‹ L'évangile expliqué, défendu, médité (volume 2)Chapitre 250 sur 359 · L. XXIII. 5-12. — § CXXI. JÉSUS ENVOYÉ A HERODE · texte numérisé non relu

L. XXIII. 5-12. — § CXXI. JÉSUS ENVOYÉ A HERODE

Jésus devant Hérode? C'est, de sa part, pousser bien loin la générosité et l'abnégation. » — Réponse. Pilate avait des torts à se reprocher envers le tétrarque de Galilée, dont il avait fait brutalement massacrer les sujets à la porte du temple; on conçoit qu'il fût bien aise de saisir cette occasion de se rapprocher de ce petit prince. Son motif principal, d'ailleurs, était de se débarrasser, à tout prix, d'une affaire désagréable. — « 6) Il est difficile de se représenter Hérode marchant à Jérusalem entouré de ses soldats. » Réponse. Pourquoi Hérode n'aurait-il pas avec lui une escorte militaire et ses gardes d'honneur? — On peut voir maintenant, à quoi se réduit ce tissu d'invraissemblances reproché à saint Luc.

ENSEIGNEMENTS PRATIQUES

v. 7. « Dès qu'il sut que Jésus était de la juridiction d' Hérode, il le renvoya devant ce prince, qui était alors à Jérusalem. » — C'est une lâcheté criminelle et inexcusable que de vouloir se décharger sur autrui du devoir sacré de défendre l'innocence et de rendre la justice.

v. 9 . « Il V interrogea avec un grand /lux de paroles; mais Jésus ne lui répondit rien. » — Hérode, prince incestueux et meurtrier de Jean-Baptiste, prince léger et inconsidéré, qui voulait faire de Jésus-Christ un passe-temps, ne méritait pas une réponse. — Il n'était pas d'ailleurs de la dignité de Jésus de répondre à des questions frivoles et inspirées par la seule curiosité. Ce n'est que l'amour sincère de la vérité qui nous rend digne de la connaître. La religion n'est pas un système philososophique destiné à servir de pâture à la curiosité humaine, ni de matière aux disputes des écoles ; mais une loi qui s'impose à la volonté de l'homme, et qui doit influer sur sa vie toute entière. Ce ne sont pas des philosophes, ni des savants, enflés de leur vaine science, que Jésus-Christ veut former, mais des saints.

v. 11. « Hérode et sa Cour le traitèrent arec mépris. Il le fit revêtir par dérision d'une robe blanche et le renvoya à Pilate. » — Combien de fois, dans le monde, la vertu, la piété ne serventelles pas de but aux railleries, aux moqueries, aux sarcasmes des mondains? C'est alors qu'il convient de garder un silence calme et digne, à l'exemple de Jésus-Christ, et de nous glorifier de partager ses humiliations. — La suprême sagesse est une folie aux yeux des mondains. « Vitam illorwn œstimabamus insaniam. » — Ils comprendront trop tard que la folie était de

leur côté. — La raillerie et la moquerie sont encore les armes préférées des ennemis de la religion, dans l'impuissance où ils sont d'opposer aucune raison sérieuse. — Voilà comme le monde traite la vérité éternelle.

v, 12. « A partir de ce jour, ils devinrent amis, d'ennemis qu'ils étaient auparavant. » — Les impies, les hérétiques, divisés entre eux, s'unissent pour opprimer, calomnier, persécuter l'église de Jésus-Christ. « Principes convenerunt in unwn, adversùs Christum...at vero qui habitat in cœlis, irrïdébit eos. »

— Amitié des mondains, amitié incertaine, éphémère, intéressée, versatile, capricieuse, sur laquelle on ne peut compter.

— Il n'y a d'amitié solide et véritable que celle qui est fondée sur la vertu.

PROJETS HOMILÉTIQUES.

a. le monde frivole et incrédule confondu dans la personne

d'hérode.

I. Hérode veut satisfaire une vaine curiosité; il est trompé dans son

attente.

1) Depuis longtemps, Hérode désirait voir Jésus-Christ, non pour s'éclairer, mais pour contenter sa curiosité et se procurer un passetemps qui pût l'amuser et le distraire : « « Erat cupiens ex multo tempore videre eum, eo quod audierat midta de eo, et sperabai signurii aliquod videre ab eo fieri. » — 2) Mais il fut trompé dans son attente, car Jésus ne fit rien devant lui; il ne voulut pas transformer les choses saintes en un spectacle d'amusement et de vaine curiosité.

II. Il voulut être juge de Jésus-Christ ; Jésus le jugera lui-même.

'I) Déjà prévenu contre Jésus-Christ, maintenant blessé de ce qu'il ne tenait aucun compte de ses désirs, il veut faire le juge, et questionne Jésus-Christ : « Interrogat eum cum multis sermonibus. » — 2) Mais Jésus dédaigne de lui répondre, et ce silence accusateur du juste opprimé dut pénétrer profondément dans l'âme de ce prince frivole et corrompu, déjà chargé du meurtre de Jean-Baptiste : « Ai ipse nihil illi respondebal. »

III. Il veut faire de Jésus-Christ un objet de dérision et de moquerie.

il se déshonore lui-même.

1) Hérode livre Jésus-Christ à la dérision de ses courtisans, et le fait revêtir d'une robe blanche comme d'un symbole ironique d'innocence et de stupidité : « Sprevit illum Herodes, cum exercitu suo, et illusit indutum veste albâ. » — 2) Cette robe blanche est en réalité le symbole de l'innocence du Crucifié, et de l'impiété de son juge.

L. XXIII. 5-12. — § CXXI. JÉSUS ENVOYÉ A HERODE. 319 B. SIMPLES INDICATIONS IIOMÎLÉTIQUES; — PENSÉES DÉTACHÉES.

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