I. Mystère de puissance
Qu'un Dieu fasse des prodiges dans l'univers, il n'y a rien, en cela, de surprenant ; mais, ce qui doit nous saisir d'étonnement, c'est de voir un Dieu souffrir et mourir. Cette mort, néanmoins, loin d'ébranler notre foi, doit la confirmer; car, si Jésus-Christ est mort, il est mort en Dieu.
1) II meurt, après avoir prédit sa mort : « Tradetur gentibus, et illudetur, et flagellabitur, et conspuetur : et postquam flagellaverint, occident eum. » (Luc, xvm, 32, 33.) — Est-ce une histoire qu'on lit, ou une prophétie qu'on entend? — 2) Il meurt en opérant des prodiges, en ébranlant le ciel et la terre : « Et tenebrœ factœ surit in uni-
versam terram Et ecce vélum templi scissum est... et terra mota
est, etpetrœ scissœ sunt. » — 3) Sa douceur, sa tranquillité, sa patience, le pardon qu'il accorde à ses ennemis, sont un plus grand miracle que s'il avait répondu au déli de ses ennemis, en descendant de la croix : « Si rex Israël est, descendat nunc de cruce, et credimus ei. » — 4) Sa mort elle-même est le plus grand des miracles. Elle n'est pas occasionnée par la défaillance de la nature, mais il meurt en poussant un grand cri, pour montrer qu'il meurt, parce qu'il le veut et quand il le
veut : « Et damans voce magna ; expiramt. » — 5) L'infamie de la
croix est devenue un titre d'honneur : « In nomine Jesu omne genu flccliiur, cœlestium, terrestrium, et infernorum. » — La croix brille sur la couronne des rois : elle a vaincu l'idolâtrie et sauvé le monde.