‹ L'évangile expliqué, défendu, médité (volume 2)Chapitre 200 sur 359 · I. Le voyage de Jésus vers le jardin de Gethsèmani · texte numérisé non relu

I. Le voyage de Jésus vers le jardin de Gethsèmani

Pourquoi Jésus se transporte-t-il au jardin de Gethsèmani? — 1) Pour rester fidèle à sa coutume habituelle : « Et egressus, ibat, secundùm consuetudinem, in montem Olivarum. » a) L'habitude de Jésus était, après avoir enseigné le peuple et guéri les malades, de se retirer dans la solitude pour s'y livrer à la prière, b) Que notre habitude soit aussi, quand nous avons terminé notre travail, de nous recueillir dans la prière; que nos occupations ne nous fassent pas omettre nos exercices de piété ; que, par l'habitude, ils deviennent pour nous comme une seconde nature. — 2) Par amour et par obéissance; a) par condescendance pour le propriétaire du cénacle, afin que la paix de sa maison ne soit pas troublée par son arrestation ; b) par amour et par obéissance à l'égard de son Père céleste, se rendant dans un lieu « que Judas connaissait » : « Sciebat autem Judas, qui tradebat eum, locum; » et allant ainsi au-devant de la mort : « Ut cognoscat mundus quia diligo Patrem, et sicut mandatum dédit mihi Pater, sic facto » (Jo. xiv, 31). — 3) Pour réaliser en sa personne ce que David, son ancêtre, avait figuré, lorsque, fuyant devant Absalon, il avait, à pied, passé le Cédron, suivi de ses fidèles serviteurs, pleurant à haute voix : « Trans torrentem Cedron » (n. Reg. xv, 16-25). — Suivons aussi, avec des larmes, compatissantes, notre divin Sauveur. — 4) Afin que, comme le second Adam, il satisfit aussi dans un jardin : « Ubi erat hortus, » pour le péché du premier Adam, comme celui-ci avait péché dans un jardin, a) Dans un jardin, a commencé notre ruine, notre malheur, le triomphe du démon sur l'homme, la funeste condamnation qui pèse sur le genre humain ; 6) dans un jardin devait commencer notre salut, notre rachat, la défaite du démon, l'expiation du péché, la délivrance du genre humain. — Voyons de quelle chute nous sommes relevés ! — Témoignons à Jésus-Christ notre reconnaissance, notre amour, pour cet inestimable bienfait. — 5) Pour symboliser l'œuvre de miséricorde et de paix que Jésus allait entreprendre : l'olivier est le symbole de la paix : « In montem Olivarum. » — Une branche d'olivier, apportée à Noé par une colombe, vint lui annoncer la fin du déluge. — C'est au prix de son sang que Jésus va terminer l'antique guerre qui régnait entre le ciel et la terre, et stipuler un traité solennel entre Dieu et l'homme. — Transportons-nous en pensée, dans ce jardin, le théâtre de notre chute, et

de notre rédemption..., d'où Jésus s'élèvera vers le ciel , où il

descendra un jour plein de gloire et de majesté... Répondons par notre amour à l'amour de Jésus, se sacrifiant pour nous : « (Jui dilexit me, et tradidit semetipsum pro me » (Gai. H, 2).

m1, xxvi. 26-46. — g CXVI. agonie au jard. des olives, 241 II. La tristesse de Jésus.

Tristesse, 1) librement voulue : « Cœpit pavere, et tœdere, et contristari, et mœstus esse. » — « Nihil in Christo coactum consideralur, sed omuia voluntaria ; volens famé et siti, miens morte affectus est » (S. J. Damasc, I, III, de Fide, c. 20). — a) Il n'ignorait pas, en se rendant au jardin de Gethsémani, qu'il courait au-devant de la mort . « Sciebat Judas, etc. » b) C'était le commencement de sa passion : il devait subir, non-seulement les douleurs du corps, mais celles de l'âme, bien autrement terribles. — 2) Etonnante. Elle est a) subite : « Cœpit pavere; » 6) excessive, jusqu'à menacer la vie : « Tristis est anima mea usquè ad mortem; » c) humiliante. Quel spectacle, de voir un Dieu trembler, frémir, lutter contre les angoisses de l'agonie! Mais Jésus devait prendre sur lui les faiblesses et les infirmités" de la nature humaine : « Non enim habemus pontipZceni qui non possit compati infirmitatibus nostris » (Heb. iv, 15). — 3) Suinte : a) dans son principe, qui n'est autre que le désir de glorifier son Père céleste, et de s'immoier tout entier à sa justice ; b) dans ses causes, ses motifs, qui furent aa) la connaissance parfaite et détaillée des horribles souffrances qui l'attendaient; bb) l'endurcissement des Juifs, la trahison de Judas, l'abandon de ces disciples, etc. ; ce) la vue des péchés du genre humain tout entier, dont il portait l'horrible fardeau ; dd) la pensée cruelle que tant de souffrances seraient inutiles pour le plus grand des hommes, qui ne laisseraient pas de se damner; c) dans sa fin, qui fut notre sanctification, aa) Il voulut expier l'aridité, l'impénitence, les fausses contritions de notre cœur; bb) ii voulut sanctifier, en les éprouvant, nos tristesses, nos dégoûts... ; nous mériter la grâce de les supporter à son exemple, etc.

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