DU CIEL SUR LES SAMARITAINS
(L. ix. 54-6-2; J. vu. 4-9.)
A. LES PARENTS DE JESUS VEULENT LUI PERSUADER D ALLER EN JUDEE. IL S'Y REND EN SECRET (J. VII. 4-9.)
« Jésus continuait à parcourir la Galilée, ne voulant point aller en Judée, parce qu'il savait que les Juifs cherchaient à le faire mourir; » non pas qu'il craignît la mort, mais il ne voulait pas prévenir le moment arrêté par le Père céleste pour son sacrifice. Cependant « la fête des Tabernacles approchait. » C'était une des trois fêtes nationales des Juifs, ainsi appelée parce qu'on dressait des tentes ou cabanes de feuillages, en souvenir du campement des Israélites dans le désert de Sinaï. Elle commençait le lo du mois de Tischri, 7e mois du calendrier juif, correspondant au 12 octobre de l'an 29, et durait huit jours, dont le premier et le dernier étaient les plus solennels et attiraient chaque année à Jérusalem une grande affluence de peuple.
« Les frères de Jésus, » ses proches parents, ses cousins, selon la chair (Voy. T. I, page 408) croyaient, comme l'universalité des Juifs de leur temps, que le Messie devait ériger un royaume purement temporel, et ils attendaient avec une extrême impatience une érection qui devait combler leurs espérances ambitieuses.
J. VII. 1. Post haec autem ambulabat Jcsu inGalilaeam : non enim volebat in Judeeam ambulare, quia quserebant mm Judaei interficere. — 2. Erat autem in proximo aies festus Judaeorum, Scenopegia. — 3. Dixerunt autem ad eum fratres ejus :
Dehaut. L'Evane.— T. III. 13
Ils voyaient donc avec peine Jésns-Christ se confiner obstinément dans la Galilée, an lien de se rendre à Jérusalem, au centre de la nation juive, seul lieu où, dans leur opinion, il y avait chance pour lui de se faire reconnaître et proclamer comme le Messie Libérateur et le Roi des Juifs ; et considérant qu'après avoir laissé passer la fête de Pâques sans se rendre à Jérusalem, rapproche de la fête des Tabernacles ne paraissait pas le déterminer davantage à entreprendre ce voyage, ils l'excitèrent à quitter enfin la Galilée et à se rendre sur un théâtre plus éclatant et plus propice à leurs vues ambitieuses : « Quitte: ce 'pays-ci, lui dirent-Us; » quittez cette province obscure et méprisée où vous ne pourrez jamais vous faire un nom; « allez en Judée, » transportez-vous à Jérusalem, au centre de la théocratie judaïque, « afin que vos disciples, » ceux de vos adhérents qui se trouvent en Judée, « voient à leur tour les œuvres » merveilleuses « que vous faites. » Vous ne prenez pas le bon moyen de parvenir au but auquel vous aspirez, qui est de vous faire reconnaître pour le Messie : « Celui qui désire se faire connaître n'opère pas dans le secret, » dans quelque coin ignoré et inconnu, « les œuvres » qui doivent le signaler à l'attention publique. « Puisque vous faites des œuvres » si admirables (les parents de Jésus-Christ ne niaient point les miracles dont ils étaient eux-mêmes les témoins journaliers; mais tout en reconnaissant en Jésus-Christ une mission divine et prophétique, ils doutaient que ces miracles prouvassent réellement qu'il était le Messie), opérez-les dans la ville sainte, aux yeux de tous les Juifs qui s'y rendent des quatre parties de l'univers; « manifestezvous au monde, » afin que nous sachions du .moins une bonne fois à quoi nous en tenir. L'évangéliste, pour expliquer ce discours, remarque que ses parents « ne croyaient pas en lui. » Accoutumés à ne juger des choses que par les sens, ils avaient peine à reconnaître dans ce Jésus si humble, si dénué de toute prétention, si
Transi hinc, et vade in Judaeam, ut et discipuli tui videant opéra tua quee facis. — 4. Nemo quippè in occulto quid facit, et quesril ipse in palàm esse : si lucc facis, manifesta te ipsuiii raundo.