I. Jésus et Judas
Quel contraste, que celui de Jésus et de Judas, dans ce jardin do Gethsémani, ce sanctuaire de la prière, devenu le champ-cios de la trahison et de la perversité! — 1) Judas, le disciple, l'apôtre de Jésus- Christ, s'avance lui-même à la tête des archers qui doivent le prendre...; il s'avance, honteux, tourmenté, inquiet, tremblant... : « Antecedebat eos. » — Jésus aussi, s'avance, avec calme, avec une inébranlable fermeté, au devant des archers, au devant de la mort : « Jam itaqne, sciens omnia quœ ventura erant super eum, processif. » — 2) Judas vient vers Jésus, couvrant sa noirceur sous le masque de l'hypocrisie, choisissant, pour trahir son Maître, le signe sacre de l'amitié et de la tendresse, le fiel dans le cœur, et le miel sur les lèvres : « Dederat autem traditor ejus signum eis dicens : Qucmcumque osculatus fuero, ipse est, tenete cum. Et confestim, accedens ad Jesiun, dixit : Ave Rabbi, et osculatus est eum » — Jésus de son côté, se montre plein de franchise, de noblesse, car il n'a rien à cacher. — Combien cette noire hypocrisie dut-elle être sensible au cœur de Jésus ! Plus un cœur est noble, élevé, plus il a en horreur la fausseté, la bassesse, l'ingratitude, la trahison, l'hypocrisie! — Hélas! combien encore, de nos jours, de baisers de Judas, a) au pied des autels, dans le sacrement de l'amour; 6; dans la société civile! — 3) Judas a le cœur rempli de haine et de méchanceté..., il recommande aux archers de bien garder Jésus-Christ, de p >ur qu'il ne s'échappe ; il tient à gagner loyalement le prix de sa trahison. — Jésus n'a pour le misérable qui le trahit, qu'un cœur plein d'amour et de tendresse : a) avec quelle douceur il lui reproche son crime abominable ! Il essaie encore
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de l'arrêter sur le bord de l'abîme : a Amice... » Il l'appelle son ami t b) Avec quelle énergie il fait tomber le masque de l'hypocrisie! Crois-tu que je ne sache pas dans quel dessein tu viens ici? « Ad qmd venisti? » c) Malgré l'endurcissement sans remède de Judas, cette parole du Sauveur ne restera pas sans effet, et retentira, pendant toute l'éternité, à ses oreilles, comme un coup de tonnerre : il ne se convertira pas, mais il mourra en désespéré. Et pourtant, s'il s'était repenti, Jésus lui aurait pardonné... 0 tendresse ineffable de notre Sauveur! « 0 nomen, sub quo nemini desperandum! » (S. Aug.)