‹ L'évangile expliqué, défendu, méditéChapitre 127 sur 419 · JÉSUS A LA FÊTE DES TABERNACLES · texte numérisé non relu

JÉSUS A LA FÊTE DES TABERNACLES

(Jérusalem, 15 octobre an 29, quatrième jour de la fête. — Sabbat.) (J. vu, 41-36.)

« Or, Je jour de la fête, les Juifs, » les Pharisiens qui avaient conjuré la mort de Jésus-Christ et lui avaient dressé des embûches, dans la prévision de son arrivée à la tête d'une nombreuse caravane, et qui, sous prétexte d'empêcher le soulèvement du peuple, avaient résolu de s'emparer de sa personne, « Je cherchaient » partout « Je premier jour de la fête, et on les entendait se dire » publiquement, les uns aux autres : « Ou est-il? Et il courait à son sujet une forte rumeur dans la multitude; » il était l'objet de la préoccupation publique, et partout on parlait de lui. Les sentiments étaient fort partagés. « Les uns » se déclaraient pour lui, et « disaient : C'est un homme de lien; » il ne répand partout sur ses pas que des bienfaits, et c'est évidemment un homme de Dieu, sinon un prophète. « Les autres, » au contraire, l'accusaient et s'élevaient contre lui. « Non, » s'écriaient-ils, ce n'est pas un homme de Dieu, ce n'est pas un prophète, ni le Messie que nous attendons, c'est un séducteur du peuple, c'est un imposteur qui trompe et « séduit la foule. Nul toutefois n'osait se prononcer ouvertement pour lui, » ni dire librement ce qu'il en pensait, « par crainte des principaux d'entre les Juifs » qui avaient conjuré sa perte.

Tout à coup, « vers Je milieu, » ou le quatrième j< air « de la fête, on vif Jésus monter au temple, et il y enseignait publiquement ; » expliquant les livres sacrés. Ses 'ennemis, pris au dépourvu, n'osaient mettre la main sur

J. VII. 41. Judaei ergb qurerebant eu m in die festo, et dieobant : Ubi est ille? — \%. Et murraur multum eral in turbâ de oo. Quidam enirn dicebant: Quia bonus est. Alii autepû dicebaut : Non. sed seducit turbas. — 13. Namo tamen palàm loquebatur da illo, propter nietum Juda?orum. — 11. Jàm autem die festo mediante. asçendit Jésus in templum, et docebat.

lui, mais ce ils s'étonnaient » de son éloquence surhumaine et de sa science profonde, qui était pour eux un mystère inexplicable. « Comment, s'écriaient-ils, celuici peut-il savoir les Ecritures, » et expliquer le sens des Livres saints avec tant de" clarté et cle profondeur, « lui qui ne les a point apprises, » et que nous n'avons jamais vu fréquenter les écoles publiques ?

« Jésus leur répondit : » Vous vous étonnez de ce que je vous enseigne, moi, qui n'ai jamais fréquenté les écoles de vos Docteurs; votre étonuement cessera, lorsque vous connaîtrez où j'ai puisé la doctrine que je vous enseigne. « Ma doctrine n'est pas de moi, » elle n'est pas le fruit cle mes études ni de mes méditations solitaires ; son origine est plus haute; car elle vient du ciel, elle vient de Dieu lui-même, « qui m'a envoyé. » — « Si quelqu'un de vous veut » sincèrement « faire la volonté » de Dieu, dont j'ai reçu ma mission, « il connaîtra » bientôt « si ma doctrine est de lui, ou si je parle de mon chef. » C'est la corruption du cœur qui éloigne de vous la vérité, mais elle se révèle à celui qui la cherche avec simplicité et droiture. Il trouvera tant de lumière et d'équité dans la doctrine que je lui annonce, elle lui fera goûter, au fond de l'âme, tant de joie et de douceur, qu'il ne pourra plus douter qu'elle ne vienne de Dieu.

La seconde marque de la divinité de la doctrine que je vous annonce, c'est le désintéressement de celui qui vous la prêche. « Celui qui parle de son chef, » celui dont la doctrine est le produit de ses propres pensées, de ses méditations et de ses études, comme les Docteurs de vos écoles, celui-là « cherche sa propre gloire, » il aime à se faire une haute réputation de science et de doctrine, il recherche les applaudissements et les éloges; <( mais celui qui, » comme moi, s' oubliant entièrement lui-même, « cherche » uniquement « la gloire de

1.'}. Et mirabantur Judaei, dicentes : Quomodô hic litteras scit, cùm non didicerit? — 16. Respondit ois Jésus, et dixit : Mea doctrina non est mea, sed ejus qui misit me. — 17. Si quis voluerit voluntatem ejus facere, cognoscet de doctrina, utrumex Deo sit, an ego à meipso loquar. — 18. Qui à semetipso loquitur, gloriam propriam qugerit; qui autem quaerit gloriam ejus

J. VII. 11-36 — g LXXV. FÊTE DES TABERNACLE*. 1G5

Dieu qui Va envoyé, » se dévoue tout entier et sans réserve à la gloire de son Père céleste et au salut des hommes, » celui-là est vrai, » enseigne la vérité, « et il n'y a point en lui d'injustice, » il n'y a aucun prétexte de le traduire comme un imposteur, qui donne pour des vérités divines les inventions de son propre esprit.

Non, poursuit-il, Y injustice, l'imposture, l'hypocrisie, si elles se trouvent quelque part, ce n'est pas en moi, mais bien en vous, vous qui m'accusez de violer la loi en guérissant un malade le jour du sabbat, et qui la violez vous-mêmes bien plus gravement, vous qui en ce moment même où je vous parle (car je pénètre le fond de vos cœurs, et rien ne peut se dérober à mes regards), nourrissez contre moi des pensées de meurtre. « Moïse ne vous a-t-ilpas donné la loi ? et cette loi, nul d'entre vous ne V accomplit. » Vous savez qu'il y a un commandement qui dit à l'homme : « Tu ne tueras pas. Poio'quoi » donc, en dépit de ce commandement « cherchez-vous à me tuer? »

« Des voix pharisiennes, sorties de la foule, crièrent : « Le démon te possède, » et te trouble la cervelle : « qui cherche à te tuer? » Est-ce par hypocrisie, ou par ignorance des complots pharisa'ïques qu'elles parlent ainsi? — Nous penchons pour la première hypothèse. « Jésus, » sans daigner répondre à cette insolente interprétation, poursuivit son discours : « J'ai fait un miracle » dans mon dernier voyage à Jérusalem, j'ai guéri, le jour du sabbat, le paralytique de la piscine de Béthesda, « et vous vous étonnez tous, » vous vous scandalisez, comme si j'avais commis un crime impardonnable. ; mais cette loi du sabbat, dont vous me reprochez la violation, vous la violez vous-mêmes tout les premiers. « Moïse vous a donné la circoncision; » (ou plutôt, ici, je m'exprime inexactement, « elle ne ment pas de Moïse, » elle existait avant lui. « c'est des Pa-

qui misit eum, hic verax est, et injustitia in illo non est. — 10. Nonne Bifoyses dédit vobis Iegem? et nemo ex vobis facit legem. — 20. Quid mequseritisinterficere? Respondit turba, et dixit: Daeinonium habes; quiste quœrit interficere? — 21. Respondit Jésus, et dixit eis : Unum opus feci, et omnes miramini. — 22. Proptereà Moy-es dédit vobis circumeisionem (non quia ex Moyse est, sed ex patribus) .

1G6 l'évangile expliqué, défendu, médité.

triavches, » c'est d'Abraham « qu'elle tire son origine»), et vous ne vous faites aucun scrupule « de circoncire, le jour du sabbat, » lorsque le sabbat coïncide avec le huitième jour de la naissance de l'enfant. « Or, si un homme est soumis à la circoncision, » si vous ne craignez pas de vous livrer au travail manuel qu'exige cette cérémonie « le jour même du sabbat, afin que la loi de Moïse, » qui prescrit la circoncision pour le huitième jourdc la naissance, « ne soit pas violée, comment pâmez* vous vous indigner contre moi, parce que j'ai rendu à la santé le jour du sabbat » un pauvre paralytique ? Rendre la santé à un malade, n'est-ce pas aussi une œuvre sainte? et peut-elle profaner le jour consacré au culte de Dieu? « Ne jugez donc 'point sur V apparence, » selon vos aveugles préjugés, « mais jugez avec un jugement droit, » selon la justice et la vérité.

Cependant, « quelques habitants de Jérusalem, » qui n'ignoraient pas les complots homicides du Sanhédrin contre le Sauveur. « disaient : N'est-ce pas là celui qu'ils cherchent pour le faire mourir? Et voilà qu'il parle publiquement, » à la face de tous et sans rien craindre, « et ils ne lui disent rien, » ils le laissent instruire le peuple. « Les princes des prêtres auraient-ïls donc, » eux aussi, à leur tour, « reconnu qu'il est véritablement le Christ ? » — Et « pourtant » cela ne peut pas être, car, « celui-ci, nous savons d'où il est, » nous connaissons le lieu de sa naissance, son origine, les parents qui lui ont donné le jour; « mais quand Tiendra le Christ, personne ne saura d'où il est. » — Le prophète Isaïc, faisant allusion à la génération éternelle du Messie dans le sein de son Père, avait dit : « Qui racontera sa, génération? » et le prophète Michée avait dit également : « Son origine est de i "s les siècles, des jours de l'éternité. » Le peuple igno-

c\ in sabbato circumeiditis hominem, — 23. Si eircumcisionem aoeipit honio in sabbato, ut non solvatur 1\ Moysi, milii indignamini quia totum hrmiiuem sanuna feci in sabbato? — H. Nolite judicàre secundùm faciem, sedjustum judicium judicate. — 85. Dicebani ergè quidam ex Jerosolymis : Nonne hic est quei» quserunt interfic are ? — 26. Et eece palàm ! iquitur, et nihil ei dicunt. Numquid verè cognoverunt principes quia liic est Christus? — 'il. 3ed bunescimus undè sit; Christus aulem oùm veoerit, negio scit undè sit.

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