‹ L'évangile expliqué, défendu, médité (volume 2)Chapitre 208 sur 359 · III. Jésus et saint Pierre · texte numérisé non relu

III. Jésus et saint Pierre

4) Saint Pierre nous apparaît dans la fougue irréfléchie et l'inconstance de son caractère, a) Il est plein de dévouement et d'amour pour son Maître, et dès qu'il voit les Juifs porter sur lui leurs mains impies, il ne peut plus se contenir, et tire le glaive pour prendre sa défense : « Simon ergo Petrus, extendens manum, exemit gladiuni suum. » b) Cet attachement et cet amour pour son Maître, qui le rend prêt à braver pour lui tous les périls, est louable, sans doute, dans son principe; mais son zèle était inconsidéré, et non selon la prudence, car il n'est jamais permis de se détendre par la violence contre l'autorité, même lorsqu'elle agit injustement : « Mitte gladiuni in vaginam, omnes enim qui acceperint gladiuni, gladio penbunt. » c) Cette ardeur, d'ailleurs, n'élait qu un feu de paille, et devait bientôt s'éteinde. Peu après, nous le voyons prendre la fuite avec les autres Apôtres; puis enfin, renier son Maître : « Tune disripuli relinquentes euni, omnes fugerunt. » — Ne nous fions pas sur nos résolutions et nos dispositions présentes : « l'esprit est prompt, mais la chair est faible. »

2) Jésus se montre à nous, comme toujours, dans l'idéal parfait de toute perfection et de toute grandeur, a) Il repousse avjc résolution toute défense personnelle par la violence contre l'autorité mèm - injuste, et réprime un zèle louable, mais inutile et inconsidéré : « Sinite ■usque hùc... Mitte gladiuni tuuui in vaginam. » — L'Eglise de Jésus- Christ, à l'exemple de son Maître, n'a pas b soin de se défendre par l'épée : ses seules armes, et < lies sont assez puissantes, sont la prière et le martyre : « Non interficiendo, sèd moriendo. » 6) Il montre son obéissance absolue à la volonté de son Père, son ardent désir de boire le calice auquel est attaché notre salut : « Calicem queni dédit mihi Pater, non bibam iïlumf » — Avons-nous le mèm,' abandon à la volonté de. Dieu, le même attrait pour les souffrances ? c) Ce n'est pas sur les hommes, sur un bras de chair qu'il s'appuie, mais sur la puissance divine, qui ne lui fera jamais défaut; il n'a rien à craindre de ses ennemis qui ne peuvent rien contre lui, qu'autant qu'il le permettra : « An putas, quia non possum rogare Patrem meum, et exhibebit mihi modo plusquam duodeeim legiones angelorum? — Il avait prouvé, peu auparavant, qu'il n'avait pas besoin des anges : « Vox Domini sola plus tenet. » — Les méchants ne peuvent rien contre les disciples de Jésus-Christ, qu'autant que Dieu le permet. — Existence des anges... : protection que nous devons en attendre.., d) Quoi que fassent les impies, les persécuteurs de l'Eglise, il n'arrivera jamais que ce que Dieu a décrète dans les conseils de sa sagesse infinie : « Quomodo ergo implebuntur Scripturœ, quia sic oporteï fieril » e) Il rend le bien pour le mal, et termine sa carrière comme il l'a comm ncée, en se montrant le bienfaiteur de l'humanité souffrante : « Cùm tetigisset auriculam ejus, sanavit eum. »

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