‹ L'évangile expliqué, défendu, méditéChapitre 128 sur 419 · J. VII. 11-36. — § LXXV. FÊTE DES TABERNACLES J · texte numérisé non relu

J. VII. 11-36. — § LXXV. FÊTE DES TABERNACLES J

rant, appliquant ces paroles à contre-sens,, s'imaginait que le Messie venant dans le monde, paraîtrait tout à coup aux yeux des hommes comme s'il était tombé des nues, et sans qu'on pût connaître ni son père, ni sa mère, ni ses parents.

« Jésus alors, élevant la voix, s'écriait : Vous me •naissez, » dites-vous, «et voies savez d'où je suis ; » y&as connaissez ma patrie, mes parents, ma famille, je le veux bien ; vous connaissez mon or i g i, te c>mmc homme ; mais il est pour moi une origine plus haute que vous ne connaissez pas. « Je ne suis pas venu de mot-même, » je parais au milieu devons en vertu d'une mission divin:1, « mais celui qui m* a envoyé est » le Dieu vivant et « véritable ; » lui « ne trompe pas » comme les hommes, « et tous, vous le méconnaissez, » vous le niez par vos œuvres, vous refusez d'écouter sa voix, qui parle par ma bouche; « mais moi, je le connais , parce que je suis né de lui, » je suis le fils unique et consubstantiel du Père céleste, « et c'est lui qui m'a envoyé, » et qui a confirmé extérieurement cette mission divine par les miracles qu'il m'a donné, comme lu un me, le pouvoir d'opérer au milieu de vous. « Jls cherchaient donc à se saisit- de lui; » mais, comme si une force secrète et invincible les eût arrêtés, « personne ne iu.it là main sur lui. parce que son heure n'était pas encore venue. »

1 ,es paroles du Sauveur faisaient sur ceux qui les entendaient, une impression profonde. « Beaucoup d'entre le peuple crurent en lui, et ils disaient: Le Cliri. il viendra, fera-i-il plus de prodiges que celui-ci n'en fait? » — « Les Pharisiens entendaient m r ces

paroles au milieu de la fonde, » cl elles mirent le co à leur irritation. Ils craignirent que Jésus ne finît par se faire un parti puissant parmi le peuple, « et ils en-

?8. Clamabai ergb Jésus in templo, docens, <it dicens: El me scitis, et undè sira scitis; et à meipso non v< ni, sed est verus, qui mi il m i quem vosnescitis. — 29. Ego scîo eum ; quia an ipso sum, et i; fiîisit. — 30. Quaerebant ergb eum apprehendere, et nemo misit in illum mahus, quia nondùm veneral hora ejus. — .'51. IV turbâ autem mùlti crediderunt in eum, et dicebanl : Christus dm» venerit, numqu'ul plura signa Paciel quàm quœ hic i'acit? — 32. Audicrunt Pharisœi turbam murmurantem de illo haec :

voyèrent des hommes armés, » chargés de garder le temple sous leurs ordres, « pour se saisir de lui. »

Pendant ce temps, Jésus continuait à instruire le peuple. « Je suis encore crée tous pour un peu de temps, » leur disait-il, car je sais que je dois bientôt mourir; « puis, je quitterai ta terre pour retourner vers celui qui m'a envoyé. » Après ma mort, lorsque j'aurai disparu à vos yeux, et que le châtiment terrible que tous avez mérité fondra sur vous, vous sentirez alors le besoin d'un Sauveur, mais vous ne le trouverez pas : vous courrez en vain après de faux Messies qui ne feront que mettre le comble à votre malheur. « Vous me chercherez, et cous ne me trouverez point: ou je serai, vous ne pourrez venir. » Vous soupirerez après la venue d'un Messie imaginaire, qui vous sera toujours refusé, parce que vous avez repoussé le véritable ; vous ne pourrez monter au ciel pour m'y trouver. — N'est-ce pas, en effet, ce que nous voyons encore de nos yeux? Les Juifs, qui ont repoussé et crucifié Jésus-Christ, n'attendent-ils pas tous les jours un Messie qui ne viendra jamais?

« Les Juifs, » pour qui ces paroles étaient un mystère, « se dirent alors les uns aux autres: Où donc ira-t-il, pour que nous oie le puissions point trouver? » Veut-il aller « vers les Gentils, qui sont dispersés par toute la terre, et prêcher sa doctrine aux nations » idolâtres? « Que signifie cette parole » mystérieuse : « vous me chercherez, et vous ne me trouverez po int, et où je serai, vous ne pourrez venir? »

ENSEIGNEMENTS PRATIQUES

J. VII. v. 11. « Or, le jour de la fête, les Juifs le cherchaient et disaient : Où est-il? » — Les Juifs cherchaient Jésus-Christ pour le faire mourir. C'est dans ces belles dispositions qu'ils cé-

et miserunt principes et Pharisœi ministros, ut appréhendèrent eum. — 33. Dixit ergo eis Jésus : Adhùc modicutu tempus vobisciun sum : et vacio ad eum qui me misit. — 34. Quœretis me, et non invenietis; et ubi ego sum, vos non potestis venire. — 35. Dixerunt ergo Juda?i ad semetipsos : Que hic iturus est, quia non inveniemus eum? numquid in dispersioncm gentium iturus est, et doclurus gentes? — 36. Quis est hic sermo quem dixit : Quaeretis me, et non invenietis; et ubi sum ego, vos non potestis venire?

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lébraient la fête des tabernacles. Combien encore, de nos jours, de prétendus chrétiens qui aiment et recherchent les fêtes, non pour écouter la parole de Dieu et trouver Jésus-Christ, mais pour l'offenser, le crucifier dans leur cœur par leurs débauches, leurs danses, leurs plaisirs criminels.

v. 12. « Or, il courait à son sujet une rumeur dans tout le peuple, car les uns disaient : C'est un homme de lien; et les autres disaient : Non, c'est un séducteur qui égare le peuple. » — Apprenons à mépriser les vains jugements des hommes, incapables de connaître et d'apprécier la vraie grandeur. Qu'il nous suffise de plaire à Dieu, et d'avoir l'approbation de notre conscience. Soyons heureux de souffrir pour Jésus-Christ. — Qui a jamais fait plus de bruit, qui a plus remué les esprits que Jésus-Christ? Personne ne peut demeurer indifférent à son égard. La haine de ses ennemis est une preuve de la puissance qu'il exerce sur eux. — « Les uns disaient : Cest un homme de bien. » — Tel est le premier et nécessaire aveu de quiconque ne ferme pas volontairement les yeux à la lumière, ou ne veut pas mantir à sa propre conscience. Ceux mêmes qui ne veulent voir en Jésus-Christ qu'un homme sont les premiers à proclamer la sainteté de sa vie, la pureté de sa morale : mais cet aveu peut les mener beaucoup plus loin qu'ils ne pensent. — « D'autres disaient: Non, c'est un séducteur qui égare le peuple. » — Telle est l'alternative inévitable qui s'offre à quiconque veut réfléchir. Si Jésus-Christ n'est pas Dieu, c'est un menteur, un séducteur du peuple, un impie sacrilège, qui ose se faire l'égal de Dieu. — Qui oserait le soutenir? Quelle conscience ne se soulèverait pas contre une pareille hypothèse ? — Il n'est aucun objet sur lequel les hommes du monde s'expriment avec plus de légèreté, de témérité, d'outrecuidance, que sur la religion; il n'en est pas qu'ils connaissent moins, qu'ils aient moins étudié; plus ils sont ignorants, plus ils tranchent et décident avec assurance.

v. 13. « Cependant personne n'osait parler de lui ouvertement par crainte des Juifs. » — Ceux mêmes qui reconnaissaient la sainteté et la mission divine de Jésus-Christ n'osaient prendre ouvertement sa défense. Combien encore de nos jours, par un lâche et honteux respect humain, rougissent de Jésus-Christ, et n'osent se déclarer ses disciples ! Ayons horreur de cette lâcheté indigne.

v. 15. « Vers le quatrième jour de la fête, Jésus monta au temple, et il enseignait le peuple. Et les Juifs s'étonnaient, disant : Comment cet homme sait-il les Ecritures, lui qui n'a 'point étudié'? » — Jésus n'était pas un savant ni un philosophe. Il n'avait pas pâli sur les livres, ni fréquenté les écoles. — Et pourtant, que les savants et les philosophes les plus renommés Dehaut. L'Evan.".— T. III lo

sont petits auprès de cet ignorant, de cet illettré! A quelle hauteur incommensurable il s'élève au-dessus d'eux tous ! C'est que sa doctrine venait du ciel, et non de la terre.

v. 16. « Jésus leur répondit ; Ma doctrine n'est pas de moi, mais de celui qui m'a envoyé. » — Jésus n'a pas emprunté sa doctrine à la science humaine; ses ennemis eux-mêmes en font l'aveu. Il ne la doit pas non plus à ses méditations solitaires ; luimême l'assure, et nous n'avons nulle raison do douter de son affirmation. Il n'est pas d'usage à ceux qui découvrent des vérités nouvelles de répudier la gloire de leurs découvertes. Reste donc une conclusion véritable, c'est que la doctrine de Jésus- Christ vient de Dieu.

v. 17. « Si quelqu'un veut accomplir la volonté de Dieu, il reconnaîtra si mon enseignement vient de Dieu, ou s'il émane de moi-même. » — Seconde preuve, ou preuve expérimentale de la divinité de la doctrine de Jésus-Christ. Elle se fait naturellement sentir à un cœur droit, simple et pur. — Soyez juste, soyez chaste, soyez humble, que votre vie soit telle que vous n'ayez nul intérêt de passion à ne pas croire, et vous croirez bientôt. Quel philosophe a jamais soumis sa doctrine à une semblable épreuve ? — Cette parole de Jésus-Christ confond tous les incrédules. Qu'ils descendent en eux-mêmes et s'interrogent avec sincérité, ils reconnaîtront la source honteuse de leur incrédulité, et ils avoueront que c'est à la corruption du cœur qu'ils la doivent.

v. 18. « Celui qui parle de soi-même cherche sa propre gloire : mais celui qui cherche uniquement la gloire de celui qui Va envoyé, celui-là parle au nom de la vérité, et il n'y a pomt en lui d'injustice. » — Une troisième preuve de la divinité de la doctrine de Jésus-Christ, c'est la sainteté sublime de celui qui l'enseigne, son humilité profonde, son détachement entier de luimême et de toute gloire humaine. — Une sainteté comme celle de Jésus-Christ et de tant d'hommes apostoliques animés de son esprit, ne peut venir que du ciel, et est incompatible avec le mensonge. — Nous, qui sommes chargés du ministère des âmes, efioreons-nous de nous conduire de telle sorte que notre sainteté soit aussi, aux yeux de nos paroissiens, une preuve évidente et sensible de la vérité de la doctrine que nous enseignons.

v. 19. « Moïse ne vous a-t-il pas donné la loi? Et pourtant nul ne l'accomplit. » — Avant d'accuser les autres d'être les violateurs de la loi, il faudrait commencer par l'observer soimême. Le prédicateur qui ne pratique pas le premier la loi qu'il enseigne perd toute autorité.

v. 20. « Pourquoi cherchez-vous à me tuer? » — Pourquoi cette haine implacable, acharnée, du monde contre Jésus-Christ

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et contre la religion qu'il a établie? Qu'a-t-il donc fait de mal?

— Que serait devenu le monde sans lui? — '■ Demandez pourquoi Caïn haïssait Abel. — C'est que la lumière de la vérité importune ceux qui recherchent les ténèbres, c'est que la \ etu offusque, ennuie le vice et lui est insupportable. — « La foule lui répondit • Vous êtes possédé du démon,] qui cherche à tous faire mowrirl» — Les. impies n'avouent jamais leur baiae déclarée contre la religion, et la volonté secrète qu'ils ont de la détruire. A les entendre, ils n'ont pour elle, dans leurs critiques, que des pensées bienveillantes, ils n'attaquent que les abus, ils sont ses meilleurs amis. S'ils veulent, par exemple, ôter au Pape son pouvoir temporel, gardez-vous de croire que ce soit à mauvaise intention, c'est uniquement pour que, dégagé de tout souci des choses de la terre, il puisse se dévouer tout entier à Sun auguste ministère. — O hypocrites invétérés, quand donc déposerez-vous votre masque?

v. 23. « Si vous pouvez circoncire un homme sans violer le repos sabbatique, pourquoi vous indigner de ce que j'ai complètement guéri un homme le jour du sabbat? » Les bonnes œuvres sanctifient le jour du repos, loin de le profaner ( Voy. Mr. n, 27).

— La haine envieuse trouve toujours à blâmer, même dans les actions les plus admirables et les plus saintes.

v. 24. « Nejvgez point sur V apparence, mais d'après la réelle équité. » — Rien de plus commun dans le monde que de juger sur l'apparence : c'est la pratique ordinaire des mondains. — Celui qui juge témérairement son prochain usurpe les droits de Dieu, qui seul pénètre le secret du cœur.

v. 25. « Quelques-uns de Jérusalem disaient : N'est-ce pas là celui qu'ils cherchent pour le faire mourir? » Les docteurs de la loi, qui devaient conduire les autres Juifs vers Jésus-Christ, sont les premiers à les en détourner, à étouffer, à persécuter la vérité, à conjurer la mort de celui qui veut les sauver. — Malheur aux prédicateurs de l'Evangile qui seraient pour leurs ouailles un objet de scandale.

v. 27. « Cependant, celui-ci, nous savons d'oie il est; mais, qtwmd paraîtra le Christ, nul ne saura d'où il vient.» — D'autres, parmi le peuple, ne pouvaient croire que Jésus fût le Messie, parce qu'ils connaissaient parents et sa famille, et que, d'après leur interprétation erronée des Ecritures, l'origine du Messie devait être inconnue. — Celui qui ne cherche pas la vérité de bonne foi trouve toujours quelque prétexte pour colorer son incrédulité. — Un demi-savoir est souvent plus nuisible et nous éloigne plus de la vérité qu'une complète ignorance, l'ne science superficielle éloigne de la religion, une science plus complète y ramène; « Lèves gustus in philosophui movere pus-

sunt ad atheismum, sed pleniores liaustus ad religionem rédigeant. » (Bacon.)

v. 28. «Alors Jésus, élevant la voix au milieu, du temple, s'écria : Vous me connaissez et savez d'où je suis; cependant, je ne suis pas tenu de moi-même; celui-là est véridique, qui m'a envoyé. » — 29. « Moi, je le connais, parce que je suis de lui, et que c'est lui qui m'a envoyé. » — Ces paroles de Jésus-Christ nous apprennent : 1) que Dieu est la vie éternelle, spirituelle, substantielle, qu'il ne peut ni se tromper ni nous tromper ; 2) que Jésus-Christ est le Fils unique et consubstantiel, éternellement engendré du Père : « Je le connais, farce que je suis de lui; » 3) qu'il est réellement envoyé de Dieu pour instruire et sauver les hommes. C'est le Père céleste qui l'envoie et qui confirme sa mission par des œuvres qui ne peuvent venir que de lui. La religion qu'il enseigne est donc divine et véritable.

v. 30. « Alors ils cherchèrent à s'emparer de Jésus, mais nul ne porta la main sur lui, parce que son heure n'était pas encore venue. » — Les ennemis de Jésus-Christ cherchaient à s'emparer de sa personne, mais une force invincible, une sorte de frayeur religieuse semblait paralyser leurs bras. Leur haine furieuse et impuissante se trouvait désarmée devant le calme, la douceur, la sagesse, la majesté de Jésus. — Les Juifs ne pouvaient rien contre Jésus-Christ qu'autant qu'il le voulait. Les ennemis de l'Eglise ne peuvent non plus rien contre elle qu'autant que Dieu le permet, et ils ne sont que les instruments de la Providence. Dieu les arrête quand il lui plaît; et quand il permet leur triomphe éphémère, il a ses desseins secrets, et il sait eucore tirer le bien du mal. — Les hommes ne peuvent rien contre celui que Dieu protège.

v. 31. « Cependant, parmi la foule, beaucoup crurent en lui, et disaient : Quand le Christ viendra, fer a-t-il plus de miracles que celui-ci? » — Les cœurs droits, simples et humbles sont plus pré^ île la vérité que les savants orgueilleux enflés de leur vaine science.

v. 33. « Jésus leur dit : Je suis encore avec vous pour un peu, de temps, puis je m en vais à celui qui nia envoyé. » — Jésus voit et prédit d'avance tout ce qui doit lui arriver. — Je suis, leur dit-il, «avec vous encore un peu de temps, » la moitié d'une année tout au plus. C'était, pour les Juifs, une époque fatale qui devait décider de leur sort, un temps bien précieux de bénédictions et de grâces les plus abondantes. — Les temps de bénédiction et de grâces, d'ordinaire, ne durent pas longtemps. C'est une pluie bienfaisante, mais passagère, qui nous quitte bientôt pour aller verser ses trésors sur d'autres contrées : hâtons-nous d'en profiter, avant qu'elle nous quitte. — Nous

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