‹ L'évangile expliqué, défendu, médité (volume 2)Chapitre 8 sur 359 · C. Le plus grand des commandements · texte numérisé non relu

C. Le plus grand des commandements

v. 35, 36. « L'un d'eux, docteur de la loi, lui demanda pour le tenter : Maître, quel est le plus grand commandement de la loi? » — Un cœur simple et droit ne chicane pas sur le plus ou moins d'importance d'un. précepte : tous les commandements de Dieu sont saints pour lui. Il lui suffit qu'il sache qu'une action déplaît à Dieu, pour qu'il évite à tout prix de la faire.

v. 37. « Jésus lui dit ■• Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. C'est là le plus grand et le premier commandement. » — Le précepte de l'amour de Dieu est, 1) le premier des commandements. — a) C'est le plus ancien : il a commencé avec la création du premier homme, b) Il renferme tous les autres commandements, comme l'arbre tout entier est renfermé dans le germe, dans la racine. Celui qui aime Dieu fait nécessairement sa volonté. Toutes les vertus sont les fleurs de l'amour divin, c) Il est pour la vie spirituelle, ce que la sève est pour la vie végétale, ce que le sang est pour la vie animale. On ne peut observer aucun commandement sans observer celui-là.

C'est, 2) le plus grand des commandements. — a) Par sa dignité'. Il nous élève jusqu'à Dieu, jusqu'à la possession du souverain Bien. « Dieu est amour; et quiconque demeure dans l'amour demeure en Dieu, et Dieu en lui » (i, Jo., iv, 16). b) Par sa nécessité. Ce précepte oblige pour tous les temps, pour tous les lieux, pour toutes les circonstances; c) par sa durée. La foi doit faire place à la claire vue, Y espérance à la jouissance..., la charité ne cessera jamais... C'est une dette toujours acquittée, jamais soldée; d) par son objet, qui est Dieu même, l'Etre infini, le souverain Bien. La raison d'aimer Dieu, c'est Dieu lui-même,

Mais en quoi consiste le précepte d'aimer Dieu? — Pesons-en tous les mots, a) « Diliges, tu aimeras. » Dieu est amour, et il demande l'amour. Est-il donc nécessaire que Dieu nous commande de l'aimer? ne nous suffit-il pas qu'il veuille bien le permettre?— Aimer la bonté, la beauté par essence..., voilà, il faut l'avouer, un commandement bien doux et bien facile. Tu aimeras, b) « Dominum, le Seigneur; » le Maître du ciel et de la terre, ton Créateur, ton Père, ton Rédempteur, ton Rémunérateur; c) « Deum, Dieu, » l'Etre infini, celui qui seul peut combler tes désirs, étancher la soif insatiable de bonheur qui te dévore ; d) « Deum tuum, ton Dieu, » un Dieu qui s'est donné à toi, qui s'est sacrifié pour toi, la fin dernière vers laquelle tu dois nécessairement tendre, et pour laquelle seule tu as été créé.

Et comment dois-tu l'aimer? e) « Ex toto corde tuo, de tout ton cœur, » c'est-à-dire, en lui consacrant tout ton amour, en le préférant à toutes choses, en l'aimant sans partage ; f) « Ex totâ anima tua, de toute ton âme, » c'est-à-dire, n'ayant d'autre désir et d'autre but que de lui plaire et de procurer sa gloire, ne connaissant d'autre joie que de faire sa volonté, d'autre douleur que de le voir offensé ; g) « Ex totâ mente tua, de tout ton esprit, » c'est-à-dire, l'ayant toujours présent dans ta mémoire, et lui consacrant toutes tes pensées ; t'appliquant à croître sans cesse dans sa connaissance et dans son amour; h) « Ex totâ tirtute tuâ, de toutes tes forces, » c'est-à-dire, lui dévouant toutes tes actions, toutes tes facultés, ta vie toute entière.

v. 39. « Le second est semblable à celui-là ■ Tu aimeras ton woehain comme toi-même. » — 1) Sans l'amour du prochain, point de véritable amour de Dieu. — a) Celui-là n'aime pas Dieu, qui ne fait pas ce que Dieu lui a commandé ; or, Dieu nous a commandé l'amour du prochain, b) Celui-là n'aime pas Dieu, qui n'aime pas ce que Dieu aime. Qui aime le père, aime les enfants ; qui aime Dieu, aime l'image de Dieu. — 2) Sans l'amour de Dieu, point de véritable amour du prochain. Sans l'amour de Dieu, l'amour du prochain a) n'est pas méritoire : il manque ce qui fait le mérite de toutes nos oeuvres, l'intention de plaire à Dieu ; b) n'est pas universel : on n'aime que ceux qui nous aiment..., ou qui nous sont utiles... ; c) n'est pas sincère : la bienfaisance, l'humanité des philantropes n'est que sur leurs lèvres.. ; il y a grand étalage de paroles, et peu d'effet ; d) n'est pas actif. L'amour ne reste pas oisif : « Celui qui possède les richesses de ce monde et qui, voyant son frère dans la détresse, lui ferme son cœur et ses entrailles, comment aurait-il en soi l'amour de Dieu ! Mes petits enfants, n'aimons ni de parole, ni de langue, mais par les œuvres et en vérité. » (i, Jo., m, 17, 18). e) N'est pas persévérant. Sans le feu de l'amour de Dieu, l'amour du prochain ne tai'de pas à s'attiédir et à s'éteindre.

Divinité de Jésus-Christ.

v. 41. « Les Pharisiens étant rassemblés, Jésus leur fit eette question : Que voies semble du Christ? De qui est-il le fils1? » — Après le premier des préceptes, le premier des dogmes. — Le nrystôre de la divinité de Jésus-Christ, a) révélé par David b) caché aux Pharisiens, c) confirmé par Jésus-Christ, d) clairement révélé pour nous.

C'est par la connaissance de Jésus-Christ et de sa divinité que nous parvenons à l'amour de Dieu. C'est en Jésus-Christ s'incarnant et mourant pour nous sur la croix, que l'amour de Dieu pour l'homme s'est manifesté dans tout son éclat. — Avant

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