aux jours d'affliction. — 1) Pourquoi? a) Afin que la prospérité ne nous enfle, ne nous élève pas ; b) afin de ne pas nous trouver désarmés et sans courage, lorsque viendra l'épreuve. — 2) Comment devons-nous nous y préparer? — a) par une vie innocente, b) par une méditation sérieuse sur l'inévitabilité, les avantages des souffrances, sur l'exemple de Jésus-Christ et des Apôtres, su£
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les récompenses de l'éternité ; c) par une prière assidue et fervente, suppliant l'Esprit-Saint de nous éclairer, de nous consoler, de nous fortifier.
v. 3. « Ils vous feront ainsi, parce qu'ils ne connaissent ni mon Père, ni moi. » — De la fausse conscience. — a) Ce que c'est : b) ses diverses espèces; c) ses suites funestes; d) quand est-elle ou n'est-elle pas une excuse suffisante ? — De Yignorance dans les choses du salut. — a) Sa cause, b) ses effets et ses suites funestes. — De la tolérance à l'égard des hérétiques.
— a) Il est une tolérance permise et ordonnée, b) Il en est une défendue et criminelle.
y. 5 « Aucun de vous ne me demande : Où allez-vous? » — Où allez-vous? — a) Votre corps va... vers la tombe..., mort inévitable, prochaine, incertaine, toujours menaçante, d'où dépend votre sort éternel, b) Votre âme va..., vers son Juge... Juge sévère, impartial, inévitable, à qui rien n'échappe, c) Vousmême allez... vers V éternité, « in domum œternitatis. » — Eternité... si longue... et si proche..., si heureuse..., ou si malheureuse... si peu méditée... et si redoutable I — « Où vais-je? »
— Cette parole doit, a) confondre les incrédules, qui doivent chercher à s'éclairer..., et en attendant, prendre le parti le plus sûr ; b) élever vers le ciel nos pensées trop attachées à la terre ; c) effrayer les pécheurs ; d) consoler les affligés ; é) réjouir les justes. — « Je m'en vais vers celui qui m'a envoyé. » — La mort n'a rien que de consolant pour le véritable chrétien. 1) Que laisse-t-il? — a) Un monde, plein de misères et de périls, b) des biens futiles et passagers, c) des amis, des parents, qu'il retrouvera dans l'éternelle patrie; d) un corps plein d'infirmités... révolté contre l'àme, etc. — 2) Que trouve-t-il en échange? a) En place de la terre, le ciel ; b) en place des biens temporels, des biens éternels; c) en place des amis, des parents, qu'il abandonne pour quelque temps, la société des saints, des anges, de Marie, de Jésus, de Dieu...; d) en place d'un corps fragile et corrompu, un corps glorieux et revêtu d'immortalité.
v. 6. « Votre cœur s'est rempli de tristesse. » — Tristesse des justes. 1) Ses motifs, a) La séparation de Dieu : « sitivit anima mea... » (Ps. xli, 2-4 : b) les péchés passés, le danger continuel de pécher ; c) les scandales qui régnent dans le monde ; d) les peines et les épreuves de cette vie. — 2) Ce qui Vallège et Y adoucit. — ci) la paix d'une bonne conscience; b) l'abandon entier à la volonté divine ; c) la courte durée des peines d'ici-bas.
— Jésus nous offre un admirable modèle dans l'art de consoler les affligés. — Il y a trois médecins, pour la tristesse, a) le temps, b) la raison, c) Dieu.
v. 7. « Je vous dis la vérité. » — Malice du mensonge; a) dans
sa nature ; b) dans ses causes ; c) dans ses effets. — La véracité est un devoir. — a) Etendue de ce devoir. — b) Motifs qui nous excitent à l'accomplir, v. 8-11. « Lorsqu'il sera venu il convaincra le monde, etc. »
— Victoire du Saint-Esprit, et de la prédication évangélique, sur le monde. — 1) Grandeur de cette victoire, si nous considérons, a) les obstacles à vaincre, b) la faiblesse des instruments dont le Saint-Esprit devait se servir, c) les moyens employés, qui paraissent ne devoir présager une issue favorable. — 2) Conclusion à tirer. — a) Evidemment, c'est la force de la vérité, qui seule a pu triompher de l'ignorance et de l'erreur ; b) c'est également la sainteté de la doctrine prêchée ; c) la conversion du monde est évidemment un miracle éclatant de la Puissance divine.
v. 13. « Lorsque viendra cet Esprit de vérité, etc. » — Le Saint-Esprit, a) nous enseigne toute vérité utile pour notre salut, 1)) nous enseigne la même doctrine que Jésus-Christ, et nous fait comprendre les vérités de l'Evangile ; c) glorifie Jésus- Christ en nous, en nous faisant connaître ce qu'il est en luimême, et pour nous.
v. 16. « Encore un peu de temps et vous ne me verrez plus. »
— Le temps des douces visites du Seigneur passe, et celui de son absence vient, et alors on se trouve rempli d'obscurité et de ténèbres, sec, aride, abattu, triste, découragé. — Soutenons avec courage ce temps d'épreuves qui doit faire éclater notre fidélité, et le Seigneur ne tardera pas à reparaître, et à nous combler de nouveau de ses faveurs. — La mort approche rapidement, « memor esto quoniam mors non tardât, » (Eccli., xiv, 12) ; il faut nous y préparer. — La pensée de la mort est le plus sûr moyen, 1) pour nous préserver du péché, de l'orgueil, de l'amour des plaisirs et des richesses ; — 2) pour nous exciter à la vertu, a) à nous convertir sans retard, b) au renoncement à nos vices, c) à l'humilité, d) à l'amour de Dieu et du prochain.
« Puis encore un peu de temps, et vous me reverrez. » — De l'espérance chrétienne. — 1) Motifs de cette espérance..., a) les promesses expresses de Dieu (Heb. xn, 44; Jo. xvn, 26, etcj; b) la bonté infinie de notre Père céleste ; c) les mérites et l'intercession de Jésus-Christ. — 2) Effets de cette espérance. — a) Elle nous fera supporter avec patience les peines de cette vie, et les angoisses de la mort ; b) elle nous encouragera à tout faire pour mériter le bonheur qui nous attend ; c) elle nous rendra plus douce, plus facile à supporter la perte de ceux qui nous sont chers.
« Parce que je vais vers mon Père. » — La mort est bien douce pour le chrétien qui « va vers son Père céleste. » — Notre
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esprit, notre cœur, et toutes nos actions doivent toujours tendre vers Dieu.
v. 20. « Vous pleurerez et vous gémirez, et le monde se réjouira. » — Les tristes joies du monde, comparées à la joyeuse trisiesse des véritables chrétiens. — 1) Les joies du monde sont,
a) frivoles et dangereuses. « Abstinete vcs à carnalibus desideriis, quce militant adverses animam » (i. Pet., n, 11) ; b) de courte durée, « Transienmt omnia illa tanquàm umbra; » c) elles aboutiront à une tristesse éternelle ; — 2) La tristesse des véritables chrétiens, a) est sainte et salutaire ; elle est causée par le regret de leurs péchés, leur éloignement de- Jésus-Christ ;
b) accompagnée dès ici-bas, des plus douces consolations ; c) suivie d'un bonheur qui ne finira jamais : « Gaudium veslrum nemo tollet à vobis ; » — « Vous serez dans la tristesse, mais voire trisiesse se chauffera eu joie. » — Les croix et les peines de cette vie sont un bienfait de la main de Dieu. Elles sont pour nous, 1) une école de sagesse; elles nous apprennent, a) à réfléchir plus sérieusement sur l'éternelle destinée de l'homme ; b) à estimer les biens de la terre ce qu'ils sont, à nous convaincre de leur vanité ; c) à affermir nos pas dans la voie du salut... — 2) une école de vertu. — Elles servent, a) à payer nos dettes à la justice divine, b) à éloigner de nous les dangers qui menacent notre âme, c) à nous mériter une plus riche couronne dans le ciel. — Voulez-vous être toujours dans la joie? a) guérissez les blessures de votre conscience, et gardez-la pure et sans tache; b) souvenez-vous que le bonheur parfait ne se trouve pas sur la terre ; c) contentez-vous du nécessaire, et ne courez pas après le superflu, les richesses, les honneurs, etc.; bornez vos désirs; que la santé, une bonne réputation, un revenu suffisant pour vous faire vivre, vous suffisent ; d) fuyez les hommes vicieux, querelleurs, médisants; soyez sévère dans le choix de vos amis ; é) supportez patiemment les défauts et les imperfections des hommes : ne soyez pas trop exigeant à leur égard ; f) s'il vous arrive quelques adversités, recevez-les avec soumission de la main de Dieu ; cherchez auprès de lui les consolations dont vous avez besoin ; g) pensez souvent à Dieu, à sa bonté, à sa Providence, à son amour pour les -hommes, à la rédemption de Jésus-Christ, au ciel qui vous attend, etc. — De la tristesse et de la, joie. — 1) Il y a divers genres de tristesse. — a) 11 y a une tristesse blâmable et dangereuse, qu'il faut éloigner de nous : « Tristitiam longé repelle à te, non est utilitas in illâ. » — Elle nuit, aa) au corps : « Spiritus tristis exsiccat ossa » (Prov. 17) ; bb) à l'esprit et au jugement : « Tristitïa cordis fleclit ceràccm » (Eccli. 78); ce) au cœur : « Sicui tinea vestimento, et venais ligno, ita tristitia nocet cordi » (Prov. 25);
dd) à la vertu : « In mœrore omnis dejicitur anima » (Prov. 15). Cette tristesse est celle qui vient de la mélancolie, du démon, ou du monde. — b) Il y a une sainte tristesse; telle est celle aa) qui vient d'un cœur pénitent, bb) et qui est accompagnée d'une certaine douceur qui fait connaître que Dieu en est l'auteur : « Nunc gaudeo.. . quia contristati estis ad pcenitentiam. . . secundùm Demn » (II. Cor., vu, 9). — c) Il y a aussi une tristesse simplement naturelle, que la nature ressent à l'occasion des maux qu'elle souffre, mais que la grâce modère et que la vertu sanctifie. Telle fut celle de Jésus-Christ au jardin des Olives : « Tristis est..., etc. » — 2) Il y a également une joie, a) charnelle, ou criminelle, ou dangereuse : «Zœtantur cùm malè fecerunt, exultant in rebits pessimis » (Prov. 2) ; b) mondaine, fondée sur la prospérité temporelle : « Mwndus gaudebit; » c) spirituelle et sainte, qui est le partage des cœurs purs : « Redis corde lœtitia... fructus spiritûs gaudium, pax (Gai. 5); Exultabitis lœtitia inenarrabili. »
PROJETS HOMILÉTIQUES.