‹ L'évangile expliqué, défendu, médité (volume 2)Chapitre 199 sur 359 · M1. XXVI. 2<>40. — J§ CX VI. AGONIE AU JARD. DES OLIVES · texte numérisé non relu

M1. XXVI. 2<>40. — J§ CX VI. AGONIE AU JARD. DES OLIVES

vance maintenant d'un pas ferme et résolu au-devant du traître qui va le livrer, des ennemis qui vont s'emparer de lui, de la mort qui l'attend. C'est l'obéissance à la volonté de son Père, c'est l'amour qu'il a pour les hommes, qui l'entraînent en avant.

POLÉMIQUE RATIONALISTE

Les objections de Strauss, sur cet article, sont peu redoutables. 1) Suivant sa louable coutume, il oppose la prétendue divergence des Evangélistes. a) « Luc ne dit pas que Jésus ait prié trois fois, et semble ne supposer qu'une seule prière. De plus, il cite deux circonstances absolument étrangères au récit des deux autres Evangélistes, à savoir, l'apparition de l'ange, et la sueur de sang. » — Qu'est-ce que cela prouve ? Que les Evangélistes se complètent et s'éclaircissent les uns les autres ; qu'aucun d'eux n'a la prétention ni ne s'est proposé pour but de nous donner une histoire complète et détaillée de tout ce que Jésus-Christ a fait — b) « Saint- Jean ne parle pas de l'agonie de Notre Seigneur au jardin des Olives. » — C'est qu'il a jugé que celait était suffisamment connu par le récit des autres Evangélistes. — c) Quant à la prétendue contradiction qui existerait entre le discours de la cène, et la tristesse de Jésus au jardin des Olives, nous avons résolu cette difficulté dans le § précédent. — 2) « La tristesse et l'abattement de Jésus-Christ a la pensée de sa mort prochaine semblent indignes de son caractère. » — L'héroïsme ne consiste pas à être insensible aux répugnances de la nature, mais à les dominer par la force de la volonté ; et cet héroïsme croît à mesure que ces répugnances, ces défaillances sont plus vives, plus intenses. — Voyez d'ailleurs ce que nous avons dit, dans l'exposition du texte, pour expliquer la tristesse de Jésus- Christ. 3) « L'apparition d'un ange est un mythe qu'un critique qui se respecte ne peut pas admettre comme une réalité historique. » — Nous avons longuement prouvé le contraire, § II au sujet de l'apparition de l'archange Raphaël à Zacharie( Voy.t. 1, 3 et suiv.). — 4) « La sueur de sang est un phénomène physiquement impos-

sible. » — Le contraire est affirmé par les médecins les plus célèbres (par exemple, Aristote, Téophraste, Marcel Donat, Wedel, Bartholin), lesquels (ainsi que de Thou, Maldonat, etc.), citent, dans leurs ouvrages, des exemples de ce phénomène, qui peut être causé, en particulier, par une crainte violente, l'audition d'une sentence de mort, etc. ( Voyez la dissertation de Dom Calmet, sur ce sujet.) — « Mais ces exemples sont rares. » — Nous ne croyons pas, non plus, que l'agonie de Jésus-Christ soit chose commune et ordinaire. — 5) « Comment les Apôtres ont-ils pu savoir, puisqu'il étaient endormis, toutes les circonstances qu'ils rapportent de l'agonie de Jésus-Christ, les paroles prononcées, l'apparition de l'ange,, la sueur de sang? » — Ils n'étaient pas toujours endormis., puisque Jésus-Christ les a réveillés plusieurs fois; ce n'était, en quelque sorte, qu'un demi-sommeil, une espèce d'accablement causé par la tristesse, et qui ne devait pas les empêcher d'entendre les discours du Sauveur, de voir l'apparition de l'ange, de découvrir, sur le visage de Jésus-Christ, lorsqu'il venait les trouver, les gouttes de sang qui découlaient. Nous devons croire, puisqu'ils rapportent ces circonstances, qu'ils ont eu quelque moyen de les connaître.

* ENSEIGNEMENTS PRATIQUES

M1. XXVI. v. 36. « Alors Jésus vint avec eux, en un lieu nommé Cfethsémani. » — Dans le jardin d'Eden, le jardin des délices, le péché et la mort ont fait leur entrée dans le monde : dans le jardin de Gethsémani, du pressoir, de l'affliction et de la souffrance, ont pris naissance la réconciliation et la vie.

« Et il dit à ses disciples : Demeurez ici, pendant que f irai là pour prier. » — C'est par la prière que l'on doit se préparer aux épreuves, aux souffrances : c'est dans la prière que l'on trouve le courage et la force pour les supporter. « Quelqu'un de vous est-il dans la tristesse? qu'il prie » fJac. v, 13). — Mais, la prière de Jésus-Clirist n'était pas simplement l'accomplissement d'un devoir religieux, c'était la prière du grand-prètre de la nouvelle alliance, se sacrifiant pour le salut du genre humain.

v. 37. «Et ayant pris avec lui Pierre et les deux fils de Zéhédée, etc. » — Pourquoi Jésus-Christ prend-il avec lui ces trois disciples? a) C'est pour trouver auprès d'eux quelque con-

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solation. V) C'est parce qu'il les aimait plus que les autres, c) Avant été témoins de sa gloire sur le Thabor, ils pouvaient supporter plus facilement, sans se scandaliser, la vue des souffrances et des humiliations du Fils de Dieu. — Prendre part aux souffrances de Jésus-Christ est une faveur réservée aux âmes privilégiées. Apportons à la prière la foi, la confiance et l'amour dont saint Pierre, saint Jacques et saint Jean nous offrent le sj'mbole.

v. 38. « Alors il leur dit : Mon âme est triste jusqu'à la mort. » — Si le péché nous apparaissait, comme à Jésus-Christ, dans toute sa laideur..., nous ne pourrions en supporter la vue, nous ne pourrions nous consoler de l'avoir commis ; nous dirions aussi : « Mon âme est triste jusqu'à la mort... » (Voyez Proj. hom.)

v. 39. « Et s'étant un peu avance', etc. » — Apprenons, à l'exemple de Jésus-Christ, à prier a) avec une humilité profonde, saisis d*un respect religieux en présence de la Majesté divine : « Il se prosterna la face contre terre, » b) avec une confiance toute filiale : « priant et disant : Mon Père; » c) avec une entière soumission à la volonté divine : « s'il est possible, que ce calice passe loin de moi. Cependant, que votre volonté se fasse, et non la mienne. »

v. 40. « Il dit à Pierre : Ainsi, vous n'avez pu veiller une heure avec moi. » — Les fidèles amis dans l'affliction sont bien rares. — On veillera tant que l'on voudra pour prendre part aux joies et aux divertissements du monde. On ne peut se iv, oudre à veiller avec Jésus-Christ dans la prière, ou auprès d'un cœur affligé. — « Veillez et prie:, afin que vous n'entriez point en tentation. » — C'est par la prière et la vigilance chrétienne que nous évitons les pièges du démon et que nous assurons notre persévérance.

v. 43. « Etant venu de nouveau, il les trouva encore endormis. » — Ce n'est pas auprès des hommes que nous trouverons la consolation dont nous avons besoin, et l'adoucissement de nos peines, mais auprès de Dieu seul.

v. 44. « Il les laissa, et s'en alla prier pour la troisième fois, disant les mêmes paroles. » — Celui qui prie ne doit jamais se décourager, mais persévérer avec instance et ferveur, tout en se soumettant à la volonté divine.

v. 45. « Voici que l'heure approche oit le Fils de V homme sera livré aux mains des pécheurs. Levez-vous, allons; celui qui doit me trahir est près d'ici. » — Nous pouvons prier Dieu d'éloigner de nous le danger, les peines et les épreuves : mais, quand le danger est là présent, quand l'affliction est arrivée..., allons au-duvuiii S&UI9 crainte, avec courage et confiance, per-

suadés que Dieu nous soutiendra, nous fera triompher, et fera tout tourner pour sa gloire et notre plus grand bien.

PROJETS HOMILÉTIQUES.

A. JÉSUS AU JARDIN DES OLIVES. — LEÇON QUE NOUS OFFRENT LES DIVERSES CIRCONSTANCES DU RÉCIT ÉVANGÉLIQUE.

Ces circonstances sont :

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