‹ L'évangile expliqué, défendu, médité (volume 2)Chapitre 22 sur 359 · A. ÀNATHÈMES CONTRE LES PHARISIENS ET LES DOCTEURS DE LA LOI · texte numérisé non relu

A. ÀNATHÈMES CONTRE LES PHARISIENS ET LES DOCTEURS DE LA LOI

Les censeurs devaient être censurés à leur tour. Jésus ne se contente pas de repousser leurs vaines attaques, de confondre leurs vaines subtilités ; il leur déclare à son tour une guerre sans miséricorde, car le temps de la justice est arrivé. Avant de quitter la terre il veut arracher à ces imposteurs le masque qui les couvre, étaler devant le peuple toutes leurs misères, toute leur corruption; car, s'il ne peut les convertir, il faut, du moins., s'il est possible, qu'il préserve les autres de leurs séductions. Il nous apprend, par son exemple, qu'il est des instants où la charité, la douceur la plus inaltérable, doivent céder devant le zèle de la gloire de Dieu, le devoir du ministère, où, même au péril de sa vie, on ne doit pas craindre de proclamer la vérité et de démasquer les hypocrites.

Jésus commence par reprocher aux Pharisiens : 1° Leur hypocrisie : Ils disent aux autres ce qu'il faut faire, et ils ne le font pas eux-mêmes. — « Alors Jésus, voyant tout le peuple attentif] dit à la foule » qui l'entourait « et à ses disciples : Les Docteurs de la loi et les Pharisiens sont assis sur la chaire de Moïse; » malgré leur indignité personnelle, malgré leurs traditions humaines et leur fausse casuistique, ils n'en sont pas moins les interprètes publics et avoués de la loi de Moïse et des saintes Ecritures, dans les synagogues et

M1. XXIII. 1. Tune Jésus locutus est ad turbas, et ad discipulos suos, — 2. Dicens : Super cathedram Moysi sederunt Scribae et Phanscfci,

Iff'.XXHI. 1-39. — .§ (JVI. ANATHÈMES CONTRE LES PHAÏl. 23

dans les écoles : « faites donc ce qu'ils vous disent, » observez la loi mosaïque qu'ils vous enseignent, bien qru'ils la surchargent d'une foule de prescriptions minutieuses et inutiles; ces prescriptions peuvent être onéreuses, peuvent rendre le joug de la loi de Dieu intolérable ; après tout, on peut les observer sans péché: mais si vous faites ce qu'ils vous disent, « ne faites pas ce qu'ils font, » ne vous laissez pas guider ni séduire par es mauvais exemples qu'ils vous donnent, car ce sont des hypocrites, et, « ce qu'ils diseur, •» ce qu'ils prescrivent aux autres, « ils ne le font pas » eux-mêmes. « Ils chargent les épaules des autres de fardeaux pesante . possibles à porter, et qu'euw-mêmes ne veulent pas rem uer du doigt : » par cette multitude de pratiques minutieuses, stériles, dénuées de tout esprit intérieur, ne servant qu'à nourrir l'orgueil, qu'ils ajoutent à la loi divine, ils la rendent odieuse et impraticable pour les autres, tandis qu'eux-même ne voudraient pas se faire la moindre violence pour pratiquer les préceptes les plus importants de la morale.

2° Leur orgueil et leur vanité. — S'ils se décident à pratiquer les œuvres de la loi, ce n'est point pour plaire à Dieu qu'ils le font, c'est pour être estimés des hommes, pour se faire parmi le peuple une réputation de piété et de sainteté. « Ils font toutes leurs œuvres pour être vus des hommes » et s'attirer leurs louanges, pour s'enfler eux-mêmes et se complaire dans leur prétendue sainteté, « étalant de /dus larges phylactères et des frange* plus longues que les autres. » — Prenant à la lettre ces paroles du Deutéronouic, vi, 1-8, « ces commandement * que je vous donne aujourd'hui : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, etc., seront attachés à votre main et placés entre vos yeux; » et ces autres : « Vous porterez des cordelettes, en guise de franges, aux quatre coin- de

3. Omnia ergo quaecumque dixerint vobîs, servate et facite : secundùm opéra verb eorum nolite facere; dicunt enim, et non faciunt. — i. Alligant enim onera gravia et importabilia, et imponunt in numéros hominum : digito autem SUO nolnnt ea niovere. — 5. Omnia verb opéra sua faciunt, ut videantur ab hominitms : dilatant enim phylacteria sua et magnificant fimbrias.

votre manteau » (Dent., xxii, 12), les Pharisiens, afin d'attirer les regards, affectaient de porter, en guise de bandeau, sur le front, ou comme des amulettes attachées à leurs bras, des membranes de parchemin, sur lesquelles étaient écrits ces préceptes de la loi, et qui étaient renfermées dans une petite boîte de peau noire, de la forme d'un petit quarré, et attachées au moyen de deux courroies. Ils cousaient, dans le même but, à leurs manteaux, d'énormes franges de couleur hyacinthe.

Mais, ce ne sont pas là les seules marques de leur sotte vanité. « Ils aiment, » poursuit le Sauveur, « à être salués dans les places publiques, à occuper les premières places dans les festins, les premiers sièges dans les synagogues. Ils aiment qu'on leur donne le titre de RàbU, » de Maître, et leur orgueil se repaît de toutes ces futiles distinctions.

3° Application à ses disciples. — Fixant alors les yeux sur les disciples qui l'entouraient : « Pour tous, » leur dit-il, méprisez cette vaine soif de distinction ; « ne cherchez point a vous faire appeler maîtres et docteurs, car vous n'avez qu'un maître, » qui est Dieu, à qui vous devez rapporter la gloire de tout ce que vous savez et enseignez, « et vous êtes tous frères, » et, par conséquent, égaux devant Dieu. « Ne cherchez point à vous faire appeler mon Père, » titre que les disciples donnent à leur maître, « car, un seul est votre père, celui qui est dans les deux. Ne vous faites pas » non plus « appeler docteurs, car vous n'avez qu'un docteur, qui est le Christ, » et vous ne faites que répéter aux autres ce qu'il vous a ensei gné le premier. Si la civilité, l'usage, la bienséance, ont recours à ces appellations honorifiques, ne cherchez pas, du moins, à en repaître votre vanité, votre orgueil, à vous en glorifier devant les hommes, mais rapportez

6. Amant autem primos recubitus in csenis, et primas cathedras in svnagogis, — 7. et salutationes in foro, et vocari ah hominibus Rabbi. — 8. Vos autem nolite vocari Rabbi : unus est enim Magistcr vester ; omnes autem vos fratres estis. — 9. Et patrem nolite vocaro vobis super terram : unus est enim Pater vester, qui in cœlis est. — 4 Q. Nec vocemini magistri : quia magister vester unus est, Christus. —

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à Dieu tout honneur et toute gloire. « Le plus grand, parmi vous, sera votre serviteur, » se croira établi pour servir les autres : « car, quiconque s'élève, sera abaissé, et quiconque s'abaisse, sera élevé? » Dieu se plaîl à élever les humbles, et à confondre les orgueilleux.

4° Les huit anathèmes. — Jésus prononce ensuite huit anathèmes contre les Pharisiens endurcis et hypocrites, comme, au commencement du sermon sur la montagne, il avait prononcé huit bénédictions ou béatitudes, sur les cœurs humbles et dociles à sa voix. Il maudit, a) leur endurcissement volontaire, cause non-seulement de leur damnation, mais encore de celle des autres Juifs qu'ils séduisent par leur mauvaise doctrine et leurs mauvais exemples « Malheur a vous, Pharisiens hypocrites, qui fermez aux hommes le royaume des deux! » Vous qui, par votre vocation, devriez l'ouvrir aux autres, non-seulement, a vous n'y entrez pas vous-mêmes , » en repoussant opiniâtrement celui qui seul peut vous y introduire, mais de plus « vous n'y laissez pas entrer les autres, » en les empêchant de croire en moi, en leur rendant la loi insupportable et impraticable.

Jésus maudit b) leur honteuse cupidité, se cachant sous le voile de la religion : « Malheur a vous, Scribes et Pharisiens hypocrites, qui dévorez les maisons des veuves, » trompées par votre piété simulée, qui dissipez dans vos splendides festins les sommes que vous leur extorquez, « en leur vendant chèrement vos longues prières, » et abusez ainsi indignement des choses saintes pour satisfaire votre avarice : « vous recevrez pour cela un jugement » une condamnation« doublement sévère, » et pour votre avarice et pour voire hypocrisie.

Il maudit c) leur faux prosélytisme, qui n'aboutit

44. Qui major est vestrûm, crit ministcr vester. — 42. Qui autem se exaltaverit, humiliabHur, et qui se humiliaverit, exaltabitur. — 43. Vie autem vobis, Scribae et Pnarisaei hypocritae : quia clauditis regnum cœlorum ante hommes : vosenim non intratis, née introeuntcs sinitis intrare. — 44. Vœ vobis, Scribae et Pharisaei hypocritae : quia comeditis domos viduarum, orationcs longas orantes : propter hoc amplius accipietis judicium.

Dehaut. L'Evang. — T. IV. 3

26 L'EVANGILE BXPLÎQUÉj DÉFENDU, MEDITE.

qu'à rendre les hommes pires qu'ils sont eux-mêmes : « Malheur a roux, Scribes et Pharisiens hypocrites, qui courez les mers et la terre pour faire un 'prosélyte, » pour convertir un païen au judaïsme, « et qui, quand il Y est deve ua. en faites deux fois plus que vous un fils de l'enfer » à cause des excès horribles où le portent les mauvais exemples de votre vie, et les maximes pernicieuses de vos doctrines; car les vices s'imitent plus facilement que les vertus, et, dans la voie du mal, les disciples ont bientôt surpassé leur maitres.

Il maudit d) leur maucaise casuistique, leurs fausses interprétations de la loi de Dieu. « Malheur à vous, guides aveugles, » qui corrompez la loi de Dieu par vos interprétations mensongères, et la faites servir à votre avarice, « qui » ne craignez pas de « dire : Quiconque jure par le temple, ce n'est rien, » et on peut violer ce serment en sûreté de conscience, sous prétexte que la où le nom de Dieu n'est pas explicitement, ou du moins implicitement invoqué, il n'y a pas de serment véritable, ni l'obligation rigoureuse de tenir sa promesse; « mais quiconque jure par l'or du temple, » attendu que cet or, consacré à Dieu, n'existe que pour lui, ne peut être employé à aucun usage profane, etc., « il est lié par son serment, » et obligé d'accomplir son vœu. « Insensés et aveugles! que doit-on estimer le plus, For, ou le temple qui sanctifie l'or? » et comment pouvez-vous préférer l'argent au temple de Dieu? Malheur à vous, « qui dites encore : Quiconque jure par 1 autel, ce n'est rien: » car l'autel, les bois, les pierres qui le composent, ce n'est pas Dieu; « mais quiconque jure par l'offrande déposée sur l'autel , doit ce qu'il a juré, » mettant ainsi bien plus de prix aux dons qui vous sont faits qu'à l'honneur et à la gloire de Dieu! « Àveu-

15. Vae vobis, Scribse et Pharisœi hypocritae : quia circuitis mare et aridam. ut faciatis unura proselytum; et cùm fuerit factus, facitis eum filium gehennge cluplo quàm vos. — 4 6. Yee vobis, duces ceeci, qui dicilis : Quiçumque juraverit per temphim, niliil est; qui autem juraverit in auro templi, débet. — M. Stulti et cœci : Quid enim majus est, aurum, an tèmplum quod L-anctiûcat aurum ? — 48. Et quicumque juraverit in altari, ninil est : quicumque autem juraverit in dono, quod est super illud, débet.

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(/les que vous êtes, lequel doit-on plus estimer, V offrande ou l'autel qui sanctifie l'offrande? Celui donc qui jure par V autel jure par lui, et par tout ce qui est dessus. Et quiconque jure par le temple jure par lui, et par celui dont il est la demeure. Et celui qui jure par le ciel, jure par le trône de Dieu, et par celui qui y est assis (a). » Toutes ces vaines et subtiles distinctions ne servent qu'à vous former une fausse conscience, à duper les hommes simples et sans défiance, à consacrer et autoriser le parjure (Voy. § LXII.)

Jésus maudit e) Y importance qu'ils attachent à des pratiques minutieuses, tandis qu'il violent les préceptes les plus importants. « Malheur à ïov.s, S'cribes et Pharisiens hypocrites, qui payez » scrupuleusement « la Mme » des moindres herbes de vos jardins, telles que «la 'menthe, Taneth, le cumin, » bien que vous n'y soyez pas rigoureusement obligés^ « mais qui ne tenez aucun compte des points les plus graves de la, loi, la justice, la miséricorde et la foi. Ce sont là les choses qu'il fallait » par dessus tout et en premier lieu « pratiquer, sans néanmoins omettre les autres. » — « Guides aveugles, qui 'passez cm filtre » le vin que vous buvez, de peur d'avaler « un moucheron, » et de contracter par là quelque souillure, « et qui a raie; un chameau ; » qui vous assujettissez scrupuleusement aux pratiques les plus minutieuses, et qui avez la conscience énormément large, à l'égard des prévarications les plus graves. « Malheur à vous, (qui nettoyez » scrupuleusement « les

19. Cœci : quid enim majus est, donum, an altare quod sanctificat donum? — 20. Qui ergp jurât in altari, jurât in eo et in omnibus quee super illud sunt ; — %\. Et quicumque juravit in templo, jurât in illo, et in eo qui habitat in ipso; — 22. Et qui jurât in cœlo. jurât in throno Dci et in eo qui sedët super eum — 23. Vae vobis, Scriba3 et Phariseei hypocritse : quia deeimatis mentham, et anethum, et cyminum, et reliquistis quee graviora sunt legis, judii'ium, et miserieordiam, et (idem. IIa?c opertuit faecre, et illa non omitterc. — 24. Duces cœci, excolantes culicem, camelum autem glutientes.

(a) Schebuoth, fol. 34. « Quia prêter Deum, cœli et terrœ creatorem, e.vslat etiam ipsum cœlum ac teltus, indubium esse débet, quod is qui pet coclum jurât, mit per terrain, non jurct per eum, qui hœc ereavit, sed per ipsas lias res crealas. » — Ovid. « Jurât judwus per sceptrum, sceptrum non putat este deos. »

dehors de la coupe » où vous buvez, « et du plat » où vous rnangez, qui observez strictement toutes les ablutions légales, « mais qui, au dedans, êtes pleins de souillures et de rapines. Pharisiens aveugles, purifiez d'abord le dedans de la coupe et du plat, afin que le dehors soit pur. » A quoi vous serviront toutes vos purifications légales, qui ne sont que le symbole de la pureté intérieure, si votre âme est souillée et impure? (Voy. § LXII). Encore une fois, « malheur à vous, Scribes et Pharisiens, car vous ressemblez à des sépulcres blanchis (b) qui, au dehors, plaisent aux yeux des hommes, mais, au dedans, sont pleins d'ossements de mort et de toute sorte de pourriture. Ainsi, au dehors, vous semblez justes aux yeux des hommes, » qui ne voient que l'extérieur; « mais, au dedans, » aux yeux de Dieu, qui voit tout, « vous êtes pleins d'hypocrisie et d'iniquité. »

Jésus maudit/'/' leur haine et leurs persécutions contre les prophètes et les envoyés de Dieu. « Malheur a vous, comédiens, qui bâtissez, » non par piété, mais par ostentation. « des tombeaux aux prophètes, et qui ornez les monuments » érigés à la mémoire « des justes, en disant : Si nous eussions vécu aux jours de nos pères, nous n'aurions point versé avec eux le sang des prophètes. » — Hypocrites, « vous témoignez vous-mêmes. » en les appelant vos pères, « que vous êtes bien les » clignes « fils de ceux qui ont tué les prophètes; » en même

25. Vee vobis, Scribae et Pharisaei hypocritae : quia mundatis quod de foris est calicis et paropsidis : intus autem pleni estis rapinà et immunditiâ. — 26. Pharisaco caece, munda prius quod intùs est calicis et paropsidis, ut fiât id, quod deforis est, mundum. — 27. Vae vobis, Scribae et Pharisaei hypocritae : quia similes estis sepulcris dealbatis, quae a foris parent hominibus speciosa, intùs vero plena sunt ossibus mortuorum, et omni spurcitiâ; — 28. Sic et vos a foris quidem paretis hominibus justi ; intùs autem pleni estis hypocrisi et iniquitate. — 29. Vae vobis, Scribae et Pharisaei hypocritae : qui aedificatis sepulcra prophetarum, et ornatis monumehta justorum. — 30. Et dicitis : Si fuissemus in diebus patrum nostrorum, non essemus socii eorum in sanguine prophetarum. — 31 . Itaque testimonio estis vobismetipsis, quia fdii estis eorum qui prophetas occiderunt.

(b) Les Juifs, dans la crainte qu'on ne se souillât en touchant un tombeau, les blanchissaient au dehors, afin qu'on les distinguât.

temps que leur sang coule dans vos veines, votre âme est bien faite à leur image, et vous n'êtes pas moins persécuteurs acharnés des envoyés de Dieu qu'ils le furent eux-mêmes autrefois, « Achevez donc de combler la mesure de vos pères, » en portant vos mains impies et altérées de sang, non seulement sur les prophètes inspirés et envoyés de Dieu, mais sur le Fils unique de Dieu luimême, sur celui qui vous parle en ce moment, dont je sais que vous conjurez maintenant la mort. « Serpents, races de vipère, comment échappe rez-vous au jugement de la géhenne, » de la vallée de feu, à la damnation éternelle qui vous attend? « Voilà que » moi qui suis le Messie, le Fils unique de Dieu, « je vous envoie des prophètes, des sages et des docteurs. » des apôtres, chargés de vous annoncer la bonne nouvelle du salut, et, marchant sur les traces de vos pères, au lieu d'écouter leur parole, de vous convertir et de recevoir les grâces qui vous sont offertes, « vous tuerez et crucifierez les uns, vous flagellerez les autres dans vos synagogues, vous les poursuivrez de ville en ville, afin que sur vous retombe tout le sang innocent qui a été répandu sur la terre, depuis le sang d'Abel le juste,jusq%Cau sang deZacharie, fils de Barachias (c), que vous avez tué entre le temple et V autel, » que le roi Jonas fit lapider dans le parvis du temple (Vog. n. Parai., xxi, 20). « Je vous le dis, en vérité, tout cela va retomber sur la génération actuelle; » elle a comble la mesure arrêtée par la justice divine, et elle portera le fardeau et de ses propres crimes et de ceux de ses pères (d).

32. Et vos impiété mensuram patrum vestrorum. — 33. Serpentes, genimina viperarum, quomodo fugietis a judicio gehennse? — 34. Ideo ecce ego mitto ad vos prophetas, et sapientes, et scribas, et ex illis occidetis, et crucifigetis, et ex eis flagellabitis in synagogis vestris, et persequemini de civitate in civitatem : — 35. Ct veniat super vos omnis sanguis justus qui eflusus est super terrain, à sanguine Abel justi usque ad sanguinem Zachariee, filii Barachiœ, quem occidistis inter templum et altare. — 36. Amen dico vobis, venient haec omnia super genorationem istam.

(c) Autrement nommé Joïda ou Joad (il n'était pas extraordinaire chez les Juifs de porter deux noms).

(d) « Ratione wiitatis istius, quâ un us est populus, et in quo posteri sunt aliquid mujorum et majores aliquid posterorum, fit ut facto majonun filit* impu-

« Jérusalem, Jérusalem, » ville sainte, ville autrefois privilégiée et chérie de Dieu, « toi qui, » en retour de tant de miséricorde et d'amour, « tues les prophètes et lapides ceux qui sont envoyés vers toi, que de fois n'ai-je pas voulu, » avec une tendresse ineffable « ramener tes enfants » vers Dieu et vers le salut, « comme la poule » inquiète « rassemble ses petits sous ses ailes, » afin de les dérober au danger qui les menace ? « et toi, » dans ton endurcissement obstiné, « tu ne l'as pas voulu! » Tops les efforts de mon amour ont été inutiles ; tu as opiniâtrement repoussé toutes mes avances, tu m'as repoussé moi-même, et tu es prête à crucifier ton Sauveur et ton Dieu. Rien ne peut plus, maintenant, arrêter la malédiction divine qui va tomber sur toi. 0 habitants aveugles et endurcis de cette ville malheureuse, « voilà que s'approche le temps où votre demeure sera déserte, » où votre ville toute entière, ravagée par le fer et le feu, ne présentera plus qu'un amas de ruines et de décombres. « Car je vous le dis en vérité, vous ne me verrez plus désormais, » moi, par qui seul vous pouvez être sauvés; je serai pour vous un étranger, je ne serai plus là pour vous défendre, pour vous protéger, pour vous éclairer et vous conduire au saint. « jusqu'à ce que, » à la fin des temps, vous me reconnaissiez enfin pour le Messie rédempteur prédit par les prophètes, « et que cous disiez » à votre tour : « Béni soit celui qui vient au nom du /Seigneur. » — Ces paroles de Jésus -Christ renferment donc à la fois

37. Jérusalem, Jérusalem, quae occidis prophetas, et lapidas eos qui ad te missi surit, quoties volai congregare filios tuos, quemadmodum gallina congregat pullos suos sub alas, et noluisti! — 38. Ecce relinquetur vobis domus vestra dc-serta. — 39. Dico enim vobis, non me vidobitis amodo, donec dicatis : BënediCtus qui venit in nomine Domini.

tentur . imo in Mis non solùm à Dèo, sed et ab hominibus compensentur, sivè in bonum, sivè inmalum. El hinc est quod Amalecilœ exciduntnr propter facta parentum à quadringenlis annis perpetrata... hoc autem non semper, sed {une fieri solet, quando fUii peccala majorum imitanlur, et itâ comptent mensuram ab illis inchoatam : tune enim excidium à perversâ natione promeritum in illam quidem cadit, sed in posteris illius nationis exercetur. »Jansen (Vid. Aug., cont. Adim. 7).

la prédiction de la ruine de Jérusalem, de la réprobation des Juifs et de leur conversion future à la fin des temps.

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