‹ L'évangile expliqué, défendu, médité (volume 2)Chapitre 90 sur 359 · C. INCRÉDULITÉ DES JUIFS ENVERS JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

C. INCRÉDULITÉ DES JUIFS ENVERS JÉSUS-CHRIST

(Jo. xii, 37-50).

A l'occasion du discours qui précède,, l'Evangéliste remarque que « malgré les prodiges innombrables que Jésus avait opérés aux yeux des Juifs, la plupart ne croyaient pas en lui. » Il voit en cela « V accomplissement des paroles d'Isaïe, le prophète, lorsqu'il dit : Seigneur, qui a cru à ce qu'il a entendît de votre douche? et à qui le bras du /Seigneur a-t-ïl été recelé? » (Isa. lui, 1). Qui a ouvert les yeux pour reconnaître, dans celui que vous avez envoyé, une sagesse et une puissance toute divine? « Et lorsqu'il dit encore ailleurs : (vi, 9). Il a aveuglé leurs yeux, et il a endurci leur cœur, de sorte que leurs yeux ne voient point, que leur cœur ne comprend pas, et qu'en cet état, incapables de conversion, ils ne peuvent être guéris ? » Pour montrer que ces paroles du prophète s'appliquent justement à la conduite des Juifs envers Jésus-Christ, l'Evangéliste ajoute : « Isaïe dit ces choses lorsque, » dans une vision prophétique, Jéhovah, ou plutôt le Verbe éternel, Médiateur de toute révélation divine aux créatures, « lui apparut dans sa gloire, » dans sa nature divine, « et qu'il parla de lui » ( Voy. Isa. vi, 1; Heb. i, 2; vi, 10). Jésus-Christ est donc, d'après l'Evangéliste, le Jéhovah de l'ancienne alliance. Cet aveuglement volontaire, cette soustraction de grâces était, pour les Juifs, un châtiment terrible, mais qu'ils avaient justement mérité, et qui, tout en rendant leur salut bien difficile, ne le rendait pas absolument impossible et, en quelque sorte, désespéré.

et abscondit se ab eis. — 37. Cùm autem tanta signa fecisset coram ois, non credebant in eum; — 38. Ut sermp Isaïœ propheaet impleretur, quem dixit : Domine, quis credidit auditui nostro, et brachium Domini cui revelatum est? — 39. Proptereà non poterant credere : quia iterùm dixit Inaias : — 40. Excœcavit oculos corum, et induravil cor eorum, ut non videant oculis, et non intelligant corde, et convertantur, et sanem cos. — 41. Ilrcc dixit Isaïas, quandô vid.it gloriam ejus, et locutus est de eo.

Tous, cependant, ne partageaient pas ce coupable endurcissement. « Plusieurs, dans le Sanhédrin même, » suivant l'exemple de Nicodèmc, « crurent en lui; mais i de peur des Pharisiens, ils ne confessaient pas » leur foi publiquement, « de crainte d'être jetés hors de la Synagogue, » d'encourir l'excommunication que les Princes des prêtres avaient décrétée contre ceux qui se déclareraient pour Jésus-Christ; « car, » faibles encore dans leur foi, « ils préféraient la faveur des hommes à celle de Dieu. »

A cette occasion, l'Evangéliste rapporte quelquesunes des exhortations que Jésus ne cessait de leur adresser. « Celui, » disait-il, « qui croit en moi, ne croit 'pas seulement en moi, mais en celui qui m'a envoyé, » et qui confirme ma mission par les miracles qu'il m'a donné le pouvoir d'opérer; « et celui qui me voit, voit, » par là même, « mon Père, qui m'a envoyé, car mon Père et moi ne sommes qu'un; » nous avons la même nature, la même divinité. « Je suis la lumière » véritable, « venue en ce monde » pour l'éclairer, lui faire connaître la voie du salut, « afin que celui qui croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres, » ne marche pas au hasard, n'ignore pas le terme où il doit tendre, et où il doit trouver son salut. Mais, à la foi, il faut joindre la pratique; « et si quelqu'un entend ma parole et ne la garde point, je ne le juge pas, quant à moi, car je ne suis pas venu pour juger le monde, mais pour le sauver, » non dans des vues de colère, mais clans des vues d'amour et de miséricorde. Toutefois, « celui qui me méprise et ne croit pas à ma parole » n'échappera pas au jugement qu'il mérite, « il a son juge » qui l'attend, et

42. Verumtamen et ex principibus multi credidorunt in eum; sed proptor Pharisseos non confitebantur, ut è synagogâ non ejicerentur.

— 43. Dilexerunt enim gloriam hominum magis quam gloriam Dëi.

— 44. Jésus autem clamavit et dixit : Qui crédit in me, non crédit in me, sed in eum qui misit me. — 15. Et qui videt me, videt eum qui misit me. — 46. Ego lux in munduin veui, ut omnis qui crédit in me in tenebris non maneat. — 47. Et si quis audierit verba mea, et non custodierit, ego non judico eum : non enim veni ut judicem mundum, sed ut salvificem mundum. — 48. Qui spernit me, et non accipit verba mea, habet qui judicet eum :

ce juge, c'est « la parole » même « que je vous ai annoncée, et qui le jugera au dernier jour, parce que je n 'ai point parlé de moi-même, » par ma propre volonté, « mais le Père qui m'a envoyé m'a lui-même commandé de 'parler et prescrit ce que je devais faire, et je sais que son commandement » conduit « à la me éternelle. Ce que je dis, donc, je le dis comme mon Père me Va dit, » et c'est lui-môme qui vous parle par ma bouche.

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