L. X. 1-1G. — ,§ LXXIV. MISSION DES 72 DISCIPLES
parce qu'elles ont reçu moins de grâces. Chacun sera jugé selon la mesure des grâces qu'il aura reçues, et de l'usage ou de l'abus qu'il en aura fait.
Jésus-Christ montre ensuite l'orgueilleuse Capharnaum, si fière de son opulence et de son commerce, humiliée, abaissée jusqu'aux enfers; ce qui s'est vérifié, d'abord, par la ruine de cette ville (c), dont il ne reste plus aucun vestige, non plus que des autres villes Corozaïn et Bethsaïde, et ce qui se vérifiera surtout lors du jugement dernier, par la punition rigoureuse que -la jus lice divine réserve à ses coupables habitants : « Et loi, Capharnaum, » maintenant « élevés jusc/u'au ciel » par les richesses, ta prospérité, ton orgueil, « tu seras plongée jusqu'au fond des enfers, » tu seras détruite et renversée de fond en comble et la justice divine s'appesantira sur toi dans ce monde-ci et clans l'autre {Voy. Matth., xi, 21-23). — Et ce châtiment, ajoute-til, en s'adressant à ses disciples, tous ceux qui auront élé sourds à cette voix l'auront justement mérité; car, en vous méprisant, c'est moi-môme qu'ils ont méprisé : « Qui vgus écoute m'écoute, et qui vous méprise me mé-
48, Et tu, Capharnaum, usquè ad cœlum oxallata, usquè ad infernam domorgeris. — 16. Qui vos audit, me audit, et qui vos spernit,
(c) Capharnaum, où Jésus- habita pendant trois ans, n'existe plus; deux palmiers seulement qui croissent au milieu des ruines, et l'emplacement du port, sont tout ce qui reste de cette ville, qu'il appelait sa seconde patrie. Corozaïn et Bethsaïde ont entièrement disparu, et on ne sait même plus de quel côté du lac elles riaient situées. Ce n'est qu'au péril de sa vie que l'on peut trouver, à travers des sentiers déserts, les ruines de Gadara et de Gérasa, qui ont chassé le Si n ni- de leur enceinte. Naïm n'est plus qu'un monceau de ruines, et Ton ne voit plus de Cana que quelques pierres avec de pauvres cabanes. Sarcpla n'a plus un si'ul pied de vigne. La délicieuse contrée de Génézareth est habitée aujourd'hui par les Arabes du désert, qui vi ont à demi-nus sous des tentes. Le palmier, ce signe de la victoire, a disparu de ce pays, que Dieu a livré comme une proie à tous les peuples de la terre; et il ne reste plus qu'un seul palmier de la forêt célèbre qui s'élevait près de Jéricho. Une tour construite par les Sarrasins ou les croisés et quelques huttes arabes indiquent d'une manière douteuse l'endroit où était silure celle ville, fameuse par son amphithéâtre et ses palais. On n'aperçoit plus çà et là que des cyprès qui ombragent les tombeaux d'un peuple étranger. Les ronces et les épines ont remplacé l'arbuste qui fournissait le baume... Et celte contrée, qui était autrefois un Eden délicieux où le Fils de Dieu, comme dans le premier paradis, conversait familièrement avec les enfants des hommes, est devenu un désert qui porte visiblement les :vaees de la malédiction divine. (Scpp.)
prise, mais qui me méprise, méprise » mon Père céleste a qui m'a envoyé. »
Les soixante-douze disciples obéirent à Tordre de leur Maître et se répandirent dans les différents bourgs et villages de la Judée, pour préparer les peuples à la venue de Jésus-Christ. Pendant ce temps, Jésus poursuivait son voyage et se rendait à Jérusalem pour la fête des Tabernacles.
L. X. v. 1. « Après cela, le Seigneur désigne encore soixantedouze disciples. » — C'est Dieu qui envoie ses ministres, et, sans la vocation divine, on ne peut espérer aucun fruit dans le ministère. — « Et il les envoya deux à deux. » — « Meliùs duos esse simul, quàmunum : liaient enim emolumentum societatis mutuœ. Si wms ceciderit, ab altéra fulcietur. Vœ soli. » (S. Greg.) — . « MoMclius soins incedens est dœmon solitarius. » (S. Thom.) — « Omnia voMs mala solitudo persuadet. Prodest, sidè dubio, custodem sïbi imposuisse, et secicm luibere quem respicias, quem intéresse cogilationibus tuis judices. Magna pars peccatorum tollitur, si peccaturis testis assistât. » (Seneca).
v. 2. « Prie: donc lemaitre dn champ qu'il envoie des ouvriers en sa moisson. » — Les hommes apostoliques, les dignes ouvriers dans le champ du Seigneur ne croissent pas tout seuls et ne tombent pas des arbres en les secouant. C'est Dieu qui les donne, qui les forme, qui les envoie : c'est à lui qu'il faut les demander instamment.
v. 3. « Aile: •• voilà que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. » — C'est la faiblesse qui doit triompher de la violence et de la barbarie. — Les prédicateurs de l'Evangile doivent être des agneaux par leur humilité, leur innocence, leur patience et leur douceur : c'est à ce caractère qu'on les reconnaît comme de véritables apôtres : c'est à ce prix qu'ils convertissent les pécheurs et changent les loups en brebis. — Quand les loups eurent tué les brebis, dit saint Augustin, ils devinrent euxmêmes des brebis.
v. 4. « Ne porte: ni bourse ni chaussures. » — L'homme apostolique ne doit avoir d'autre provision, d'autre patrimoine que la Providence divine, d'autre famille que les âmes qu'il s'efforce de gagner à Dieu, d'autre domicile que le lieu où l'envoient ses supérieurs. — Occupons-nous des intérêts de Dieu, et Dieu s'occupera des nôtres.
me spernit. Qui auteni me spernit, spernit eum qui misit me.