J. VII. 1-9. — <§ LXXIII. 8° VOYAGE LE J.-C. A JERUSALEM
pauvre et si détaché de tout, qu'ils avaient vu croître et grandir au milieu d'eux dans une humble boutique d'artisan, qui se confinait si mal à propos dans une province obscure et méprisée...,, ce Messie libérateur, dont ils se faisaient des idées si brillantes, qui devait délivrer les Juifs d'un joug détesté, étendre leur domination sur tout l'univers et élever la nation juive à un degré de prospérité inouïe : sa conduite leur paraissait en opposition complète avec de si hautes espérances : encore moins pouvaient-ils se résoudre à reconnaître en lui le Fils de Dieu. D'un autre coté, les œuvres merveilleuses de Jésus-Christ les frappaient d'étonnemcnt, et ils ne savaient plus que penser. Ils n'auraient pas été fâchés, au fond, de voir Jésus reconnu et proclamé par la nation comme le Roi messianique : leurs désirs ambitieux s'en seraient parfaitement accommodés, pourvu, toutefois, qu'ils n'eussent à courir aucun danger; mais ils auraient voulu que la chose se décidât promptement d'une manière ou d'une autre.
« Jésus leur répondit » avec calme et dignité : je sais ce que je dois faire, et je le fais au temps convenable, tel qu'il a été fixé par mon père, dont j'accomplis en toutes choses la volonté; or, « le temps » où je dois aller à Jérusalem « n'est pas encore venu. » Je connais les complots de mort ourdis par les Juifs contre moi. Si je me joins publiquement, ostensiblement, à la caravane des pèlerins, je leur fournirai l'occasion qu'ils guettent de se saisir de moi...; or, le moment de mon sacrifice n'est pas encore venu, et je ne veux pas l'anticiper. « Quant à tous, votre temps est toujours prêt; » vous pouvez vous rendre à la fête quand bon vous semblera, et de la manière qu'il vous plaira; vous n'avez rien à craindre. « Le monde » avec qui vous n'avez rien à démêler, dont vous ne combattez pas la corruption et les vices, dont vous partagez les sentiments, « ne saurait vous haïr; mais, il me hait, moi. yarceçueje rends
5. Neque enim fratres ejus credebant in eum. — C. Dicit ergo ois Jésus : Tempus meum npndùm advenit; tempus autçm vestrum est paratum. — 7. Non potest mundus odissj vos : me autein odit; quia ogo
de lui ce témoignage que ses œuvres sont mauvaises, » parce que je l'éclairé d'une manière importune, et que je démasque son hypocrisie. « Allez donc, vous autres, à cette fête; » vous n'avez aucun motif qui puisse vous en empêcher, aucun péril ne vous menace; « quant à moi, » pour le moment « je n'y vais pas, parce que le temps » fixé par mon Père n'est pas encore arrivé.
— « Ayant ainsi parlé, il demeura » quelques jours encore « en Galilée:» mais, « lorsque ses frères furent partis, il alla aussi lui-même à la fête, non puMiquement, » et d une manière ostensible, « mais comme en secret, » évitant les routes les plus fréquentées, et sans le cortège ordinaire du peuple qui s'attachait à ses pas.