LXII
JÉSUS CONFOND L'HYPOCRISIE DES PHARISIENS ET DES FAUX DOCTEURS DE LA SYNAGOGUE. — LEURS FAUSSES TRA- DITIONS REJETÉES.
(Galilée, après la fête de Pâques.)
M*, xv. 1-20; Mr. vu. 1-23. — Evangile de la te férié après le 3° dimanche de Carême.)
« Après y> ce qui précède, « Jésus continua a par? courir la Galilée, car » remarque saint Jean, « il ne voulait point parcourir la Judée, parce que les Juifs cherchaient à le faire moterir. »
Les Pharisiens, n'ayant nu tendre de pièges à Jésus « dans Jérusalem (a), » puisqu'il n'y avait point paru
J. vu. 1. Post ha?c autem ambulabat Jésus in Galilrearu : non enim volebat in Juda?am ambulare, quia queerebant eum Judaei interficere.
(«) Cette ville était le siège principal de la morgue et de l'hypocrisie pharisajqui s, Si les hypocrites étaient divisés on dix paris, dit te rabbi Scala, les neuf dixièmes se trouveraient à Jérusalem, et l'autre serait disséminé? dans le reste du monde.
dans les fêtes de Pâques , envoyèrent près de lui des docteurs de leur secte, pour le suivre dans ses pérégrinations et trouver quelques prétextes pour l'accuser et le discréditer auprès du peuple. Ceux-ci épiaient donc ses moindres actions et celles de ses disciples. « Ils ■vire lit quelques-uns de ces dentiers manger sans se 'purifier les mains, et leur en firent un crime; car les Pharisiens et généralement les Juifs ne mangeaient point sans se purifier » plusieurs fois « leurs mains, et lorsqu'ils revenaient de la place publique, ils ne se mettaient à table qu'après une ablution générale. Ils pratiquaient encore beaucoup d'autres observances traditionnelles » des auteurs de leur secte, telles que « la purification des coures, des vases d'airain ou de terre, et celle des lits du festin. »
La loi donnée par Dieu à Moïse prescrivait un grand nombre de pratiques extérieures, au fond pleines de sagesse, eu égard aux temps, et les vrais fils d'Israël les observaient avec zèle et ponctualité; Jésus luimême, durant sa vie mortelle, en donna l'exemple. Mais, aux ordonnances divines, les Pharisiens avaient ajouté un grand nombre de traditions purement humaines qu'ils faisaient faussement remonter jusqu'à Moïse, et auxquelles ils attachaient une autorité égale, pour ne pas dire supérieure à l'autorité de la loi divine elle-même (b). Ces traditions ont été recueillies, vers le deuxième siècle de l'ère chrétienne, dans d'énormes collections ou compilations désignées sous le nom de Mischaa, ou de Thalniud. « Si la loi est un sel, disent
Mt XV. Tune accesserunt ad eum ab Jerosolymis Scribae et Phariseei, — Mr VII. 2. et cùm vidissent quosdam ex discipulis ejus communibus manibus, id est, non lotis, manducare panes, vituperaverunt. — 3. Pharisaei enim, et omnes Judaei, nisi crebrô laverint manus, non mandatant, tenentes traditionem seniorum; — 4. Et à foro nisi baptizentur, non comedunt : et alia multa sunt, quae tradita sunt illis servare, baptisraata calicum, et urceorum, et œr'amentorum, et lectorum.
(b) Hierus. Barac, fol. 3-2. « Amabiliasunt verba scribarum prœ verbis legis; nom verba legis gravia sunt et levia, et verba scribarum sunt omnia gravia. » — « Gramora sunt verba rcpecêuTspwv quùm verba prophetarum. »